Economie

Forum de partenariat d’affaires de Dakar
Le Maroc s’offre l’Afrique de l’Ouest

Par L'Economiste | Edition N°:2449 Le 24/01/2007 | Partager

. Le patronat marocain à la conquête du marché ouest-africain. Un marché de plus de 243 millions de consommateurs . Nouveau souffle pour le Conseil d’affaires Maroc-SénégalEn s’ouvrant à l’Afrique de l’Ouest, le Maroc s’offre un marché de plus de 243 millions de consommateurs, répartis sur 15 pays de la sous-région. Ce marché est regroupé dans des organisations telles que l’Uemoa (Union économique et monétaire ouest-africaine avec 8 pays) et la Cedeao (Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest). Celle-ci, plus vaste, compte 15 pays (depuis le retrait de la Mauritanie en 2002) dont le géant Nigeria. Si globalement le niveau de vie est dans la moyenne des pays d’Afrique subsaharienne, le Nigeria est sans conteste le marché le plus important de ce bloc économique. Avec un PIB de 98,9 milliards de dollars, soit 390 dollars par habitant, ce pays de 136 millions d’âmes est la troisième puissance économique du continent après l’Afrique du Sud (240,1 milliards de dollars, soit 3.630 dollars par habitant) et l’Algérie (102,2 milliards de dollars, soit 3.150 dollars par habitant). Paradoxe! Le Nigeria est le seul pays du monde disposant d’importantes ressources pétrolières à présenter un déficit budgétaire.Les 14 autres pays de la zone, présents au forum d’affaires et de partenariat de Dakar, qui s’ouvre demain jusqu’au 27 janvier, offrent aux entreprises marocaines des opportunités presque sur mesure. Organisé par la CGEM (Confédération générale des entreprises du Maroc, le CNP (Conseil national du patronat sénégalais) et PolyCom International (cabinet conseil et de mise en relations), ce forum prend date. Il ouvre en effet, officiellement, un nouveau volet de la coopération Maroc-Afrique. En cela, la présence du chef de l’Etat sénégalais, Abdoulaye Wade, et des Premiers ministres marocain, Driss Jettou, et sénégalais, Macky Sall, est significative. Jamais auparavant des hommes d’affaires marocains et leurs homologues «africains» n’avaient réussi à mettre en place une telle initiative. D’ailleurs, il sera question à Dakar de dépoussiérer certaines initiatives d’affaires, à fort relent politique. D’un côté comme de l’autre, on hésite plus à parler de «nouveau conseil d’affaires maroco-sénégalais». Un thème inscrit à l’agenda du Forum. L’heure n’est plus à l’éloquence verbale, mais au pragmatisme des affaires. Ainsi, on y parlera de valorisation du coton et développement de la filière coton/textile, d’infrastructures et transports, d’énergie et biocarburants ou encore de services financiers.Rappelons que les entreprises marocaines déjà présentes sur le continent ont dépassé le volet culturel, qui a caractérisé jusqu’ici les relations (souvent plus que séculaires) entre le Maroc et le reste de l’Afrique. Les principaux groupes(1) qui prennent part au forum de Dakar ne raisonnent plus qu’en termes de business. Certains parmi eux lorgnent au-delà de la sous-région ouest-africaine. Royal Air Maroc a déjà un pied au Cameroun, au Gabon dans la perspective de claquer son modèle de coopération avec le Sénégal dans Air Sénégal International. De même pour Maroc Telecom, qui est en prospection dans cette partie du continent. Durant deux jours, les quelque 80 chefs d’entreprise et/ou chasseurs de bonnes affaires marocains, présents à ce forum, n’auront que l’embarras du choix. Des marchés aussi vastes et divers, que ceux du Nigeria, Ghana (19,8 millions), Côte d’Ivoire (17,2 millions), Burkina Faso (13,2 millions), Sénégal, Mali ou encore du Niger avec plus de 11 millions d’habitants chacun, s’offrent aux entrepreneurs marocains. On ne perd pas de vue que dans la compétition mondiale, l’Afrique subsaharienne se caractérise par l’étroitesse de son marché, avec un PIB de quelque 2.728 milliards de dirhams. D’ailleurs, une étude du Pnud (Programme des Nations unies pour le développement), réalisée en 2003, révèle que la moitié des habitants n’y disposent que d’un dollar par jour. Répondant à des confrères, le directeur des opérations Afrique et Moyen-Orient d’Imperial Tobacco, résumait ainsi la situation du continent: «Le différentiel de compétitivité entre l’Afrique et la moyenne mondiale est de 20 %, en raison de coûts financiers plus élevés, de difficultés logistiques, du coût de l’encadrement expatrié et du facteur risque». Il n’empêche qu’aujourd’hui la globalisation fait tomber les remparts qui protégeaient les groupes nationaux de la concurrence internationale: marchés captifs (pharmacie), monopoles ou exclusivités (transport aérien, téléphonie), aides publiques (infrastructures)... Les ténors du marché (Français en l’occurrence et entreprises étatiques) doivent désormais affronter la concurrence, notamment celle des Chinois, des Indiens, des Malaisiens. Depuis l’avènement au trône de SM le Roi Mohammed VI, en 1999 (lire l’interview de l’ambassadeur du Sénégal au Maroc), les Marocains s’y sont invités. En force, et de belle manière. Sauf dans quelques rares cas, toutes les entreprises ont remporté d’énormes succès commerciaux, souvent au prix de lourds sacrifices. Les spécialistes des BTP, en l’occurrence, sont passés maîtres dans l’art de l’acclimatation. De plus, vue d’Afrique, l’arrivée en force des entreprises marocaines est plutôt bien accueillie. C’est dans ce sens que s’inscrit la nouvelle action de l’Aserem (Association des Sénégalais résidant au Maroc). Et cela à travers l’institutionnalisation d’une Semaine du Sénégal au Maroc dont la première édition est prévue en juin prochain vise à dynamiser l’axe des affaires Maroc-Sénégal. A ce propos, le directeur général de PolyCom International Sénégal, Hussein Bâ, est éloquent: «Le Maroc a un rôle pionnier à jouer dans l’ouverture de l’espace économique de l’Afrique de l’Ouest francophone surtout à d’autres zones commerciales». L’expérience du Maroc dans les marchés internationaux à travers une série d’accords de libre-échange et d’associations y est citée en exemple.


Un centre de référence régional de l’OMC

La coopération bilatérale, établie entre la Commission de l’Uemoa et le secrétariat général de l’Organisation mondiale du commerce (OMC), a abouti à l’installation du Centre de référence régional de l’OMC auprès de la Commission, fonctionnel depuis le 3 juin 2005. La mise en place de ce centre au siège de l’Union permet aux chercheurs, cadres et opérateurs d’avoir accès aux différents liens hypertextes et aux bases de données disponibles de l’OMC. Le centre de référence peut également accueillir les experts des Etats membres en mission au siège de la Commission de l’Uemoa.


Cedeao, une union économique et monétaire de 15 Etats

La Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao) est une organisation internationale régionale. Son but est de promouvoir la coopération et l’intégration avec pour but de créer une union économique et monétaire entre les pays de l’Afrique de l’Ouest. Elle fut créée le 28 mai 1975 et compte aujourd’hui 15 Etats membres (la Mauritanie a quitté la Cedeao en 2002).Bien qu’à la base son rôle soit purement économique, la Cedeao s’est assez vite intéressée au maintien de la paix. C’est en effet une condition essentielle pour qu’une union puisse se réaliser.Suite aux tensions entre les différents pays la Communauté a décidé en 1978 d’adopter un protocole de non agression. Suivi en 1981 par le Protocole d’assistance en matière de défense et une Déclaration des principes politiques en juillet 1991. Mais c’est en 1990 que l’aspect sécuritaire de la Communauté a été appliqué concrètement. Lors de la Conférence des chefs d’Etat et de gouvernement, il a été décidé de mettre en place un groupe surveillant l’application d’un cessez-le-feu, l’Ecomog (Economic Community of West African States Cease-Fire Monitoring Group). La Cedeao est composée de 8 institutions principales: la Conférence des chefs d’Etat et de gouvernement, le Parlement de la Communauté, le Conseil économique et social, la Cour de justice de la Communauté, la Commission, la Banque d’investissement et de développement, l’Organisation ouest-africaine de la santé, une Commission de neuf commissaires.Bachir THIAM------------------------------------------------------------------------------(1) Les groupes Tazi CCGT, Houari TP, Royal Air Maroc, Managem, Comanav, Benhamane Sintram, Houar TP, Somagec, Tazi Sothéma, Chaâbi Ynna Holding, ONE, Attijariwafa bank, BMCE, Benjelloun Touimi CBI, Drapor, Maroc Telecom.

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