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L'économiste, le premier quotidien économique au Maroc

lundi 28 juillet 2014,
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Grosses opportunités immobilières en Libye

   
. La santé et l’hôtellerie aussi. La suppression de ligne maritime entre les deux pays, un handicap
Un pays connu pour son désert, son pétrole et qui ferait un bon partenaire commercial du Maroc? Non, on ne parle pas d’un pays du Golfe mais de la Libye. En effet, une étude du Centre marocain de promotion des exportations (CMPE) a démontré que malgré la chute des échanges entre les deux pays pour la période de 2001 à 2005 de 74% pour les exportations et de 21% pour les importations, il n’en demeure pas moins qu’il reste beaucoup à faire. La disparition de la ligne maritime y a largement contribué. Une raison qui a poussé les opérateurs libyens vers les produits asiatiques. Pourtant, le volume global des échanges commerciaux avec la Libye a atteint 789 millions de DH en 2005. Mais la Libye reste le 45e client et le 34e fournisseur du Maroc. «Nous avons constaté une complémentarité évidente entre les deux pays», confie Abdelkader Sediame, chef du département des relations extérieures au CMPE. L’économie libyenne est en pleine effervescence. Forte de ses ressources en hydrocarbures qui représentent 95% de ses exportations totales, elle renforce ainsi sa crédibilité pour le paiement des transactions. La chute des échanges a fortement fait ressentir l’absence des produits marocains sur le marché libyen. « Les consommateurs libyens réclamaient nos produits », constate le responsable du CMPE.Le Maroc est doté de tous les atouts pour cartonner en Libye : un fort capital sympathie, une image positive et surtout, des produits correspondants à la demande locale. « Les Libyens connaissent bien les produits marocains à travers ses médicaments et couvertures », explique Sediame.L’étude a en outre révélé que les opportunités commerciales à saisir se présentaient dans les domaines suivants : matériaux de construction, matériels électriques, produits alimentaires, textile, cuir et services. Les investisseurs libyens ont aussi montré leur intérêt pour le sel et plâtre de Safi.

Incitations à l’investissement
Pour pénétrer le marché libyen dans de bonnes conditions, les entreprises marocaines doivent adopter une stratégie à moyen terme, envisager des structures de commercialisation et de distribution et impliquer le secteur bancaire dans le développement des affaires conjointes. De son côté, l’Etat libyen n’a pas rechigné sur son budget pour augmenter les salaires. On parle même de mesures incitant à quitter la fonction publique pour encourager l’investissement et avec des taux préférentiels.Le régime des importations en Libye est assez complexe et est régulièrement modifié. Toutefois, le Maroc va profiter d’une loi libyenne relative à l’encouragement d’investissement des capitaux étrangers sur certains secteurs ouverts comme l’industrie et le tourisme. D’autres sont toujours régis par des lois particulières (pétrole, finances, télécommunications…). «Les opportunités se présentent surtout pour les PME/PMI», ajoute Sediame. Mais ce n’est pas tout. Il est utile de savoir que près de 1 million de Libyens se déplacent chaque année pour recevoir des soins médicaux en Jordanie ou en Tunisie. Cela constituera une occasion pour le «Maroc médical » de se faire connaître. Assurément, l’absence de fabrication locale d’équipements et de matériels médicaux ainsi que la faiblesse de la production libyenne de produits pharmaceutiques font que ce secteur est très porteur pour le Maroc. L’Etat libyen n’hésite pas à y consacrer de grosses subventions à l’importation (3,4% de son budget en 2004).

50.000 logements/an
D’après l’étude du CMPE, une analyse des importations, des projets d’investissement en cours a permis de déceler certains créneaux très porteurs pour le Royaume. Par ailleurs, la Libye se penche sur un projet de plus de 88 milliards de DH pour la production, le transport et la distribution de l’énergie électrique. Ce n’est pas tout, les professionnels de l’immobilier vont se réjouir des opportunités d’investissement dans l’habitat puisque les besoins actuels sont estimés à plus de 50.000 logements par an. «Il existe une demande abondante, d’ailleurs la Libye a lancé un projet pour la création de 350.000 logements en 5 ans », tient à signaler Mohamed Khamlichi, PDG d’une société de fabrication de robinetterie sanitaire à Tétouan. Pour le confirmer, ce dernier va signer son premier contrat avec les Libyens au courant de cette semaine.L’artisanat a également trouvé preneur. « Lors de la 1re semaine culturelle marocaine en Libye, nous avons remarqué l’intérêt des Libyens pour l’artisanat marocain», déclare Abdelilah Raïss, responsable d’une société d’artisanat. «De plus, il n’ y a pas de concurrents», ajoute-t-il. Ainsi, nos caftans et meubles, notre argenterie et poterie vont être exposés lors de la 2e édition de la semaine culturelle, « à condition de bien ficeler les préparatifs et de mieux gérer la logistique», précise Raïss. Ceci dit, même à coup de bonnes actions promotionnelles, la fermeture des frontières avec l’Algérie handicape les échanges vers la Libye. Néanmoins, des contacts avancés ont été initiés par les deux parties pour se prononcer par rapport à cette ligne maritime qui pourrait favoriser les échanges maroco-libyens.
7.046 dollars/habitant

Etendue sur 1.759.540 km2, la Libye compte 5,7 millions d’habitants dont 87% urbains. Ses principales villes sont Tripoli, Benghazi, Zuwara, Misurata et Tobrouk. Il existe des vols reliant les deux pays de Casablanca-Tripoli et Rabat-Tripoli. En 2005, le PIB libyen s’élevait à plus de 37,8 milliards de dollars. Le PIB/habitant est de 7.046 dollars/habitant ce qui place ce pays parmi les plus riches d’Afrique. Sara BADI