Politique Internationale

Fès revibrera sur les musiques sacrées

Par L'Economiste | Edition N°:323 Le 26/03/1998 | Partager

Le Festival des Musiques Sacrées du Monde est de nouveau à l'honneur. La ville de Fès abrite sa quatrième édition sous le thème générique de "Hauts lieux de l'esprit".


L'esprit dont il est dit "qu'il souffle où il veut" s'est mani-festé en divers lieux de notre planète, au fil de l'histoire humaine... Mais depuis quatre ans, il se manifeste régulièrement chaque année à Fès.
«Les hauts lieux de l'esprit» est le signe générique sous lequel se tient cette quatrième édition du Festival des Musiques Sacrés du 23 au 30 mai 1998 à Fès. L'occasion n'est certainement pas des moindres. Les chanteurs de spiritualité les plus connus viennent pour participer à cet événement.
Les organisateurs de ce festival ont tenu, lors de la conférence de presse le lundi 23 mars, à se féliciter de la réussite de cet événement. Et pour preuve, M. Mohamed Kabbaj, président du Festival et également président de l'Association Fès-Saïss a précisé que "l'événement connaît la participation de 700 à 1.000 spectateurs étrangers par jour". Les organisateurs comptent d'ailleurs en faire une plaque tournante de promotion de la ville de Fès, est-il précisé. "Fès porte en elle un message d'universalité qu'il lui faut redécouvrir et délivrer".

A rappeler que le Festival de Fès des Musiques Sacrées du Monde se déroule chaque année durant la dernière semaine du mois de mai. Il a été créé en octobre 1994, sous le thème générique: "Mémoires spirituelles d'Orient et d'Occident". Les éditions de mai 1996 et 1997 furent respectivement placées sous les thèmes "Le sacré, hymne à la vie" et "Offrandes, le sens du don et de la compassion dans les traditions du sacré".

Barbara Hendrix, la cantatrice...


Ce Festival de la spiritualité par excellence aura lieu cette année dans le patio du Palais Batha, accom-pagné du bruissement de vasques d'eau, sur l'esplanade de Bab El Maqina, à la lisière de la médina. A côté de la musique, sont également prévus conférences films et expositions. Sur la scène de Bab El Maqina, le coup d'envoi du Festival sera donné par deux statures de la musique spirituelle, douées chacune d'une puissante aspiration vers l'universel. Bref, deux femmes, deux voix et deux traditions.
D'abord Monajat Yulcheva, une représentante emblématique du chant ouzbek (Ouzbékistan) qui, faut-il le rappeler, a profondément touché le public du Festival lors de l'édition de 1997.
Ensuite, la cantatrice incontes-table du Soprano et du Negro-spiritual, Barbara Hendrix. Cette femme qui nous vient des Etats-Unis et qui a fait ses débuts à l'Opéra en 1974, au Festival de Glynde-bourne, s'est produite ensuite sur les plus grandes scènes lyriques du monde, à l'Opéra de Paris, au Métropolitain de New York, au Covent Garden de Londres et à la Scala de Milan. La musique spirituelle sera ainsi à l'honneur. Au rythme de deux fois par jour, l'après-midi et le soir, les chanteurs se succéderont pour entonner un public de différents horizons.

Outre les deux chanteuses en tête d'affiche, l'Irlande sera égale-ment présente avec Anuna, un jeune choeur irlandais, qui se produit souvent dans les églises et abbayes. Il tire une grande partie de sa spiritualité des textes et manuscrits écrits par des moines bien antérieurs au Moyen-Age.
Dans ce Festival du sacré, le jeune Orchestre Philharmonique du Maroc créé en 1996 et formé en grande partie par de talentueux marocains sortis des Conservatoires des FAR (Forces Armées Royales) et de la gendarmerie royale, y trouve place (Voir ci-dessous).

La musique traditionnelle maro-caine sera à l'honneur. Mohamed Soussi interprétant le malhoune de Fès. A côté de cette tradition musicale, une autre, cette fois-ci religieuse est interprétée par Albert Bouhadanna dans la pure tradition juive accompagnée par l'orchestre arabo-andalou de Mohamed Briouel.
Une grande voix aussi est celle de Alim Kassimov (Azerbaïdjan). Grâce à son talent, ce musicien a remporté dès l'âge de vingt-cinq ans, le prix du chant Jabbar Qaryaghdi Oghlu.
Le Festival qui se veut une plate-forme permanente de communi-cation et de dialogue entre les peuples et les religions accueillera d'autres groupes musicaux. Le choeur byzantin de Grèce interp-rétant la musique ecclésiastique liturgique, Hussayn Al Azami et l'ensemble Al Kindi de l'Irak, Begum Parveen Sultan et Ustad Dilshad Khan de l'Inde et plusieurs autres chanteurs.

Hassan BOUCHACHIA

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