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mardi 02 septembre 2014,
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Grève dans l'Education nationale: Des profs en colère

   
. Les enseignants de l'Education nationale observent depuis hier une grève de 48 heures. Les revendications: La concrétisation du projet de statut et la question des indemnités
C'est désormais devenu une habitude. A chaque projet de réforme dans l'enseignement, la même scène se répète invariablement avec les mêmes acteurs jouant les mêmes rôles: l'Etat promet, mais ne respecte pas ses engagements (ou alors tergiverse), les syndicats mobilisent leurs troupes et font monter la pression, puis les deux camps s'assoient à la table des négociations. Au passage, c'est la qualité de l'enseignement qui en pâtit puisque les élèves sont pris en otage dans ce bras de fer. Aujourd'hui, ce scénario se reproduit sans que l'on connaisse encore la suite du programme. En revanche, le mouvement de grève de 48 heures, déclenché depuis hier dans le secteur de l'Education nationale à l'appel des trois syndicats (CDT, UGTM et UMT), a été bien suivi. Auprès de la Fédération nationale de l'enseignement (CDT), on revendique “un très fort taux de participation”. Le syndicat se garde d'avancer des chiffres. L'Economiste a néanmoins pu vérifier que la plupart des établissements à Casablanca, mais aussi dans d'autres régions du Maroc, notamment à Taza (nord-est) et Agadir (sud) étaient fermés. De sources syndicales, des fonctionnaires de l'enseignement supérieur ont également décidé de se joindre au mot d'ordre de grève. Aujourd'hui mercredi, un sit-in est prévu devant le siège du Ministère des Finances. La grogne des enseignants a pour origine la question du statut et celle des indemnités, deux mesures promises à l'issue de l'accord signé avec le gouvernement le 10 décembre 2000. Visiblement, les profs s'attendaient à ce qu'une partie de la dotation financière prévue à cet effet (6 milliards de DH selon les premières estimations) soit inscrite dans le projet de budget 2002. “Nous avions même accepté que l'effort financier de l'Etat soit échelonné”, souligne un syndicaliste. Ce dernier estime que “les profs sont les laissés-pour-compte de la politique du gouvernement”. Il n'est pas le seul d'ailleurs. Nombreux sont ceux qui parmi le corps enseignant ont le sentiment de ne plus pouvoir exercer pleinement un métier qu'ils ont choisi par vocation. Cette dévalorisation du métier est due, certes, à des difficultés matérielles croissantes, mais aussi à un encadrement de plus en plus lourd d'élèves de plus en plus nombreux et à une grande misère des conditions de travail. Mais, elle est aussi ressentie douloureusement à cause de promesses sans lendemain. C'est sans doute la raison pour laquelle le projet de réforme du statut a pu susciter une colère largement partagée par de nombreux professeurs et ce, bien au-delà des clivages syndicaux.Mohamed BENABID