Politique

Ilot Leïla: La chronologie d'une crise

Par L'Economiste | Edition N°:1317 Le 22/07/2002 | Partager

. Depuis le 11 juillet, l'îlot Leïla a suscité beaucoup de remous entre Rabat et Madrid. Neuf jours après, dénouement de la crise grâce à une médiation américaine LE 11 juillet, le Maroc envoie une dizaine de gendarmes sur l'îlot Leïla pour y installer un poste de surveillance. Leur mission étant d'assurer un contrôle de l'émigration clandestine, le trafic de drogue et la contrebande. Le même jour dans la matinée, l'Espagne réagit et déploie une patrouille de la Guardia Civile tout autour du rocher. Pour Madrid, il s'agit d'une «rupture unilatérale d'un statu quo« et du bon voisinage, selon lequel l'île est une zone démilitarisée. Le lendemain, trois patrouilleurs ibériques entourent l'îlot et Madrid condamne l'installation de militaires marocains sur le rocher. Pour Rabat, l'île fait partie des eaux territoriales. Mieux, elle est sous souveraineté marocaine depuis la fin du Protectorat espagnol sur le nord du Royaume en 1956. L'Union européenne a pour sa part pris position en faveur de l'Espagne. Elle s'est montrée solidaire et réitéré à plusieurs reprises son soutien à ce pays membre tout en se montrant inflexible vis-à-vis du Maroc. Selon le porte-parole de la Commission européenne, «c'est une violation de l'intégrité territoriale espagnole«. Romano Prodi a à son tour fait part de la «préoccupation européenne«. Entre-temps, Madrid envoie du renfort. Le 14 juillet, un communiqué de l'UE demande le retrait immédiat des troupes marocaines. Le même jour, Ana Palacio hausse le ton. La Ligue Arabe a pour sa part exprimé son soutien au Maroc. Côté marocain, Mohamed Benaïssa privilégie le dialogue. De là, les deux parties entendent trouver une solution diplomatique à la crise. Paradoxalement, l'Espagne décide le retrait de son ambassadeur à Rabat et assure du renfort à son dispositif militaire autour de l'île. Dans la nuit du 16 au 17 juillet, les négociations entre les ministres des Affaires étrangères des deux pays se poursuivent jusqu'à 3 heures 50 mn. Six minutes après, quelques hélicoptères survolent l'île et des navires de guerre entourent le rocher. Une armada espagnole débarque sur l'île. L'armée ibérique envahit le rocher, arrête les six gendarmes marocains et plante des drapeaux espagnols sur l'îlot. Le jour même, le ministre espagnol de la Défense félicite ses troupes du succès de l'opération. Il parle de légitime défense avec le soutien de l'Otan et de l'UE. Pour Ana Palacio «l'Espagne ne compte pas rester longtemps sur l'îlot et entend le quitter aussitôt un accord trouvé dans le respect mutuel des deux pays«.. Retrait sans conditions Quelques heures plus tard, S.M. le Roi Mohammed VI préside un conseil des ministres. Première réaction: le gouvernement marocain exige le retrait immédiat et sans conditions des forces espagnoles et dénonce «l'agression espagnole alors que des discussions étaient engagées«. Pour Benaïssa, l'intervention militaire espagnole est une déclaration de guerre «contraire à la légalité internationale«. La Ligue Arabe, l'Organisation de la Conférence Islamique (OCI) et plusieurs pays amis ont assuré leur soutien au Maroc. Après le coup de force espagnol, le Maroc a exclu l'option militaire et décide le recours à la voie diplomatique. De là, il saisit le Conseil de Sécurité, la Ligue Arabe et l'OCI et Benaïssa effectue une visite à Paris pour la sensibiliser sur la question.Côté espagnol, comme un couperet, le quotidien espagnol El Pais publie un article selon lequel l'îlot ne figure sur aucune carte géographique militaire espagnole. Coup de théâtre, à l'issue d'intenses contacts diplomatiques et une importante médiation américaine, le samedi 20 juillet vers 17 heures, dénouement de la crise de l'îlot. L'armée espagnole a commencé à évacuer ses troupes et les drapeaux ont été retirés vers 19h 30. Ana Palacio est attendue aujour'hui lundi à Rabat pour la reprise du dialogue entre Rabat et Madrid.Amin RBOUB

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