Politique

Le parti travailliste dévoile son programme

Par L'Economiste | Edition N°:2550 Le 18/06/2007 | Partager

. Un business plan très orienté PME-PMI. Le parti propose «un ministère de la classe moyenne»«Le Maroc de l’audace!» C’est le slogan retenu par le parti travailliste (PT) pour son programme électoral. Positionné «centre-gauche», le «labour party» marocain annonce son 1er programme électoral et participe pour la 1re fois aux législatives. La formation de Benatiq a été créée, rappelons-le, il y a un peu plus d’un an. Le Bureau politique en coordination avec les différentes structures et antennes du parti ont travaillé en forums un an durant pour élaborer le programme. La mouture finale sera donc fin prête et validée le 23 juin.Samedi dernier, le parti a tenu un forum à Rabat et a décliné les grands axes de sa feuille de route en présence de cadres, d’opérateurs économiques et membres dirigeants du parti. Les premières synthèses, secteur par secteur, ont donc été rendues publiques. «Nous sommes l’un des rares partis qui ont leur prolongement dans le patronat», précise d’emblée Benatiq, SG du parti. L’architecte de ce business plan n’est autre que Hammad Kassal, ancien président de la Fédération des PME-PMI à la CGEM et vice-président actuel au patronat. La feuille de route économique des travaillistes est intitulée: «Pour une économie socialement responsable». De l’avis de Hammad Kassal, chargé du programme, «un nouveau modèle économique est possible pour le Maroc». Il consiste en une rupture totale avec les politiques macro-économiques menées jusque-là. Pour preuve, selon lui, «un taux de croissance soutenue de 8% sur les cinq années à venir est possible». Reste à savoir comment… Dans l’ensemble, le modèle des travaillistes annonce une série de mesures audacieuses orientées PME-PMI et classe moyenne, relance du pouvoir d’achat, emploi, croissance, développement et décollage économique des régions, fiscalité progressive, TVA… Le parti propose même la création d’un ministère de… la classe moyenne. L’ensemble de mesures véhicule un référentiel basé sur la «social-démocratie», souligne Kassal. En même temps, il précise, «notre programme n’est ni populiste ni utopiste. Il est simplement réaliste et réalisable». ■ Région: La feuille de route du PT part du schéma de la pyramide inversée. Un schéma où l’économie de la région est au cœur du développement. «Chaque région doit avoir sa feuille de route, sa stratégie et ses spécificités économiques». Trois leviers appelés «acteurs» ont été identifiés pour porter cette vision. «Un triangle d’or», dit-on, qui représente le fondement du développement régional et local: l’Université (le Savoir), la gouvernance locale et l’entreprise. «Nous comptons réhabiliter la classe moyenne en relançant son pouvoir d’achat», annoncent les concepteurs de la feuille de route économique. A leurs yeux, «ces dernières années, les nouveaux pauvres viennent principalement de la classe moyenne». Ce sont essentiellement des instituteurs, des militaires, des fonctionnaires… dont le pouvoir d’achat est laminé en permanence par des dépenses liées au logement, à la santé et à l’éducation. ■ Emploi: En misant sur l’entreprise et la région, le parti mise aussi sur la lutte contre le chômage et le désenclavement de l’arrière-pays. Le marché de l’emploi et la lutte contre le chômage occupent une place de choix dans le programme des travaillistes. Le parti appelle à une évolution du concept «marché du travail» vers celui de «marché de compétences» par région et par âge avec des formations à la carte. ■ Un programme PME-PMI: Les travaillistes considèrent que le financement reste un problème de fond. «Aujourd’hui, les banques ne jouent pas le jeu. Elles sont dans un cadre de transfert du risque sur les autres. La grande majorité n’est pas capable de gérer le risque des TPE et PME», soutient Kassal. Le PT appelle à la création d’une banque dédiée aux PME-PMI: une sorte de Small business administration «bis» à l’instar des Etats-Unis et récemment la Tunisie. ■ Plan Emergence & ALE: Le plan Emergence a un certain nombre d’avantages, mais il est resté lié aux nouvelles technologies et aux services, sans effets d’entraînement sur d’autres régions. Le PT propose d’intégrer d’autres pôles de compétitivité à Emergence tels que l’agro-industrie, la pêche, la logistique, les IMME... Le parti appelle aussi à revoir les ALE tous azimuts signés à la hâte. Surtout les accords avec la Tunisie et l’Egypte où le Maroc doit exiger la réciprocité. «Sinon, on aura du mal à vendre sur ces marchés», précise-t-on. ■ Tourisme: La stratégie du tourisme a eu un succès indéniable, reconnaissent les travaillistes. Mais certaines limites sont pointées du doigt, notamment la concentration sur 4 zones. La conséquence de cette concentration a eu ses premiers effets, selon les travaillistes, sur l’immobilier. La bulle immobilière de Marrakech, Tanger… est attribuée en grande partie au tourisme. Le parti propose le ciblage d’autres zones et la diversification du produit et des pays émetteurs.


Fiscalité «progressive»

Aujourd’hui, le système fiscal marocain est assez complexe et instable. Chaque année, il y a une grande attente de la Loi de Finances qui bloque l’investissement… estime le PT. «Nous proposons une stabilité du système fiscal pendant 5 ans. Ce qui donnera assez de visibilité et de stabilité aux investisseurs», suggère Kassal. Le PT propose une imposition «adaptée» pour limiter l’informel et inciter les petites entreprises et autres artisans à s’acquitter de leurs impôts. La fiscalité, telle que pensée par les Travaillistes, s’articule autour de trois tranches: Une 1re tranche de 5 à 10% pour les PME réalisant un bénéfice inférieur à 100.000 DH (5% pour un bénéfice de 10.000 à 50.000 DH et 10% pour 51.000 à 100.000 DH). La deuxième tranche est de 10 à 15%. Elle devra s’appliquer aux PME réalisant 100.000 à 250.000 DH de bénéfices. Quant à la 3e tranche, elle est de 15 à 25% sur le bénéfice et concerne l’ensemble de entreprises. Pour la TVA, le PT est convaincu que la multiplicité des taux (ndlr: 4 taux actuellement) de la taxe sur la valeur ajoutée (TVA) pénalise plus la classe moyenne. Les travaillistes comptent ramener cette taxe à 2 taux uniquement: un taux de base de 7% sur les achats des biens de consommation de masse. Pour le reste des achats, un second taux de 12%. Cette démarche, estiment-ils, est à même de relancer la consommation et le pouvoir d’achat des Marocains. L’enjeu est de faire gagner 3 points au pouvoir d’achat de la classe moyenne. Ils appellent aussi à la suppression des exonérations d’impôts avec un traitement équitable de l’ensemble des régions. Quant à l’IR, le PT propose que la fourchette des salaires autour de 5.000 DH passe à 24 au lieu de 42%.Amin RBOUB

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