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Politique Internationale

Le patron de l’UPM jette l’éponge

Par | Edition N°:3454 Le 27/01/2011 | Partager
Revers successifs pour Paris dans le monde arabe
Paralysie de l’organisation sur plusieurs dossiers

LE secrétaire général de l’Union pour la Méditerranée (UPM) le Jordanien Ahmad Massa’deh, a claqué hier mercredi la porte, sur fond de revers successifs pour Paris dans le monde arabe. L’UPM est quasiment paralysée depuis sa création en 2008 à l’initiative du président français Nicolas Sarkozy.
Selon un diplomate de l’UPM, la démission du Jordanien, nommé il y a tout juste un an, «illustre sa lassitude à l’égard de la paralysie de l’organisation, impuissante à dépasser les blocages nés notamment du conflit israélo-palestinien».
Depuis sa création, l’Union n’a cessé d’être tributaire de cette question. Ses activités ont été gelées pendant et après l’offensive israélienne sur Gaza fin 2008-début 2009 et il avait fallu un an et demi pour la doter à Barcelone d’un secrétaire général assisté de six adjoints, dont un Palestinien et un Israélien.
Pour 2011, «il n’y a ni sommet ni réunions de ministres des Affaires étrangères» prévus, déplore un diplomate, en évoquant aussi des problèmes d’effectifs et de budget pour le secrétariat général. A l’UPM, «tout est conceptuel, rien ne se passe dans la pratique», ajoute-t-il.
L’UPM regroupe 43 pays: les 27 de l’Union européenne, la Turquie, Israël et les pays arabes riverains de la Méditerranée. En créant cet espace de coopération, Nicolas Sarkozy ambitionnait de donner à l’Europe un poids suffisant pour influer enfin sur le processus de paix au Proche-Orient.
En 2010, le conflit israélo-palestinien a provoqué à deux reprises le report d’un sommet de chefs d’Etats et de gouvernements de l’UPM, d’abord prévu en juin puis en novembre. Aucune nouvelle date n’est avancée.
Nicolas Sarkozy avait alors assuré que «la France ne renoncera pas au projet d’Union pour la Méditerranée», soulignant qu’il s’agissait d’un «élément majeur de sa politique étrangère».
Selon les analystes, la démission du diplomate jordanien et ses motivations sont un nouveau coup dur pour la France dans le monde arabe. La révolution tunisienne a mis en évidence, rappelons-le, des erreurs de jugement du gouvernement français, qui a mis du temps à prendre la mesure du soulèvement populaire et longtemps soutenu l’ex-président Zine El Abidine Ben Ali.
La stratégie de Paris est aussi mise en difficulté au Liban. Sa politique de la main tendue vis-à-vis de la Syrie n’a pas permis d’éviter l’émergence du Hezbollah chiite et pro-iranien comme force centrale de la scène politique libanaise.

Synthèse L’Economiste

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