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L'économiste, le premier quotidien économique au Maroc

mardi 21 octobre 2014,
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L'avenir du secteur dans les mains du privé

   

Dans un marché mondial de 400 milliards de Dollars, le tourisme marocain n'arrive pas à percer. Et la conjoncture internationale n'y est pour rien. Toutes les régions ont augmenté leurs gains. Le Maroc revoit sa stratégie. Place au privé. Exit l'ONMT.


Le Ministère du Tourisme a présenté au gouvernement un projet de loi visant la dissolution de l'Office National Marocain du Tourisme (ONMT). Si ce projet est adopté, l'Office passera au secteur privé. Toutefois, l'Etat gardera une participation à hauteur de 50% dans la nouvelle entité qui sera dénommée La Maison Marocaine du Tourisme. Pour le Ministère de tutelle, il s'agit de faire intervenir le secteur privé dans la promotion du produit touristique. En même temps, le Ministère espère contrecarrer les effets de la lourdeur administrative mais aussi de la mauvaise situation d'un secteur qui a pris du retard par rapport à des pays comme la Tunisie ou l'Egypte.
Si les recettes ont progressé de 16% par rapport à 1995, année jugée mauvaise, la croissance n'a été que de 1,5% par rapport à 1994. Une étude dirigée par le Suisse Urbaplan et citée par l'AFP avait conclu à «un vieillissement des structures touristiques au Maroc et une sous-exploitation de plusieurs créneaux tels le golf, le désert et la montagne». La même étude mentionne également la cherté du transport aérien. Quant à la formation du personnel touristique, elle est, dit l'étude, «gérée essentiellement par des amateurs».

Résultat: les recettes touristiques font figure d'argent de poche devant celles de pays plus prisés. En 1996, le tourisme marocain a gagné 11,5 milliards de Dirhams, soit à peu près 1,2 milliard de Dollars. A comparer avec l'Espagne (28,4 milliards de Dollars), la France (28,2 milliards), l'Italie (27), le Royaume-Uni (20) et le petit Etat de Hong-Kong (11).
Selon les premières estimations de l'Organisation Mondiale du Tourisme, l'année 1996 a été fructueuse pour toutes les régions touristiques du monde. Les résultats publiés par cette Organisation font état de 593 millions d'arrivées, soit 4,6% de plus qu'en 1995. Les recettes, hors transport aérien, se sont situées à 423 milliards de Dollars.

Surtaxation


Néanmoins, «les taxes sur l'industrie touristique peuvent en étouffer la croissance», estime l'OMT dans un rapport sur la fiscalité touchant l'industrie touristique, soulignant que «les gouvernements se sont rendu compte que taxer le tourisme est un moyen facile d'obtenir des recettes supplémentaires sans contrarier les électeurs». Pas moins de 40 taxes et impôts grèvent cette activité et ils ont augmenté ces deux dernières années. Selon une étude de l'OMT à paraître avant la fin de cette année, les droits à payer pour les visas d'entrée et de sortie sont les «pires taxes sur le tourisme».
C'est le Moyen-Orient qui a le plus bénéficié de la croissance de l'activité en 1996. Les 15 millions d'arrivées représentent une progression de 10% par rapport à l'année précédente. Les recettes se sont améliorées de 15%, se situant à 8 milliards de Dollars.

Pour l'Afrique, la croissance a été lente, avec à peine 2% de plus pour les arrivées. Néanmoins, l'augmentation des recettes (19 milliards de Dollars) a été plus substantielle avec 9%. La région suscite, selon l'OMT, «des craintes en matière de sécurité, qui ont tendance à faire éviter l'Afrique du Sud et la plus grande partie de l'Afrique du Nord, excepté le Maroc».
L'Asie de l'Est et du Pacifique a compté 90 millions d'arrivées pour des recettes de 13 milliards de Dollars. La situation est jugée satisfaisante pour l'année écoulée. La croissance a été de 8% pour les arrivées et 13% pour les recettes. Cependant, note le rapport de l'OMT, la croissance rapide que cette région a connue au début de la décennie commence à donner des signes de ralentissement. L'embouteillage du ciel et l'inquiétude que suscite l'impact du tourisme sur l'environnement ont constitué des facteurs de blocage pour le développement de l'activité. En Asie du Sud, les problèmes politiques n'ont pas empêché les arrivées d'atteindre 5 millions, soit 4,3% de plus qu'en 1995, et les recettes de progresser de 8,8% à un peu moins de 4 milliards de Dollars.

Selon le rapport, la bonne croissance au Canada, au Mexique et aux Etats-Unis a eu un impact positif sur le développement du tourisme à destination des Amériques. La région a augmenté ses arrivées de 4,3% à 116 millions et ses recettes de 6,1% à 106 milliards de Dollars. Bien qu'ayant enregistré un taux de croissance inférieur à la moyenne internationale, l'Europe occupe toujours la première place, aussi bien en termes d'entrées qu'en termes de recettes. Ainsi, 348 millions d'entrées (+3,7% par rapport à 1995) ont été recensées sur le vieux continent, pour des recettes de 214 milliards de Dollars, en augmentation de 5,9%).
L'évolution cadre parfaitement avec les prévisions de croissance à l'horizon 2010 effectuées par l'OMT, selon laquelle le tourisme mondial «va continuer à progresser en moyenne de 4% par an jusqu'à la fin de la décennie». En l'an 2000, les différentes régions du monde se répartiront 700 millions d'arrivées et 600 milliards de Dollars de recettes. En l'an 2010, les arrivées atteindront le milliard et les recettes seront de 1.500 milliards de Dollars.

Hakim ARIF.