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Ecoles primaires de la Mission Culturelle Française : Forte demande et capacité d'accueil réduite

Par L'Economiste | Edition N°:144 Le 08/09/1994 | Partager

Fini les devoirs à la maison. C'est l'innovation de la rentrée des écoles primaires de la M.C.F. Les Marocains continuent de se presser pour des places limitées.

Pour les élèves de la Mission Culturelle Française, la rentrée a lieu le 8 septembre. 7.900 inscrits en 1993 ; cette année leur effectif sera à peu près le même avec, approximativement, 65% de Marocains, 31,8% de Français, 3,2% d'étrangers tiers (non-Français et non-Marocains). La vocation des écoles françaises dans les pays étrangers est de scolariser les enfants des Français résidant dans ces pays. "Mais les liens culturels et historiques unissant la France et le Maroc font que par tradition les établissements scolaires français au Maroc ont toujours reçu beaucoup d'élèves marocains", déclare Mme Caroline Aymard, inspectrice de la MCF. Durant les 2 décennies après l'indépendance, la demande demeurait faible, du fait de l'engouement que suscitait alors l'enseignement en langue arabe. Mais à partir des années 80 la situation se renverse, la demande marocaine pour l'enseignement français ne cesse de croître, alors que la capacité d'accueil de ce dernier se réduit, par la fermeture d'écoles de certaines villes où il n'y avait plus de public français. Résultat : chaque année des centaines d'enfants marocains se voient refuser l'accès aux écoles de la MCF. De même, les frais de scolarité ne sont plus accessibles à tout le monde : cette année ils s'élèvent à 5.880DH par an pour les classes maternelles, 4.480DH par an pour les classes élémentaires (du CP au CM2).

Aujourd'hui la structure globale d'accueil de l'enseignement primaire de la MCF est de 18 écoles avec au total 290 classes (maternelles comprises). Après les admis de droit (Français, Européens), et les "prioritaires" (venant d'écoles françaises homologuées), le nombre de places restant est ouvert sur concours aux enfants marocains ou étrangers non-européens.

L'enseignement primaire est celui de la formation de base. Quoique la formation soit devenue un processus permanent tout au long de la vie, cette formation initiale reste capitale. Plus elle sera de bonne qualité, plus les autres étapes de la formation le seront aussi. "Les fondements de l'enseignement primaire sont d'apprendre à lire, à compter et à travailler mais aussi de développer chez l'enfant le sens autodidacte, au sens positif du terme : il faut qu'il acquière la capacité de pouvoir en partie se former lui-même, d'organiser de nouvelles connaissances par lui-même". Les méthodes pédagogiques de l'enseignement de la MCF découlent de la politique de l'éducation nationale française, tout en étant adaptées au contexte local de chaque établissement. "De manière générale, nous tentons d'adapter l'enseignement à la diversité des enfants, de leurs capacités, de leurs rythmes d'apprentissage, ce que l'on désigne par le terme de psychologie différenciée".

L'enseignement est organisé en 3 cycles de 3 ans : le cycle des apprentissages premiers, pour les enfants âgés de 2 à 5 ans, le cycle des apprentissages fondamentaux, pour les 5 à 8 ans, et le cycle des approfondissements, pour les 8 à 11 ans. La progression de l'apprentissage doit s'effectuer en courbe ascendante continue et non par saut d'un palier au suivant.

De cette manière, l'enfant peut éventuellement accélérer ses progrès dans certains domaines, les ralentir dans d'autres, ce qui correspond à son évolution naturelle. Tel est l'esprit de la grande réforme de 1990-1991.

Par ailleurs, à partir de programmes précis, l'enseignement est axé sur des objectifs de compétences. L'objectif "apprendre à apprendre" permet d'élaborer des concepts d'espace et de temps et des concepts méthodologiques, de savoir utiliser sa mémoire, résoudre des problèmes. Les compétences d'ordre "transversal" sont relatives au comportement, à la socialisation, à la construction de la personnalité, à l'acquisition de l'autonomie, au désir de connaître et d'apprendre. D'autres compétences sont d'ordre disciplinaire. L'enseignement dispensé à l'école doit amplement suffire à l'enfant, règle réaffirmée par les récentes déclarations du ministre français de l'Education Nationale. "Nous ne demandons aux élèves que quelques exercices d'application ou de mémorisation à la maison qui ne prennent pas plus d'un quart d'heure pour les petits, pas plus d'une demi-heure pour les grands", explique Mme Aymard. De nouvelles normes devant entrer en vigueur à partir de l'année prochaine consignent que les devoirs devront être accomplis pendant une demi-heure prise sur le temps scolaire. La MCF a, ces dernières années, renforcé les cours de langue arabe. L'arabe classique est obligatoire pour les arabophones à partir du CP à raison de 5h par semaine jusqu'au CM2. Pour les autres, c'est l'arabe dialectal qui est obligatoire à partir du CE2, pour une proportion de 5h par semaine aussi.

Bouchra LAHBABI

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