Régions

Essaouira veut son université

Par | Edition N°:3514 Le 22/04/2011 | Partager
L’Ecole supérieure de technologie amène le débat
De plus en plus d’étudiants souiris

Cette année, l’Ecole supérieure de technologie, rattachée à l’Université Cadi Ayyad de Marrakech, a organisé ses premières journées portes ouvertes à Essaouira

«Essaouira mérite son université»...Cette question est revenue plusieurs fois au cœur des débats de l’Université conviviale de janvier dernier. Si aujourd’hui Essaouira n’est pas dotée d’un complexe universitaire, l’Ecole supérieure de technologie (EST), rattachée à l’Université Cadi Ayyad de Marrakech, est déjà présente dans la cité des Alizés, et ce, depuis 2005. Le directeur de l’EST Essaouira (ESTE), qui a récemment pris ses fonctions, compte bien promouvoir son établissement auprès de la population souirie, le faire gagner en visibilité et insuffler un «esprit universitaire à Essaouira». Il a, en ce sens, le soutien de l’Université Cadi Ayyad. «La présence de l’enseignement supérieur à Essaouira représente une opportunité et des retombées bénéfiques multiples», indique Blaid Bougadir, directeur de l’ESTE. En effet, l’établissement permet de développer l’offre de formation, de fixer les meilleurs bacheliers dans la région, mais aussi de favoriser le développement d’une «population estudiantine qui ne manque pas d’avoir quelque influence sur le tissu social et culturel de la cité». Sans oublier un impact économique, avec la prolifération de services destinés aux étudiants (restauration, librairie-papeterie…) autour de l’école.
Pour gagner en visibilité, l’ESTE a récemment organisé la première édition de ses journées portes ouvertes. Autre axe stratégique, l’agrandissement, par étapes, de l’établissement. Du côté des équipements pédagogiques, un programme de nouvelles acquisitions a été réalisé. De plus, trois millions de DH seront investis d’ici juillet prochain pour mettre à niveau l’établissement. Par ailleurs, les filières de formation vont passer à cinq l’année prochaine. Outre les filières existantes «génie informatique», «techniques de management» et «animation et gestion touristiques», deux DUT en «métiers du web» et en «réseaux informatiques et télécommunications» seront organisés.
Au niveau du recrutement des étudiants, pour cette année scolaire 2010-2011, la direction a plus que doublé l’effectif des étudiants. «En 2009-2010, il y avait 30 étudiants par filière. Cette année, on a porté le nombre d’étudiants à 80 par filière», souligne Bougadir. Il faut souligner que l’ESTE est un «établissement à accès régulé», c’est-à-dire que le nombre de places est limité et qu’elles sont réservées aux meilleurs élèves classés selon leurs résultats au baccalauréat. Les étudiants viennent de pas moins de 26 villes du Maroc, mais cette année, le nombre de Souiris a augmenté de manière significative. Par genre, les filles constituent 60% de l’effectif. «Les filles viennent majoritairement d’Essaouira. Probablement que celles qui réussissent le bac restent dans la ville, tandis que les garçons se déplacent dans d’autres villes pour suivre leurs études», explique le directeur de l’ESTE. Quant au corps professoral et autres encadrants administratifs, leur nombre est passé de 18 l’année passée à 27 en 2010-2011.
Le pôle «recherche» est actuellement limité à de la recherche individuelle, mais les choses vont probablement changer. Un projet de laboratoire de recherche sur l’environnement littoral est en cours d’accréditation. «C’est une autre façon de drainer les jeunes chercheurs pour préparer leur doctorat sur des thématiques en adéquation avec les besoins de la province d’Essaouira», explique Bougadir. La direction veut attaquer les sujets d’actualité et sensibles pour la région, en organisant des séminaires et colloques nationaux et internationaux sur des thématiques comme la gestion des déchets solides, l’aménagement du territoire, la préservation des monuments, la régionalisation… «La vocation de l’université est justement de réussir à créer le débat», souligne le directeur.


Masters pour les cadres


L’ESTE compte mettre en place, l’année prochaine, la formation continue. Concrètement, il s’agit d’organiser des licences et des masters pour les cadres des entreprises et du service public d’Essaouira. «Comme il n’y pas d’écoles privées à Essaouira, l’université peut combler en partie ce manque. Nous avons déjà des demandes pour ce type de masters», souligne Bougadir. Il s’agirait d’une licence professionnelle (bac+3) en «informatique de gestion d’entreprise», un master professionnel (bac+5) en «systèmes d’aide à la décision», un master professionnel en «systèmes d’information, gestion et management d’entreprises» et un master professionnel en «systèmes d’information et logiciels». L’ESTE se dit également prête à répondre à toute demande de formation spécifique qualifiante de moyenne ou courte durée.


De notre correspondante,
Marie-Noëlle RASSON

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