Affaires

La conquête de l'identité

Par L'Economiste | Edition N°:757 Le 28/04/2000 | Partager

· «Ni fleurs, ni couronnes« publié il y a quelques semaines est un beau récit de Souad Bahéchar où ellerevendique la communication, le pouvoir de s'exprimer et de dialoguer L'étrangère n'est plus. Celle qui est venue d'ailleurs, quia racheté les parcelles de terre des villageois et qui en a faitun immense verger. Un verger dont les fruits ne sont pas cueillis et lesarbres sont laissés à leur sort. Maintenant, ces pauvres villageoissont contents, ils vont pouvoir se repartager la terre. Celle qui fut laleur jadis et qu'ils ont vendue pour une grosse somme à Madame Chouhayri.Chose légitime puisque la défunte n'avait pas de famille.Elle avait vécu quinze ans aux côtés de ces Mramda quine la portaient pas vraiment sur le cur. Elle soignait tous les animauxqui n'étaient destinés «ni au bât ni au trait,ni même à la boucherie«. Elle a eu une vie extraordinaire.Elle mourut les yeux ouverts, dans un fort symbole de contemplation. Samort fut immédiatement suivie d'une naissance. «Ni fleurs, ni couronnes« est le titre de ce beau récit de Souad Bahéchar, où elle revendique la communication, lepouvoir de s'exprimer et de dialoguer. Fluide et bien écrit, ce premierroman de Bahéchar est un appel à la conquête de l'identité.L'héroïne est consciente de ses désirs et de ses attentesde la vie. En fait, dans ce livre, il s'agit de deux héroïnes dont les noms se font échos. Chouhayri et Chouhayra. Elles réaliser ont leurs vocations. Elles ont vécu pleinement leur féminité et dépassé les attentes d'une société qui nevoit en la femme qu'une mère ou une épouse. Quand Chouhayrimeurt, elle ne pourrit pas, son corps se transforme en fruit sec et odorant...L'autre, Chouhayra, est née. Casablancaise, l'auteur est archéologue de formation. Elle a préféré s'installer à Tanger où elle a enseigné l'histoirede l'Art. Elle a également été conservateur au Musée National de Tanger où elle a dirigé une galerie d'art pendantplusieurs années. Souad Bahéchar s'est ainsi rendue àl'évidence que l'écriture était son destin. Elle s'estdonnée corps et âme à ce roman après une longue maturation de l'écriture en elle. «Ni fleurs, ni couronnes« est édité aux Editions Le Fennec. Wissal SEGRAOUI

  • SUIVEZ-NOUS:

  • Assabah
  • Atlantic Radio
  • Eco-Medias
  • Ecoprint
  • Esjc