Affaires

El Jadida: Le centre d’hémodialyse à l’agonie

Par L'Economiste | Edition N°:2001 Le 15/04/2005 | Partager

. Sur les 12 générateurs de dialyse, 3 seulement en bon état technique. 28 patients traités actuellement contre 42 auparavantLe centre d’hémodialyse Chouaïb Doukkali est situé dans l’enceinte même de l’hôpital provincial Mohammed V de la ville. En 1999, l’Association des Doukkala avait restauré et réaménagé le centre en équipement moderne. Il est depuis réservé pour la prise en charge gracieuse de malades de condition modeste et qui sont en stade terminal de l’insuffisance rénale chronique. De plus, les malades bénéficient gratuitement de la transfusion sanguine et de l’analyse médicale. L’inauguration avait fait l’événement au niveau de la région. La cérémonie, présidée par le ministre de la Santé publique, avait été suivie de la signature d’une convention entre le ministère, l’Association des Doukkala et l’Association Chouaïb Doukkali. Cette dernière est chargée de la gestion financière du centre composé de 3 salles de dialyse d’une capacité de 10 lits et d’une salle de traitement d’eau. Après des années d’utilisation l’état des équipements s’est sérieusement dégradé. Les neuf appareils de marque japonaise “Kawasumi Bio 2000 ” sont ou hors d’usage ou présentent des problèmes de fonctionnement», explique Dr Abdellatif Guismi, vice-président de l’Association Chouaîb Doukkali. Et pour cause, les pièces de rechange pour cette marque sont devenues introuvables sur le marché. Le centre dispose actuellement de seulement 3 générateurs de dialyse de marque “Nipro” en bon état technique. Ces appareils, relativement plus récents, ont été offerts par le Conseil de région en 2003. Depuis la création du centre, 60 malades chroniques ont bénéficié d’une prise en charge par le service. Actuellement, 28 sont en dialyse périodique, à raison de 2 séances par semaine et par malade. Soit un total de 280 séances par mois. Le coût de chaque séance en 2004 est de 243 DH en moyenne. «Nous avions atteint un pic de 45 malades en 2002», relate un responsable paramédical. En effet, chaque patient a besoin de 2 séances par semaine d’une durée d’au moins 5 heures chacune, sachant que chaque malade est pris en charge à vie par l’association. «Le traitement est assuré, mais aucune guérison complète n’est possible», ajoute-t-il. Ce qui n’est pas le cas des dialyses aiguës. 51 malades ont transité par le service pour hémodialyse aiguë pour différentes pathologies. Entre la dialyse chronique et la dialyse aiguë, le centre a réalisé environ 4.000 séances par an avec l’utilisation d’autant de kits de dialyse. Le centre assure aussi une prise en charge des différentes pathologies néphrologiques en service hospitalier et ambulatoire. Cependant, les besoins du centre commencent à devenir de plus en plus accrus. Les différentes analyses périodiques faites au niveau de la salle d’eau, ont montré que la qualité de l’eau osmosée utilisée pour la dialyse n’est plus conforme aux normes requises. En février 2005, une panne s’était déclarée au niveau de la pompe d’osmoseur qui a été remplacée par une pièce d’occasion en attendant un nouvel appareil. Pendant ce temps, le nombre des malades nécessiteux ne cesse d’augmenter. L’Association Chouaîb Doukkali vient de tenir son assemblée générale. La situation financière du centre est alarmante: au 16 mars 2005, 622.616,32 DH étaient en défaut de paiement. Les dépenses actuelles dépassent les différents dons et contributions reçus de l’association des Doukkala et des associations des œuvres sociales. Le Conseil a décidé de solliciter à nouveau les donateurs afin éponger les dettes et traiter une cinquantaine de malades. «On avait pensé que les grosses entreprises industrielles agricoles et commerciales qui tirent leur profit de la région viendraient en aide au centre mais en vain», regrette Abdelkrim Bencherki, président de l’Association des Doukkala. Il explique que la prise en charge des malades en phase terminale de l’insuffisance rénale ne reste, malgré tout, qu’une alternative mais elle est indispensable. Et la liste d’attente qui compte 160 malades indigents ne cesse de s’agrandir. Ils attendent dans la souffrance la “vacation” d’un poste. En clair, le décès d’un patient pris en charge. Pour éviter cela, la greffe constitue une meilleure solution. Or, cette pratique, très rentable, demeure très rare pour des raisons morales, sociales et juridiques. L’absence de réglementation et de sensibilisation engendre beaucoup de préjugés autour de la greffe de rein. Pourtant, dans de nombreux pays, c’est un acte banal aux bénéfices importants pour le patient et la Santé publique.


Plan de sauvetage

Le centre est géré par un médecin néphrologue de la Santé publique. Le personnel paramédical est composé de neuf infirmiers formés en hémodialyse. Durant l’exercice octobre 1999 jusqu’en décembre 2004, le centre a reçu 60 malades chroniques et 51 aigus. Il a effectué un total de 18.567 séances d’hémodialyse, dont 151 aiguës. En 2004, il a été consommé un total de 3.221 kits en moyenne à raison de 268 kits par mois. Un plan d’urgence est nécessaire pour sauver le centre. La vie de centaines d’insuffisants rénaux en dépend. De notre correspondantMohamed Ramdani

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