Culture

Festival des musiques sacrées
«Un vrai coup de promo pour Fès et pour le Maroc aussi«
Entretien avec Mohamed Kabbaj, président de l’association Fès-Saïss

Par L'Economiste | Edition N°:1781 Le 02/06/2004 | Partager

Le Festival est à sa 10e édition. Cet événement s’est fait une place à l’échelle mondiale. Le président de l’association Fès-Saïss, Mohamed Kabbaj, raconte cette expérience- L'Economiste: Le Festival fête ses 10 ans. Que représente pour vous cette expérience ? - Mohamed Kabbaj: Je crois que si on dresse un bilan, on constate que ce festival a commencé tout petit. Maintenant, il est beaucoup plus important et beaucoup plus présent, que ce soit à l’échelle nationale ou internationale. On peut dire que le festival s’est fait une place à l’échelle mondiale. Côté volume, lors des premières éditions, on avait commencé par trois jours de spectacle; aujourd’hui, nous sommes à dix jours. Nous avons une audience qui vient du monde entier. Nous avons aussi une grande présence médiatique et c’est une vraie promotion, non seulement pour le festival et pour la ville Fès, mais aussi pour tout le Maroc. Outre la presse écrite, des grandes chaînes comme CNN et TV5 en parlent. Des livres ont été édités sur ce que nous faisons à Fès. Ils ont eu un grand succès et tous les exemplaires ont été épuisés. Un autre ouvrage vient tout juste de paraître «L’Esprit de Fès«.- Quels sont les changements qu’a connus le festival depuis son lancement?- Au départ, il y avait seulement les concerts de Bab Makina. Au fil des années, on a créé, tout d’abord, le festival dans la ville qui se déroule à Bab Boujloud. Celui-ci, offert gratuitement aux festivaliers, connaît cette année un saut considérable. Les visiteurs vont constater la qualité exceptionnelle de sonorisation et d’artistes que leur offrira cet événement lors de cette édition. Un budget de 1,5 million de DH lui a été consacré. Un autre rendez-vous qui a marqué l’événement a été introduit il y a 4 ans. Il s’agit des rencontres de Fès. - Qu’est-ce que vous attendez à travers ces rencontres?- Les colloques constituent un rendez-vous intéressant. Nous recevons des hommes très importants, des scientistes, des penseurs, des philosophes et des écrivains qui interviennent sur différents sujets. Ils se réunissent autour des thématiques comme la démocratie, la spiritualité face aux problèmes du monde, les économies solidaires, la paix au Moyen-Orient. Il faut savoir que ce colloque traduit l’esprit du festival dans le langage commun des hommes au lieu que ça soit de la musique. C’est une continuation, pour nous, dans l’objectif de faire évoluer et prospérer les idées que nous défendons, synonymes de dialogue, tolérance et paix. Nous pensons avoir atteint une partie de nos objectifs à travers les publications sur les rencontres de Fès et à travers ce que les gens disent.- Comment trouvez-vous Fès lors du festival ?- La ville de Fès renoue avec l'échange spirituel que lui consacre le festival des musiques sacrées du monde. Il y a une dynamique qui se crée. La majorité des hôtels affichent complet. Auparavant, c’était un phénomène plutôt rare. En plus, avec tout ce que publie la presse étrangère sur la ville de Fès, les retombées sont très importantes. Cela va promouvoir certainement le secteur du tourisme et d’autres activités dont l’artisanat et l’industrie. Et c’est justement le but de l’association Fès-Saïss. Elle organise, tout au long de l’année, plusieurs manifestations comme les festivals de la poésie, Malhoun, musique andalouse et Samaa.


Programme

. Mercredi 2 Juin - 16 h - Musée Batha, Françoise Atlan, Aïcha Redouane accompagnées par l'Orchestre de Fès et l'Ensemble Al Adwar (direction: Mohamed Briouel). Tradition juive arabo-andalouse et art du maqam- 20 h 30 - Bab Makina 1re partie : Moneim Adwan (Palestine), Chants sacrés et populaires de Palestine 2e partie : Sapho et l'Orchestre Oriental de Nazareth (Palestine - Israël - France) Orients . Jeudi 3 juin - 16 h - Musée Batha, Tallis Schollar (Grande-Bretagne), Splendeurs à la chapelle royale des Tudor - 20 h 30 - Bab Makina, Miriam Makeba (Afrique du Sud), Chants traditionnels et spirituels . Vendredi 4 juin - 16 h - Musée Batha, Choeur Sirin (Russie), Chants sacrés orthodoxes - 20 h 30 - Bab Makina, Sabah Fakhri (Syrie), Chants d'amour spirituel . Samedi 5 juin - 16 h - Musée Batha, Sharam Nazeri (Iran), Chants soufis du Kurdistan iranien - 20 h 30 - Bab Makina, Liz Mc Comb et l'Arc Gospel Choirof Harlem (USA) Gospel . Dimanche 6 juin 17 h 30 Bab Boujloud, 1re partie Groupe Ahwach 2e partie Liz Mc Comb et l'Arc Gospel Choirof Harlem (USA) Gospelo


Youssou N’Dour fait salle comble

Youssou N’Dour, souriant comme d’habitude, s’est produit samedi à Bab Makina. Il a présenté sa nouvelle œuvre religieuse «Egypte«. Cet album a été présenté pour la 1re fois en plein air et a connu un franc succès. Salle comble, les spectateurs sont venus de tout bord. Pour cette soirée, les organisateurs estiment à un peu plus de 4.000 le nombre de spectateurs. Marocains, Français, Américains et Sénégalais, les mélomanes ont beaucoup apprécié les chansons et en particulier «Tijaniya«. La star sénégalaise était accompagnée dans ce spectacle par un orchestre égyptien qui, lui aussi, a montré tous ses talents. La place de Bab Makina a vibré sur des chants spirituels dernier cri, pendant plus d’une heure et demie. Viviane Wade, épouse du président sénégalais, présente lors du concert, a été émerveillée par les chants de Youssou.Propos recueillis par Youness SAAD ALAMI

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