Affaires

Fès renoue avec la croissance grâce au festival

Par L'Economiste | Edition N°:2063 Le 13/07/2005 | Partager

. Les ventes ont augmenté du quart par rapport à 2004 . La capitale spirituelle devient une ville de séjour  C’est une évaluation positive que fait le président du Conseil régional du tourisme (CRT), Driss Faceh, du Festival des musiques sacrées. Le tourisme se développe grâce à l’animation créée par le festival. Près de 200.000 touristes ont visité la ville durant les six premiers mois de 2005. La destination évolue sur les traces de Marrakech… - L’Economiste: De l’avis de tous, la 11e édition du Festival des musiques sacrées de Fès a connu un franc succès. En chiffres, que représente cette manifestation par rapport aux années précédentes?      - Driss Faceh: Commercialement parlant, c’est une grande année. Nous avons réalisé l’une des meilleures performances dans la mesure où les ventes ont augmenté de 25% par rapport à l’année dernière. Plus de 500 packages (transport, hébergement et spectacles) ont été vendus. Les week-ends, nous avons tourné à guichet fermé. Entre le sponsoring et les ventes, on a atteint facilement les 4.000 visiteurs à Bab Makina. En semaine, on a tourné aux alentours de 2.000 places par jour, en plus d’une moyenne de 700 personnes au musée Batha. Mais la grande réussite, et c’est ce qui est difficile à quantifier, ce sont les concerts gratuits. Les mêmes spectacles qui ont eu lieu à Bab Makina étaient offerts gracieusement à Bab Boujloud. Ce qui a drainé, en moyenne, entre 10.000 et 20.000 personnes. Pour la première fois, nous avons reçu un grand nombre de visiteurs étrangers, venant des quatre coins du monde, et qui sont restés pendant les 9 jours du festival. Alors qu’auparavant, nous avions plus de clients qui venaient généralement pour les week-ends ou pour les Rencontres de Fès. Pour ce qui est de la clientèle nationale, elle a progressé de 40% par rapport à 2004. Nous constatons qu’il y a un regain de confiance chez les visiteurs qui viennent vivre le festival comme il y a 3 ans.- Y a-t-il eu des problèmes d’organisation?  - Nous sommes confrontés au problème du respect des places. Les gens ont du mal à assimiler les types de classes: classe A, classe B et classe sponsors. Certains croient à tort qu’en payant un ticket, ils peuvent s’asseoir n’importe où. Je pense que c’est plus une question d’éducation qu’autre chose. Autre difficulté, le Festival des musiques sacrées exige des endroits spécifiques, un climat “sacré” et une audience particulière. Malheureusement, nous constatons qu’en dehors des soirées soufies et du musée Batha, les gens manquent de respect à la place Bab Makina. Les GSM qui sonnent et les causeries de certains spectateurs dérangent les vrais fans de cette musique. - Ne voyez-vous pas que le festival tel qu’il a été organisé cherche à attirer du monde plutôt que de garder les aspects de sacralité et de respect?- L’aspect sacré se trouve à Dar Tazi, avec les soirées soufies, et au musée Batha. Il existe aussi à Bab Makina, à l’ouverture et en milieu de semaine. Et nous essayons de respecter cet aspect. En même temps, pour attirer les spectateurs marocains, il fallait amener des vedettes arabes. Donc, nous étions obligés de programmer des artistes de renom à l’image de Kadhem Saher, Sabah Fakhri... Nous constatons que cela a beaucoup d’effet. Et c’est la raison pour laquelle ces concerts sont donnés à Bab Boujloud. Là-bas, les gens se défoulent et on leur offre des spectacles gratuits de musique populaire.- Qu’en est-il de l’activité touristique?- Il y a eu une croissance des flux. Nous l’avons constaté depuis novembre 2003. Entre 2003 et fin 2004, il y a eu une augmentation de l’ordre de 20% que ce soit au niveau de la fréquentation ou de l’occupation et la durée moyenne de séjour (DMS). Celle-ci s’est rallongée. C’est dû, en grande partie, à la densification du transport aérien. Avant, nous étions presque enclavés. La ville a renoué avec la croissance grâce aussi aux maisons d’hôtes. Les touristes y restent plusieurs jours. Durant les six premiers mois de l’année en cours, près de 200.000 visiteurs ont visité la ville. Nous sommes à +18% de nuitées par rapport à 2004 et +38% par rapport à 2003. Donc, nous sommes en plein développement. Ce n’est pas gagné d’avance. Mais notre produit est en train de se repositionner. La durée moyenne de séjour est passée de 1,6 à 2,3 nuits par visiteur. Fès, qui était une ville de passage, commence à devenir une ville de séjour.- Le moment est-il opportun pour investir dans l’animation?- Tout a été fait pour que Fès devienne une ville de séjour avec une DMS de 3 voire 4 nuits. Quand elle y arriverait, ce serait une révolution à l’instar de Marrakech. Les investisseurs mettraient le paquet. Nous aurons beaucoup d’animations qui se créeront autour de la médina et ses remparts. Actuellement, pendant le festival, même les restaurants qui ne marchent pas d’habitude sont pleins. Tous les endroits deviennent animés. Ceci nous donne un aperçu sur le quotidien d’une ville de séjour. Je crois qu’il faut développer l’hôtellerie proche de la médina, les riads et renforcer la capacité d’accueil. Il faut créer la nouvelle zone touristique de Ouislane. Le séjour entraînera certainement un besoin d’animation.Propos recueillis parYouness SAAD ALAMI               

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