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L'économiste, le premier quotidien économique au Maroc

mardi 30 septembre 2014,
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Huile de table
Lesieur Cristal baisse les prix, pas les épiciers!

   
. Une baisse de 1 DH par litre annoncée par l’opérateur. Le commerce de détail veut d’abord écouler les anciens stocks Les prix baissent à l’international. Mais, au Maroc, la répercussion n’est pas systématique. Déjà, le ministère des Affaires économiques et générales a annoncé qu’il n’y aurait pas de baisse sur le prix de l’essence à la pompe. Aujourd’hui, c’est au tour des épiciers de faire de la politique. Ces derniers, qui forment encore l’essentiel du commerce de détail au Maroc, refusent d’appliquer la baisse des prix des huiles annoncée par Lesieur Cristal, premier opérateur au pays. En effet, la filiale de l’ONA, qui détient 60% des parts du marché national, a annoncé la baisse, depuis hier, de 1 DH par litre d’huile de table. Une baisse qui était attendue depuis le mois d’août (cf. L’Economiste du 21 août 2008). A priori le prix de la bouteille d’un litre ne devra donc plus coûter que 15,40 DH. Mais, les détaillants ne l’entendent pas de cette oreille. «Si l’on veut que le commerce de détail applique immédiatement la baisse, Lesieur Cristal devra alors supporter, pour tous les stocks constitués, la différence entre le prix de vente actuel et celui annoncé», martèle un épicier à Casablanca. Un autre affirme que sa boutique «appliquera la baisse une fois ses stocks, acquis à l’ancien prix, épuisés». Voilà des raisons qui rappellent l’argumentaire utilisé par les opérateurs eux-mêmes pour défendre la non-répercussion de la baisse internationale des matières premières. Combien de temps faudra-t-il encore attendre pour voir les épiciers faire profiter le consommateur final de cette baisse? Ils sont seuls à détenir la réponse. Dans la grande distribution, les règles diffèrent un peu. Les achats sont effectués au niveau de centrales qui négocient au nom de tout le réseau. Là encore la baisse automatique paraît improbable. Déjà au niveau de certains magasins, l’on affirme «ne pas être au courant». Ensuite, ce sera à l’issue des tractations entre centrale d’achats et fournisseur d’huile que le niveau de la baisse sera fixé. Sans oublier que les grandes surfaces ont, elles aussi, constitué des stocks avec l’ancien prix.En tout cas, Lesieur Cristal a fait le premier pas. Même si l’on considère que cela ne compensera pas les différentes hausses introduites durant 2008. Ainsi, en moins d’un an, le prix de l’huile de table est passé de 9,5 DH à 15 DH, voire 17 DH dans certaines zones. C’est donc une jurisprudence en la matière. Le marché des huiles est libre au Maroc. Mais la liberté des cours doit être actionnée dans les deux sens: à la hausse comme à la baisse.
Effet domino

A l’international, l’on assiste à un mouvement de baisse continue des matières premières.En effet, «depuis l’été 2008, une accalmie est enregistrée sur les marchés mondiaux, suivie d’une période de baisse des prix exprimés en dollar, compensée partiellement par la hausse du cours du dollar», affirme la direction générale de Lesieur Cristal. Cela s’explique par la chute du prix du pétrole. Les cours des autres matières, oléagineuses notamment, sont quasi parfaitement corrélées aux prix de l’or noir. A cela s’ajoute une campagne agricole meilleure que l’année passée dans les grands pays producteurs de céréales, comme l’Australie. Pour rappel, la sécheresse qui a frappé ce pays l’année dernière était un sérieux facteur de tension sur les prix des denrées alimentaires. Ces prix ont enregistré des records historiques.Nabil TAOUFIK