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mardi 25 novembre 2014,
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Jorf Lasfar/Centrale thermique
Le projet d’extension impacte-t-il l’environnement?

   
. Une étude d’impact confirme . Deux nouvelles unités qui produiront 700 MW UN projet grandiose. Quelque 13 milliards de DH d’investissement sur 4 ans, un milliard de DH pour la protection de l’environnement et 1,5 million de DH de suivi annuellement. C’est le projet d’extension de la centrale thermique de Jorf Lasfar. Jlec (Jorf Lasfar Energy Company) compte, en effet, mettre en place de nouvelles unités de production électrique. Ces dernières viendront compléter les quatre unités existantes. Le projet, une fois réalisé, permettra de produire 700 MW, à hauteur de 350 MW chacune. Les nouvelles unités éliront domicile au site de la centrale existante, situé à Jorf Lasfar à proximité du port. Il faut rappeler que les deux premières unités ont commencé à fonctionner en 1994, tandis que les deux autres ont démarré en 2000. Actuellement, la centrale thermique est d’une puissance totale de 1.300 MW et satisfait près de 50% de la demande totale de l’électricité du pays. Pour ce genre de projet, l’étude d’impact sur l’environnement est rendue obligatoire par la loi (12-03) à partir d’une puissance de 300 MW. Un décret d’application de cette loi fixent les modalités de l’enquête publique destinée à informer les populations des impacts éventuels du projet et de recueillir les avis des citoyens. Un second décret établit les modalités et les attributions du fonctionnement du Comité national de l’environnement et des comités régionaux.
Système de mesure des émissions
Au niveau des émissions, les nouvelles tranches de la centrale utiliseront le combustible charbon (900.000 tonnes/an). Les principaux polluants émis sont les oxydes de soufre et d’azote, les particules et les métaux lourds (mercure principalement). Toutefois, «les nouvelles tranches de la centrale comprendront un système de mesure des émissions en continu qui garantira que celles-ci seront toujours en dessous des limites légales», indique l’étude d’impact. Pour le contrôle de la qualité de l’air, une cabine de surveillance de Jlec assure le respect des limites de la qualité de l’air en vigueur. Les rejets constituent l’autre source de polluants peuvant impacter le milieu marin. Ils sont de trois catégories: les graisses et les huiles, les eaux usées et les effluents chimiques. Les courants sont ségrégués en fonction de leur nature et sont traités avant rejet. Et ce, pour que la qualité finale respecte les limites fixées par la Banque mondiale dans la mesure où la législation marocaine dispose uniquement des normes de rejets liquides. En ce qui concerne les déchets, ces derniers sont de divers types: déchets ménagers et assimilés, industriels dangereux, nettoyage de fosses septiques, évacuation de cendres mâchefers et volantes et déchets industriels banals. A chaque type de déchets, un traitement à part. Les déchets ménagers (132 tonnes/an) seront acheminés vers la décharge publique d’El Jadida. Les déchets industriels et dangereux (50 tonnes/an), une partie ira à l’incinération, une autre au recyclage ou au stockage des cendres. Les fosses septiques, quant à elles, elles sont confiées à une société sous-traitante. Les cendres (257.000 tonnes/an) sont évacuées au site de stockage ou vendues aux cimenteries pour usage (près de 95%). Les déchets industriels banals vont également au recyclage. La pollution sonore est par ailleurs une source non négligeable de nuisances. «Les nouvelles tranches disposeront de nombreux équipements qui, durant la phase d’exploitation, produiront des niveaux importants de bruit», indique l’étude d’impact. Des mesures d’atténuation (fermeture et couverture acoustiques, installation de silencieux) ont été intégrées afin de réduire le niveau de bruit à l’intérieur de la centrale ainsi que celui répandu hors site. Ces mesures portent sur des équipements comme les chaudières, les conduites d’admission d’air, le surchauffeur, les soupapes de sécurité et les conduites de récupération de purges. Encore une fois, ce sont les limites de la Banque mondiales qui sont prises comme références, le Maroc ne disposant pas de normes en la matière. Côté justification de la sélection de l’emplacement de la centrale thermique à Jorf Lasfar, l’étude met en avant l’aménagement préalable du site à des fins industrielles. Mais aussi l’existence de lignes de distribution et de transport et surtout la présence de points d’approvisionnement en combustible (port et chemins de fer). L’existence de points d’approvisionnement en eau et les infrastructures de communication (routes, chemins de fer) est aussi un atout. La centrale thermique étant conçue dès le départ pour fonctionner au charbon dans les six tranches, il n’y a pas lieu d’utiliser un autre carburant fossile sauf pour l’allumage et le transport. Idem pour la technologie de combustion qui reste la même. L’adoption d’autres procédés compliquerait les infrastructures, le fonctionnement et augmenterait le coût de construction. Finalement, pour les tranches 5 et 6, c’est la technologie du charbon pulvérisé qui est choisie et est compatible avec celle en fonction pour les 4 tranches existantes. Bien plus, elle présente un excellent rapport technologie/coût de l’investissement et les émissions seront plus restrictives en conformité avec les limites de la BM.
Techniques de dépollution

DANS la collecte des particules, le dispositif utilisé est le filtre électrostatique. Sa perte de charge très réduite et son coût d’entretien par rapport aux autres techniques militent pour son choix. Son efficacité est aussi élevée selon le rapport de l’étude d’impact et qui est de 99%. Ce qui réduit sensiblement l’émission de poussières dans l’atmosphère. S’agissant de l’oxyde de soufre (S02), la réduction repose sur la technique de la désulfuration à l’eau de mer. «Elle est la plus appropriée pour nettoyer le gaz d’échappement avec un taux d’efficacité élevé», conclut l’étude.Ali JAFRY