Economie

Le rêve brisé des employés des CRI

Par | Edition N°:2759 Le 18/04/2008 | Partager

. Où sont passés le statut et les outils de motivation? . Le «système D» tient lieu de gestion des ressources humaines«Le personnel des Centres régionaux d’investissements (CRI) doit être doté d’un statut particulier et motivant», prescrivait la lettre Royale au Premier ministre, Abderrahmane Youssoufi à l’annonce de la création des CRI en 2002. Six ans plus tard, les employés de ces centres ont le blues. Ni les outils de motivation, ni le statut particulier ne sont au rendez-vous. Pour fonctionner, ces structures s’appuient sur le dépannage des administrations qui leur détachent du personnel. Ce qui n’est pas sans poser des difficultés dans le pilotage des ressources humaines. Car comment instituer une politique de gestion des carrières ou activer le levier de rémunération si l’on n’en maîtrise pas le pilotage? Le statut des CRI ne prévoit pas de budget pour le recrutement et, donc, ils ne choisissent pas leurs salariés. «Ils ne fonctionnent que grâce à la “cueillette” auprès d’autres départements ministériels», ironise le directeur d’un CRI, sous couvert d’anonymat par peur de représailles. «Nous sommes souvent confrontés à des problèmes de motivation et de stabilité, nous n’avons aucune autorité sur nos fonctionnaires, ils peuvent rejoindre leur service d’origine à tout moment et sans prévenir», ajoute ce responsable. Du coup, c’est le système D qui tient lieu de gestion des ressources humaines. Pour attirer quelques profils pointus, il faut passer par des contorsions et des acrobaties, complète un autre directeur général de CRI qui souligne que «la débrouille a des limites». Et après, il faut affronter un nouveau problème créé par la coexistence des statuts du personnel. La poignée de cadres recrutés en contrat de droit privé, et mieux payés sans doute, cohabite avec des fonctionnaires détachés des administrations locales. Ce différentiel de rémunération empoisonne le climat, un problème devant lequel le management est totalement désarmé, faute d’outils de motivation. «Les premiers gagneraient presque le double des salaires des agents détachés des services publics, même en ayant les mêmes responsabilités», ajoute un cadre du ministère de l’Intérieur. Au CRI de Doukkala-Abda, ce problème aurait entraîné une douzaine de départs parmi le personnel. Fouad Ouzzine, directeur du CRI de Fès tempère: «Le tableau n’est pas aussi sombre qu’on le décrit.» «Nous avons aussi mis en place un système de primes annuelles (ndlr: jusqu’à 200% du salaire) pour motiver les troupes, notamment le personnel qui relève du statut de la Fonction publique», poursuit-il. Tous les centres n’ont pas cette possibilité. Le CRI de Fès compte quinze salariés dont trois contractuels, six détachés de la Wilaya, un du service des Impôts et un autre dépendant du tribunal de commerce.


Cahier des charges partiellement rempli

Les Centres régionaux d’investissements (CRI) ont pour principales missions la simplification des procédures, la proximité et l’unicité de l’interlocuteur, ainsi que le développement et la promotion de l’investissement dans les régions. Ceci à travers l’aide à la création des entreprises, l’assistance aux projets d’investissements, le maintien et le développement des investissements existants et l’amélioration de l’attractivité de la région. La plupart de ces centres sont restés des bureaucraties en se plaçant dans une logique d’attentisme et de «production d’attestations». Le deuxième volet de leur cahier des charges n’a pas été entamé. Il serait peut-être temps de procéder à l’évaluation de l’action des CRI afin d’apporter des ajustements nécessaires. En commençant donc par celui des ressources humaines. Aziz EL YAAKOUBI

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