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L'économiste, le premier quotidien économique au Maroc

mercredi 26 novembre 2014,
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Le coût de l'énergie pénalise l'activité

   

· Les cimentiers demandent la réduction des prix de l'énergie pour améliorer leur compétitivité
· De nouveaux combustibles sont utilisés pour agir sur les coûts


Les cimentiers désirent en finir avec les problèmes qui pénalisent leur activité. La stagnation du marché n'est pas seulement due aux aléas climatiques. D'autres facteurs expliquent ce peu de croissance.
Le premier est le coût de l'énergie. Le ciment est l'une des grandes industries énergivores. L'énergie absorbe près de 60% du coût variable. Selon plusieurs professionnels, le Maroc figure parmi les pays où l'énergie est très chère. Pour atténuer leur dépendance envers les grands combustibles, les cimenteries testent de nouvelles sources d'Energie. La piste des cendres volantes, des pneus déchiquetés et autres combustibles, est déjà explorée.
Les professionnels affirment que la réduction du coût de l'énergie améliorera la compétitivité du secteur. D'autant plus que le marché cimentier devra évoluer vers l'exportation. Le régime de draw-back, instauré en avril dernier, devra permettre aux cimenteries de renforcer leur vocation exportatrice, notamment sur certains pays de l'Afrique de l'Ouest, de l'Amérique latine.
C'est un régime qui permet aux cimenteries exportatrices de récupérer 28,70 DH par tonne exportée de clinker et 22,10 DH par tonne exportée de ciment, en compensation de l'équivalent des droits et taxes relatifs à l'importation en admission temporaire des produits énergétiques.
Le démantèlement tarifaire qui prendra effet début mars, encouragera aussi cette vocation à l'export. Il devra permettre au secteur cimentier de s'organiser et d'améliorer sa compétitivité internationale. Les professionnels assurent que le secteur est prêt à assurer ce challenge, mais le coût de l'énergie reste pénalisant. "Il est illogique de démanteler les droits de douane sur le ciment et maintenir le coût sur ses intrants", s'indigne un professionnel.
Actuellement, le marché du ciment est entièrement couvert par l'offre locale. Les importations sont faibles. Elles concernent certains types de ciment non produits localement comme le ciment blanc. Les importations supportent actuellement des droits de douane relativement élevés de 32,5% de la valeur CIF (Coût Insurance and Fret) en rapport avec la forte taxation des combustibles importés.
Le transport est un autre poids qui pénalise l'activité du ciment. Il absorbe une grande part du chiffre d'affaires des cimenteries. Au-delà d'un trajet de 200 km, le prix du transport du ciment s'avère en effet prohibitif. La grève des transporteurs routiers l'année dernière a fortement affecté les ventes du ciment qui ont enregistré des baisses considérables.
Autre obstacle pour les cimentiers, la faible consommation du ciment local. Au Maroc, la consommation par tête d'habitant s'établit à 260 kg par an, ce qui reste en deçà de celle des pays de la zone méditerranéenne comme la Tunisie (385 kg) ou l'Algérie (363 kg).

Nadia LAMLILI