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dimanche 20 avril 2014,
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Emploi & Carrière
L’OCP démine son régime de retraite

   
. Pour 30 milliards de dirhams, les pensions des phosphatiers sont transférées au RCAR. 28.500 retraités contre 16.000 actifs CE n’est plus qu’une question de temps avant que la Caisse interne de retraite de l’Office chérifien de phosphate (OCP) ne soit transférée au Régime collectif d’allocation de retraite (RCAR). Les deux parties sont finalement parvenues à un accord sur le ticket d’entrée: près de 30 milliards de dirhams. Le coût du transfert est lourd mais c’est le prix à payer pour préserver l’équilibre actuariel. Le RCAR devant sauvegarder les droits acquis des salariés et assurer l’équité du coût d’intégration. Une partie de cette enveloppe pourrait être financée par un emprunt obligataire. Mais rien n’est encore tranché. Le projet de transfert est aujourd’hui à sa phase finale: les modalités techniques sont définies, les études actuarielles terminées, le système d’information mis au point ainsi que les procédures de prise en charge par le RCAR. Du côté de l’OCP, l’on assure aussi que les partenaires sociaux et les représentants des retraités ont adhéré au projet. Le groupe a dû faire quelques concessions pour lever quelques inquiétudes dans la maison. Les droits acquis avant et après l’intégration au Régime collectif d’allocation de retraite seront préservés. La détérioration du coefficient démographique était telle que c’est la pension des milliers d’agents de l’Office qui était menacée à terme. En face de 28.500 retraités, le nombre d’actifs (cotisants) à la caisse de retraite du groupe est aujourd’hui de 16.000. La caisse interne de retraite était une bombe prête à exploser à tout moment. L’évolution des actifs affiliés au régime a marqué un trend baissier dès le début des années 90 et ce, en raison des départs à la retraite et de la fermeture des mines souterraines. D’où l’urgence du traitement de ce dossier. D’autant que cette caisse a toujours servi des prestations sociales supérieures à celles dispensées par le régime général. Ce régime règle annuellement un montant de pension de l’ordre d’un milliard de dirhams.Fondée sur la capitalisation collective, la CIR est financée par les cotisations salariales et patronales et par les produits de capitalisation de ses fonds. C’est un régime à prestations définies et additives en droit. Par exemple, cette caisse accorde des majorations de pension de 3,5% par enfant dans la limite d’un plafond de 10% au moment du départ à la retraite. Les titulaires de pension ont également droit aux allocations familiales, mais comme un même enfant ne peut ouvrir droit en même temps aux allocations familiales et aux majorations de pension, la situation la plus favorable est appliquée. Depuis 2001, l’OCP, dans une tentative de «viabiliser» son régime, a mis en place un programme de «maîtrise stratégique». D’abord, le groupe a fermé son régime interne à tout nouvel avantage et à toute nouvelle affiliation. Actuellement, il assure la pension de 28.500 pensionnés et compte 16.000 affiliés actifs. Quant aux nouvelles recrues, elles sont affiliées directement au RCAR. L’âge de départ à la retraite a été retardé de 5 à 6 années. Au lieu de 50 et 55 ans, le personnel de l’Office part à la retraite à partir de 55 et 60 ans. L’aberration de l’ancien «système» était de permettre à des «bureaucrates» de partir à la retraite à 55 ans. Les taux de cotisation salariale et patronale ont également été augmentés. Mais l’adhésion à cette «réforme» était facultative pour le personnel en activité à fin 2000.Face aux problèmes des caisses internes de retraite, le gouvernement a privilégié l’option du transfert des caisses internes à des professionnels. Celles-ci étant devenues de véritables boulets surtout avec la réduction des recrutements et le vieillissement des actifs. De plus, l’Etat et par conséquent le contribuable ne peuvent jouer le rôle de pompiers en dernier recours. En 2002, l’ONCF avait ouvert le bal en déboursant 5,84 milliards de DH, suivi de la Régie des Tabacs en 2003, moyennant une enveloppe de 3,43 milliards de DH et 2,5 milliards de dirhams en 2004 pour Lydec. Reste le régime de l’Office national de l’électricité dont le dossier est toujours à l’étude. C’est aussi une bombe à retardement. Khadija MASMOUDI