fermer
Accueil

L'économiste, le premier quotidien économique au Maroc

jeudi 02 octobre 2014,
En cours de chargement ...
Votre newsletter

Le coût des facteurs dans l'industrie : Les matières premières représentent 50% des charges

   

Sur la base de données recueillies en 1991, le Ministère du Commerce, de l'Industrie et de la Privatisation a réalisé une étude consacrée à l'évaluation du poids de certains facteurs de production dans la formation des coûts. Cette étude révèle une grande disparité quant à la part des facteurs de production rapportée à une dimension sectorielle ou régionale.

D'après l'étude du Ministère de l'Industrie, l'achat de matières premières intervient en moyenne pour 50% dans le total des charges d'exploitation. Les dépenses dues à la main-d'oeuvre, aux impôts et taxes, et à l'énergie représentent respectivement 10, 6 et 4%. Viennent ensuite l'emballage (3%), les produits accessoires (3%), le transport (2%), les frais financiers (1%) et le poste entretien et réparation (1%). Les autres charges, relevant essentiellement des amortissements, représentent une proportion de 18%.

Globalement, le poids relativement modéré des matières premières dans la formation des coûts permet aux entreprises de dégager une importante marge de transformation avec en prime une bonne rentabilité, est-il souligné dans les commentaires. En revanche, il en ressort que le niveau assez élevé des autres charges ampute de manière conséquente le taux de marge (excédent brut d'exploitation/valeur ajoutée) estimé à 13% pour un taux de valeur ajoutée (valeur ajoutée/production) de l'ordre de 31%.

L'impact de la spécialisation

L'observation des données recueillies par secteurs, par branches et par régions révèle une fluctuation de la part des matières premières dans la formation des coûts de production.

C'est dans les IMME que cette part est la plus significative (62%) avec des pointes pour les branches de la fabrication de matériel de transport (67%) et les industries métalliques de base (65%).

Dans le secteur agro-alimentaire, ce poste ne représente que 51% des charges, légèrement au-dessus de la moyenne, alors qu'elles montent à 82, 73 et 70% respectivement pour les minoteries, les huileries et les unités de production d'aliments pour animaux, des branches où le degré de transformation est assez bas.

Pour les industries textiles et du cuir, et la chimie-parachimie, la part des matières premières se situe en dessous de la moyenne avec 48 et 45% respectivement. D'après l'étude, le niveau de ces charges découle de l'importance de la sous-traitance, notamment dans la confection (41%) pour ce qui est du textile-cuir, et de l'abondance des matières premières en ce qui concerne la chimie-parachimie.

Du point de vue régional, l'impact de la spécialisation ou la concentration de certaines branches industrielles expliquent les décalages observés. Les matières premières représentent ainsi 59% des coûts de production dans l'Oriental où sont localisées des industries mécaniques de base (sidérurgie et la fonderie de plomb), 53% dans le centre et le Centre-nord, contre 41% dans le Sud, plus porté vers l'agro-alimentaire. Ces charges se situent aussi en dessous de la moyenne dans les régions Centre-sud (47%) Nord-oriental (42%) et le Tensift (48%).

Du point de vue de la main d'oeuvre, il est à noter que dans les industries textiles et du cuir, forte utilisatrices de travail, les charges de personnel occupent le sommet (18%) relativement au total des coûts de production et comparativement à la moyenne nationale (10%). La branche habillement, caractérisée par l'importance de la sous-traitance plafonne à24%, contre 18% pour le cuir. Prise à part, cette part ne représente que 14% pour le textile.

Dans le secteur de la chimie-parachimie et les industries mécaniques, cette part s'aligne sur la moyenne tandis qu'elle descend à 8% dans l'agro-alimentaire.

La structure des charges établies selon les régions révèle une faible participation de la main-d'oeuvre dans la formation des coûts dans l'Oriental (5%), le Sud (9%) et le Tensift (8%).

Par ailleurs, la part de l'énergie varie selon la nature des industries et leur localisation.

L'approche sectorielle indique qu'elle représente 6% des charges dans les industries chimiques et para-chimiques, soit 2 points au-dessus de la moyenne, et 4% pour l'agro-alimentaire et les industries textiles et du cuir. Cette part descend à 2% dans les IMME. Toutefois, il existe une grande disparité, les branches considérées individuellement. Les cimenteries (25%), les producteurs d'articles en terre cuite (21%), les fabricants d'articles en céramique (18%), les unités de production de pâte à papier (16%), de matériaux de construction (14%) et de papier et carton (11%), constituent par ordre décroissant les plus grands consommateurs d'énergie relativement à leur processus de production.

Du point de vue régional, le poids de l'énergie est plus significatif dans le Centre-sud (9%) avec la cimenterie de Meknès ainsi que dans l'Oriental (8%) du fait de l'extraction des matériaux de construction.

Le poids des impôts

Le poste emballage répond aux mêmes critères d'analyse sectorielle et régionale. De fait, il demeure particulièrement important dans l'agro-alimentaire. Sa contribution dépasse 10% dans certains créneaux, notamment la production de fromage (28%), les conserveries de poissons et le conditionnement de thé et café (21% chacun). Les autres facteurs (entretien, transport, intérêts) présentent une concentration autour de la moyenne aussi bien pour ce qui est des secteurs et branches que du point de vue régional.

En ce qui concerne les impôts, le constat significatif à relever concerne les charges fiscales. Celles-ci représentent en effet 57% des coûts de production dans la branche boissons et tabacs, ramenant corrélativement cette part à 13% dans le secteur agro-alimentaire.

A.D.N.