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L'économiste, le premier quotidien économique au Maroc

vendredi 24 octobre 2014,
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Le nouveau management du service public

   

· L'ouvrage se base sur une comparaison France-Maroc en matière de service public

· Si dans le premier pays les usagers s'organisent au sein d'associations, au Maroc ce phénomène est encore à ses débuts


Que ce soit dans les secteurs des télécommunications, de l'eau, de l'électricité ou de l'assainissement, le Maroc assiste aujourd'hui à un renouveau de l'analyse des activités et des politiques de l'Etat. La notion de service public telle que définie au départ est remise en cause.
Ce changement s'inscrit dans le cadre de la recherche d'une modernisation de la gestion des organisations publiques dans un contexte de mondialisation croissante. C'est cette réalité qui a impulsé une nouvelle prise de conscience de la nécessité de redéfinir les nouveaux rôles de l'Etat en matière de production et de gestion des services.
Cependant, comment s'est opéré ce changement? Quelles sont les nouvelles formes d'organisation et les modes de gestion? Quelles sont les caractéristiques de l'expérience marocaine comparativement à celle en France? C'est justement pour répondre à ces interrogations que des universitaires marocains et français ont mené une réflexion collective sur la question. Le résultat, un ouvrage de 343 pages intitulé "Le devenir du service public, comparaison France-Maroc"(1).

Jusqu'à une date récente, le champ du service public dans ces deux pays était large et les formes juridiques de son organisation diversifiées. "Aussi le citoyen est-il attaché à la préservation de la nature publique des services qui lui sont offerts". Cependant, malgré cette résistance, le mouvement de privatisation de la propriété pour certains secteurs et de la gestion pour d'autres est fortement engagé. Des services publics centraux et locaux sont ainsi confrontés à l'entrée en jeu de grands réseaux transnationaux, tels que la Lyonnaise des eaux ou France Télécom, dans les domaines de l'assainissement et des télé-
communications. Selon M. Driss Guerraoui, universitaire, les politiques publiques que suggère cette évolution tendent à s'articuler autour de plusieurs préoccupations. Il s'agit notamment d'une reconsidération du statut du plan dans la régulation des activités publiques, la recherche d'un nouveau mode de traitement des stratégies sociales et surtout la recherche d'une meilleure efficacité dans la gestion publique. Ces différentes préoccupations sont observées aussi bien au Maroc qu'en France.
Il reste toutefois que l'expérience française est très en avance. C'est le cas par exemple de l'émergence d'une société civile de plus en plus exigeante et organisée en associations de défense des intérêts. Ce phénomène est encore à ses débuts au Maroc.

Adil BOUKHIMA

(1) L'ouvrage regroupe les travaux de la rencontre franco-marocaine sur "Le devenir du service public", organisée à Rabat les 4 et 5 juin 1998 par les Facultés des Sciences Juridiques, Economiques et Sociales de Rabat-Agdal et de Fès et le Lessor de l'Université de Rennes 2.