fermer
Accueil

L'économiste, le premier quotidien économique au Maroc

lundi 22 décembre 2014,
En cours de chargement ...
Votre newsletter

La SASMA change de statut

   

La nouvelle loi sur les sociétés anonymes mais surtout les difficultés financières ont poussé à la transformation de la SASMA en association. La nouvelle entité prendra la relève le 1er octobre et poursuivra les activités engagées depuis 1968.


Elle fêtera ses 30 ans dans quelques jours et vient de changer officiellement de statut. De société anonyme, la SASMA (Société Agricole de Services au Maroc) prendra la forme d'une association, créée selon le Dahir du 16 juillet 1957 sur les syndicats professionnels. Ce dernier texte "permet à la nouvelle entité de disposer de plus de liberté d'entreprendre sur le plan économique que ne le permet le Dahir du 15 novembre 1958 réglementant le droit d'association", explique M. Ahmed Lekchiri, directeur général de la SASMA.

Le 8 juin dernier, l'assemblée constitutive a entériné la création de la nouvelle association appelée Association Interprofessionnelle pour le Développement de l'Agriculture au Maroc. Cette dernière prendra la relève le 1er octobre et poursuivra les activités engagées depuis 1968 par la SASMA. Des orientations et des programmes d'actions sont en cours d'élaboration.

A l'origine du changement, la nouvelle loi sur les sociétés anonymes et ses dispositions draconiennes, mais surtout les difficultés financières que connaît l'entreprise depuis la démonopolisation de l'OCE en 1986. Son budget de fonctionnement, financé par l'interprofession, est passé de 18 millions de DH il y a 14 ans à environ 12 millions aujourd'hui. Avant la démonopolisation, le budget de la SASMA était géré par l'OCE et financé par des taux de prélèvements sur les exportations. Inchangés depuis près de dix ans, ces taux sont de 2 centimes par kilo exporté pour les agrumes, de 3,7 centimes pour la tomate et de 2,37 pour la pomme de terre. En fait, précise M. Lekchiri, "le problème se pose depuis près de 20 ans. Une société anonyme est par essence une entreprise commerciale. Or, la Sasma n'effectue aucun commerce". Sa constitution en société anonyme, ajoute-t-il, a été dictée par la nécessité de rapidité, d'efficacité et de souplesse de gestion imposée par la mission dévolue à cette entité.

Du pou de Californie au goutte-à-goutte


Trente ans après, le bilan de la SASMA est qualifié de positif et "très fourni sur le plan des réalisations". Ainsi, à son actif la vulgarisation de la notion de fertilisation équilibrée (azote-phosphore-potassium), des analyses annuelles des sols et plantes ou encore l'introduction et le développement du goutte-à-goutte. De quelques hectares sur pommiers dans la région d'Oulmès en 1977, cette technique a gagné d'autres productions. Aujourd'hui, la totalité de la tomate sous-abris est conduite en micro-irrigation et 85% d'entre elles en irrigation fertilisante.
En 1974-75, la SASMA a mené des expérimentations dans de nombreuses régions pour l'introduction de l'acide giberellique. Cette substance de croissance ou hormone naturelle existant dans la plupart des produits végétaux régule la fonction d'accrochage des fruits. Cette substance a été par la suite synthétisée par l'industrie. "Aujourd'hui, il est impensable pour un agriculteur de ne pas l'utiliser, surtout pour la clémentine, dont la production s'est développée. A l'export, le volume de ce produit est de 150 à 180.000 tonnes, selon les années", indique M. Lekchiri. De plus, la SASMA a mis au point une méthode de taille spécifique aux clémentines, "méthode n'existant pas de par le monde".
Pour ce qui est de la lutte phytosanitaire, la SASMA a élaboré et testé des stratégies de lutte contre les "ravageurs" (la cératite, le pou de Californie et les acariens), tout en réduisant l'usage des pesticides.
L'un de ses derniers dossiers concerne la tomate sur le marché américain.


Carte de visite


Créée en juillet 1968, avec un capital social de 10.000 DH, la SASMA est une société de services à but non lucratif pour les entreprises d'agrumes et de primeurs. La société emploie actuellement 80 personnes (personnel administratif, ingénieurs et techniciens) réparties entre le siège et les neuf délégations régionales (6 délégations pour les agrumes et 3 pour les primeurs) implantées dans toutes les zones de production. La SASMA dispose en son siège de deux laboratoires. L'un d'agronomie (analyse des sols, des plantes et des engrais) et l'autre de biochimie (caractéristiques des jus, de l'indice de maturité des fruits et résidus de pesticides sur fruits).

Meriem OUDGHIRI