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dimanche 20 avril 2014,
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Daewoo menace de fermer sa dernière usine en France

   
. Les employés de l'usine de la Lorraine, en grève, lancent un ultimatum au gouvernement. Ils demandent la revalorisation de leurs indemnités de départ d'ici demain 8 janvier. Sinon, ils déverseront les produits chimiques de l'usine dans le fleuve mitoyen Des centaines de tubes cathodiques défectueux barrent l'entrée de l'usine. Des traces de brasier témoignent d'une occupation nocturne. Samedi matin, environ 200 des 550 salariés de l'usine Daewoo Orion de Mont-Saint-Martin, près de Longwy, réunis en assemblée générale, ont décidé la “radicalisation” de leur mouvement et la poursuite de l'occupation du site entamée deux jours plus tôt. Ils ont lancé un “ultimatum”, fixé au 8 janvier à minuit: si d'ici là, assurent les syndicats CGT, FO et CFTC, les pouvoirs publics n'ont pas signé un “accord préventif” les engageant à mettre en oeuvre “une convention sociale allant au-delà des minimums légaux et conventionnels en termes d'indemnités de rupture et de reclassement” en cas de liquidation judiciaire de l'usine, les salariés “déverseront dans la Chiers (un affluent de la Meuse qui coule à proximité du site) les produits chimiques (acide fluorhydrique, plomb, carbone…)” stockés dans l'entreprise. Comme les salariés de Cellatex, une filature basée à Givet (Ardennes) qui, en été 2000, avaient déversé de l'acide sulfurique dans la Meuse pour protester contre la mise en liquidation de l'entreprise textile. “L'Etat et les élus ont bien su trouver les fonds publics pour faire venir Daewoo en Lorraine, qu'ils se débrouillent pour aider aujourd'hui les salariés sur le carreau”, tranche Isabelle Banny, secrétaire générale de la CGT du bassin de Longwy. La CFDT, mise en minorité lors de l'assemblée générale des personnels, s'est désolidarisée du mouvement d'occupation, appelant à une manifestation à Longwy le 8 janvier.Le 9 janvier, le tribunal de commerce de Briey doit décider d'une éventuelle liquidation de Daewoo Orion, où sont fabriqués des tubes cathodiques pour téléviseurs. Deux des trois usines du groupe sud-coréen implanté en Lorraine à la fin des années 80 ont déjà fermé.Le sort de la troisième, à Mont-Saint-Martin, paraît d'autant plus incertain qu'elle est lourdement endettée. Elle doit notamment 3,479 millions d'euros à l'Urssaf, qui a fait procéder début décembre à une saisie de 807.000 euros, le constructeur ne respectant pas les échéances négociées de l'étalement de la dette.Simultanément, la Société Générale faisait procéder à une saisie de près de 20 millions d'euros, la maison mère de Daewoo n'ayant pas renouvelé sa caution bancaire de 4 millions. “C'est bien la preuve qu'ils ne veulent plus de nous”, soupire un salarié. Alors, en attendant l'expiration de leur “ultimatum”, les grévistes programment des “opérations coups de poing”.Ce samedi matin, c'est sous une neige abondante qu'une trentaine d'entre eux ont occupé un rond-point menant à la frontière du Luxembourg. Dans l'assemblée, des hommes plutôt jeunes.Pour beaucoup, ils vivent leur premier conflit social et ont moins de deux ans d'ancienneté dans l'entreprise –le turn-over est ici de près de 40%. Les mots les plus durs sont à l'encontre du gouvernement. “Pour Lunéville, ils ont réagi en 24 heures et il y a un ministre qui se déplace(1). Mais pour nous, rien!” s'emporte un homme qui fait, dit-il, “220 kilomètres tous les jours” pour venir travailler. Un autre, un an et demi d'ancienneté: “Pareil pour la marée noire. Ils payent pour le nettoyage de plages, mais pour 550 salariés sur le carreau, ils ne bougent pas”. Un troisième approuve: “On le voit bien que de la tune, il y en a”. Une jeune femme s'interroge: “Moi, ici, je gagne le Smic, mais je suis bien contente d'avoir ça. Si on ferme, je vais aller où? Pour travailler au Luxembourg, il faut le permis de conduire, des diplômes, tout ça…” A l'usine, livrée aux salariés depuis la séquestration, fin décembre, de plusieurs dirigeants, les nouvelles sont arrivées ce samedi matin, par la poste. Chaque employé a reçu une lettre-circulaire signée du directeur des Ressources humaines indiquant que la reprise n'aurait pas lieu le 4 janvier comme prévu, qu'en tout état de cause, l'activité ne reprendrait pas avant le 12 janvier, et qu'il était inutile d'ici là de se rendre à l'usine.Nicole Gauthier Syndication L'Economiste-Libération (France)(1) Dans le même département, le château de Lunéville a été ravagé par un incendie dans la nuit de jeudi à vendredi. Le ministre de la Culture s'est rendu sur place et a promis l'aide de l'Etat.