Culture

El Glaoui: Hommage à 60 ans de création

Par L'Economiste | Edition N°:3294 Le 09/06/2010 | Partager

. Une première exposition privée de AWB du 2 au 5 juin derniers . La banque possède une vingtaine d’œuvres de l’artiste UNE exposition de Hassan El Glaoui s’est tenue du 2 au 5 juin derniers au siège du groupe Attijariwafa bank à Casablanca. Une réception privée a été donnée à cette occasion, en présence de l’artiste, âgé aujourd’hui de 87 ans. L’exposition était ouverte aux invités de la banque. Comme l’indique Ghita Triki, directrice de la fondation Actua et commissaire de l’exposition, 38 œuvres étaient exposées, dont 10 appartiennent à la collection privée du groupe Attijariwafa bank. Au total, l’institution en possède une bonne vingtaine sur le thème des chevaux et de la fantasia. Les autres œuvres exposées proviennent de la collection personnelle de l’artiste et représentent des scènes de chevaux mais aussi des portraits de famille, des natures mortes et des paysages. Cette même exposition se déplacera du 9 au 13 juin prochains au palais Jamaï à Fès, où elle sera accessible au grand public. «Pour octobre, novembre et décembre prochains, nous préparons aussi une exposition élargie, avec des animations pour adultes et enfants, des travaux de sensibilisation sur l’oeuvre de l’artiste et un colloque. Il s’agira d’un évènement à caractère pédagogique et historique», souligne Ghita Triki. Cette future exposition rétrospective s’intitulera «Hassan El Glaoui, 60 ans de peinture» et reviendra sur le parcours de ce peintre, qui compte parmi les figures majeures de l’art au Maroc. Au cours de sa vie, Hassan El Glaoui a beaucoup peint des scènes cavalières et de fantasia, mais aussi des paysages et des natures mortes. Ce sont des scènes qui lui rappellent son enfance et son adolescence. Vers l’âge de neuf ans environ, il avait acheté avec son propre argent de poche un cheval auquel il vouait une véritable passion, ce qui a certainement influé sur son choix de peindre les chevaux et la fantasia. En fait, il a peint le cheval comme un animal spectaculaire, qui dégage une impression de grandeur, de noblesse, de force, de charme et de fierté. Avec talent et passion, l’artiste décrit et raconte des scènes qu’il a vues et vécues. Systématiquement, il fait référence au patrimoine artistique marocain. C’est donc un peintre de la mémoire et de l’histoire. Ses œuvres, rares, se vendent cher. Ainsi, à la fin de l’année dernière, lors d’une vente aux enchères à la CMOOA à Casablanca, deux œuvres d’El Glaoui ont été vendues à 1,38 million et 1,02 million. L’un représente une fantasia devant les remparts de Marrakech et l’autre une sortie du sultan. Né en 1923 à Marrakech, Hassan El Glaoui est le fils d’une des plus grandes familles marocaines originaires du sud du pays. Son père, c’est Hadj Thami El Glaoui, ancien pacha de Marrakech, et sa mère, Lalla Zineb, fille du vizir Mokri, une puissante famille connue pour son influence dans le monde des lettres et de la politique au Maroc. Dès son adolescence, Hassan El Glaoui s’éprend de l’art sous toutes ses formes. Il peint d’abord en secret à Marrakech car son père le destinait à une carrière dans l’administration des biens de la famille. C’est la visite du General Conrad Goodyear, fondateur du Musée d’Art Moderne de New York (MOMA), qui va changer son destin. Ce dernier découvre ses peintures avec enthousiasme et encourage Hadj Thami El Glaoui à laisser son fils Hassan poursuivre sa passion. Winston Churchill influera aussi auprès du Hadj pour que Hassan puisse se consacrer à sa passion.En 1952, Hassan El Glaoui part donc à Paris, où il s’inscrit au cours de dessin de Souverbie, professeur de Beaux-arts. Ce sera le début d’une longue période d’inspiration foisonnante et productive. Parrainé par Emilie Charmy, peintre très célèbre, il devient son élève et apprend auprès d’elle la technique de la peinture à huile. Ils resteront amis pendant ses 15 années de vie parisienne. Pendant cette période, il baigne dans l’atmosphère coloniale où se succèdent de nombreux peintres comme Raoul Dufy, invité à peindre le salon de la casbah de Telouet en 1926, Edy-Legrand, Majorelle…Très vite, El Glaoui est apprécié pour son style original et ses oeuvres font l’objet d’expositions dans les galeries les plus prestigieuses de Paris, Londres, New York et Bruxelles. Ses tableaux figurent dans les collections privées les plus célèbres du monde. En 1965, Hassan El Glaoui rentre définitivement au Maroc où il expose pour la première fois à Casablanca et Rabat mais continue ses voyages à l’étranger. A partir de là, son succès ne cesse de grandir, et il devient un artiste majeur de sa génération et de l’art arabo-musulman.Nadia BELKHAYAT

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