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L'économiste, le premier quotidien économique au Maroc

jeudi 27 novembre 2014,
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«Le rapprochement entre la BCM et la BMCI n'est pas d'actualité aujourd'hui» Entretien avec Michel Pébereau, PDG de BNP Paribas

   
. La banque à distance constitue un axe de développement stratégique pour la BMCI. Une troisième version de BMCI Net se prépare. Le groupe se dit prêt à examiner toute opportunité de renforcement au Maroc- Vous venez d'inaugurer le premier trade center au Maroc, cet investissement se justifie-t-il?- Les trade centers BNP Paribas constituent un réseau mondial interconnecté de 80 trade centers dans le monde qui présentent une organisation et une identité visuelle identiques sur les cinq continents. C'est un concept nouveau et unique qui s'intègre dans une démarche commerciale personnalisée et spécialisée dans le commerce international: les trade centers offrent, par l'intermédiaire d'un expert dédié, un service sur-mesure et personnalisé et une qualité de service certifiée ISO 9002 pour les opérations documentaires.Aujourd'hui, une vingtaine de trade centers sont opérationnels dans différents endroits dans le monde, dont Paris, Lyon, Singapour, Hong Kong, San Fransisco, Montréal, Dubai, Bruxelles, Milan, et tout récemment Casablanca.En effet, la BMCI, filiale de BNP Paribas, est une banque résolument tournée vers les activités internationales qui dispose déjà d'une part de marché de plus de 13% au niveau des crédits documentaires. La stratégie offensive de la BMCI en matière de commerce international a d'abord consisté à obtenir la certification ISO 9002 des activités de crédit et de remises documentaires: la BMCI est la première banque en Afrique et la première filiale de BNP Paribas à avoir obtenu ce label de qualité. C'est dans le cadre de cette stratégie que s'inscrit aujourd'hui l'ouverture du trade center BNP Paribas de Casablanca. Cette initiative se justifie d'autant plus qu'elle correspond réellement aux attentes de nos clients, tant exportateurs qu'importateurs, qui sont de plus en plus exigeants en matière de spécialisation et de conseil. Le Trade Center de Casablanca est le plus important d'Afrique en ter-mes de volumes et d'opérations traitées en raison de la place de l'économie marocaine et du rôle important qu'y joue la BMCI.- Il y a un peu moins d'un an, vous indiquiez que le groupe avait un trésor de guerre à investir à l'international, qu'en avez- vous fait et pourquoi ces choix ?- Je ne suis pas un adepte du mécano permanent. Nous construisons actuellement BNP Paribas. C'est une grande tâche pour l'ensemble des équipes qui s'y sont attelées et cela demande beaucoup d'efforts à l'ensemble de nos collaborateurs. Il faut savoir espacer dans le temps les grandes opérations comme celle que nous venons de conduire. Pour l'instant, nous sommes dans une période de développement de nos équipes et de nos métiers. Bien entendu, nous envisageons des acquisitions pour renforcer les différents pôles de la banque. Lorsqu'une opportunité se présente à nous, nous l'étudions pour évaluer de quelle façon elle pourrait harmonieusement s'intégrer au sein du groupe et améliorer le service que nous offrons à nos clients à travers le monde. En 2000, la banque de détail dans les pays étrangers et l'outre-mer a poursuivi sa politique d'expansion dans des régions du monde à fort potentiel de croissance: aux Etats-Unis, Banc
West a racheté une trentaine d'agences au Nouveau Mexique et au Nevada; dans la région Méditerranée-Afrique, le groupe a pris le contrôle à 100% du capital de la BNPI et de la SFOM. Dans le domaine des services financiers spécialisés, nous avons acquis une société de location de longue durée et de leasing de filiales automobiles au Royaume-Uni (PHH Europe) qui a donné naissance à PHH Arval, le leader européen dans ce domaine. Au début de cette année, Cetelem, numéro un européen dans les activités de crédit à la consommation, a pris pied sur le marché allemand au travers d'un joint- venture avec Dresdner Bank pour créer Cetelem Bank Gmb
H dont il contrôle 70% du capital.- La BMCI bénéficie de synergies avec le groupe BNP Paribas. Quels sont les moyens mis à sa disposition?- Pour les différents métiers commerciaux et financiers dans lesquels elle est engagée, la BMCI bénéficie du savoir-faire et de l'expertise des équipes spécialisées du groupe. Celles-ci interviennent selon deux méthodes: soit en partenariat avec elle, par exemple par des offres communes pour les privatisations marocaines avec BNP Paribas Corporate Finance, ou par des analyses que BMCI Bourse réalise en étroite collaboration avec BNP Paribas Equities; soit en lui apportant leur concours à travers des formations, des logiciels, des missions de contrôle ou un soutien logistique, par exemple pour l'ouverture du trade center BNP Paribas de Casablanca. Dans le domaine de la banque de détail, la BMCI bénéficie du soutien des équipes marketing de BNP Paribas aussi bien au niveau de l'offre produits que de la segmentation de la clientèle. Quant aux activités de support, la synergie BMCI-BNP Paribas concerne essentiellement les systèmes informatiques. Ainsi, la BMCI est en cours d'installation du système informatique du Groupe Atlas II, ce qui lui permettra d'être aux standards informatiques de BNP Paribas.- BNP Paribas et sa filiale marocaine, la BMCI, sont-elles de ceux qui pensent qu'il y a trop de banques au Maroc, qu'il faudrait donc en fédérer certaines, spécialement autour d'une politique de mondialisation?- Il est certain que le secteur bancaire marocain connaîtra, à l'instar de ce qui s'est passé dans d'autres pays, une concentration et je confirme la volonté de développement de BNP Paribas au Maroc, à travers sa filiale, la BMCI. - Etes-vous partant pour participer à ce mouvement et quels établissements seraient les plus intéressants pour vous?- Nous sommes prêts à examiner toute opportunité de renforcement de notre position au Maroc.- L'ONA est présente dans l'actionnariat à travers Axa. Des rapprochements sont-ils envisagés entre BMCI et BCM, à l'instar de ce qui s'est réalisé dans le secteur des assurances?- Le rapprochement entre la BCM et la BMCI n'est pas d'actualité aujourd'hui.- Le groupe ainsi que la BMCI ont beaucoup investi sur les métiers de l'e-finance. Vous étiez personnellement assez prudent face à la folie des valorisations et des changements à attendre dans ces activités. Quels sont vos sen-timents et stratégie au-jourd'hui?- J'ai toujours considéré qu'Internet est une révolution, tout particulièrement pour le secteur financier. Le Web transforme profondément les modes de distribution et de production, ainsi que la donne en matière de concurrence. BNP Paribas est aujourd'hui leader de l'e-finance en France, par le nombre de clients, mais aussi par le niveau de ses investissements, et nous avons prévu d'investir 700 millions d'euros de 2000 à fin 2002. Dans chacun des métiers de BNP Paribas, nous intégrons le phénomène du Net. Dans la banque de détail et les services financiers spécialisés, nous avons déjà plusieurs grandes marques: BNP Net, Banque Directe qui est aujourd'hui la première banque française totalement virtuelle; et dans le domaine du courtage en ligne, e-Cortal est premier en France.En revanche, je n'ai pas souhaité introduire en bourse ces filiales à un moment où les valorisations étaient particulièrement élevées. De toute façon, le groupe a les moyens nécessaires pour assurer leur développement.- La plupart des banques investissent énormément en matière de banque d'affaires, tandis que la BMCI continue à privilégier la banque commerciale. Pourquoi les activités d'engeneering ne figurent-elles pas dans votre stratégie?- La stratégie de la BMCI consiste à poursuivre parallèlement le développement de ses activités de banque commerciale et de promouvoir ses activités financières. La BMCI est en effet un acteur majeur des métiers financiers: Intervenant en Valeurs du Trésor, elle figure parmi les trois premiers opérateurs en taux et change, elle est numéro un en conversion de dettes, numéro trois en intermédiation boursière et en gestion d'actifs. De plus, elle a développé une banque d'affaires très présente dans les grandes opérations qu'il s'agisse par exemple de conseil ou de restructurations financières.Le Pôle Banque d'Affaires est constitué d'équipes spécialisées et bénéficie de l'appui de BNP Paribas. Il propose des services classiques avec une expertise affirmée: origination actions et obligations, conseil, financement de projets et conversion de dettes, capital-investissement…BMCI Finance a plusieurs références dans ces différents métiers : constitution du tour de table de CGE pour la concession de distribution d'eau et d'électricité des villes de Tanger et Tétouan (Groupe Vivendi), conversion de dettes (Renault, Auchan, Vivendi), conseiller financier et arrangeur de l'acquisition de la compagnie d'assurances Sanad par Atlanta, conseiller pour la constitution du tour de table de CG-SAT (groupe Vivendi) pour la concession de la 2ème licence GSM… Les activités d'ingenierie financière de la BMCI ont vocation à se développer pour accompagner la croissance de l'économie marocaine et l'adaptation du tissu économique marocain dans le cadre de la mondialisation.- La BMCI emploie plusieurs expatriés, cela ne pèse-t-il pas trop lourd sur les charges d'exploitation de la banque?- Dans le cadre des synergies entre BNP Paribas et la BMCI, celle-ci bénéficie d'un appui en ressources humaines pour certains métiers pour lesquels elle ne dispose pas encore assez des compétences nécessaires (salle des marchés, commerce international…). Les personnes détachées par BNP Paribas restent en très faible nombre. Elles ont pour mission à la fois d'exercer leur fonction et de former de jeunes cadres marocains qui prendront le relais. Aujourd'hui, la mobilité internationale ne se fait pas uniquement dans le sens de BNP Paribas vers ses implantations internationales, mais également dans le sens inverse. Le groupe a mis en place une politique de mobilité pour les cadres à fort potentiel de ses filiales à l'étranger. A titre d'exemple, je citerai deux cas: l'ex-responsable des marchés des capitaux à la BMCI qui travaille aujourd'hui à l'Inspection Générale de BNP Paribas et l'ex-DRRH de la BMCI qui assume actuellement la fonction de secrétaire général de la Banque du Caire et de Paris en Egypte. En ce qui concerne les charges d'exploitation de la banque, je constate avec satisfaction, et non sans admiration, que le coefficient d'exploitation de la BMCI se situe à 50,6% à fin décembre 2000, ce qui la place au niveau des meilleurs de la profession bancaire au Maroc.
La banque à distance

La BMCI donne l'impression d'innover à chaque fois. Elle a été la première à lancer la banque on line, le WAP… mais ce sont des investissements qu'elle ne capitalise pas toujours. Interrogé à ce sujet, M. Michel Pébereau a affirmé: «La BMCI fait partie des filiales exemplaires de notre groupe dans ce domaine. Elle a été pionnière dans la banque à distance en offrant la première un site financier transactionnel et un site WAP«. La banque à distance constitue un axe de développement stratégique pour la BMCI, qui se veut, à l'instar de BNP Paribas, une banque multicanal afin d'offrir à ses clients des services à forte valeur ajoutée en utilisant au mieux les nouvelles technologies de l'information. «Le client de la BMCI a le choix entre plusieurs canaux de distribution selon ses besoins, le réseau d'agences pour un conseil personnalisé, BMCI NET pour s'informer et effectuer des transactions simples sans avoir à se déplacer et enfin BMCI WAP pour s'informer n'importe où et à n'importe quel moment sur la banque et sur son compte à partir de son téléphone mobile WAP«, a déclaré M. Pébereau.Et de continuer: «Aujourd'hui, BMCI NET est entièrement transactionnel et offre des services en ligne très innovants adaptés aux besoins des clients avec un espace dédié aux particuliers et un espace dédié aux entreprises«. Il a compté plus de 1,5 million de pages visitées et plus de 65.000 accès à la partie privée (destinée aux abonnés) sur les 6 derniers mois. BMCI WAP, qui offre pour l'instant des services de consultation et de simulation et qui sera enrichi très prochainement, a connu près de 20.000 accès depuis six mois avec une moyenne quotidienne de 71. «C'est pour vous dire que ces services connaissent un engouement de plus en plus important des clients BMCI et du public en général.La BMCI est actuellement en train d'élaborer la version 3 de BMCI NET et a l'ambition d'offrir à sa clientèle de particuliers et d'entreprises des services à forte valeur ajoutée, toujours plus innovants«, déclare M. Pébereau.Propos recueillis par Hanaâ FOULANI