fermer
Accueil

L'économiste, le premier quotidien économique au Maroc

lundi 01 septembre 2014,
En cours de chargement ...
Votre newsletter

Comment “Bretton Woods” a consacré le dollar

   
. Ratifiés en 1944, ces accords ont instauré les bases du système monétaire international. En 1971, la convertibilité du dollar en or est suspendue
Conclus le 22 juillet 1944 (New Hampshire, Etats-Unis), entre les quarante-quatre pays alors membres de l'ONU (sans l'Allemagne et le Japon), puis ratifiés par les Parlements nationaux (à l'exception de l'URSS et des pays du bloc socialiste), les accords de Bretton Woods ont jeté les bases du système monétaire international (SMI). Celui-ci a fonctionné jusqu'en 1971, créant l'“étalon de change-or”, où le dollar a servi de monnaie de réserve à l'égal de l'or.Le Gold Exchange Standard a remplacé le système de l'étalon de change-or en vigueur jusque dans les années 1930. L'or y conservait sa place de principale valeur de réserve et de référence pour le calcul des parités des monnaies. Mais le nouveau système conférait le même rôle au dollar, dont la valeur était définie par rapport à l'or: 1 once d'or valait 35 dollars. Le Gold Exchange Standard prévoyait la libre convertibilité des monnaies, dont les parités de change ne pouvaient varier que dans d'étroites limites. En revanche, les monnaies n'étaient plus convertibles en or, excepté le dollar, et les réserves monétaires internationales devaient être constituées en devises. Enfin, les pays membres étaient tenus d'adopter des politiques économiques garantissant l'équilibre de leur balance des paiements. En effet, en faisant du dollar la seule monnaie convertible en or, le Gold Exchange Standard consacrait l'hégémonie de la devise et de l'économie américaine. Les réactions à cette situation suscitèrent, à la fin des années 1950, diverses crises financières qui accélérèrent la débâcle du système de Bretton Woods. La décision américaine de supprimer la convertibilité du dollar en or, en 1971, marqua la fin de ce système qui reposait sur la stabilité des cours de changes et des marchés de devises libres. Celui-ci fut remplacé, en janvier 1976, par un nouveau système issu des accords de la Jamaïque, qui conféra à l'unité de valeur des DTS (Droits des Tirages Spéciaux) la place du dollar comme unité de compte du FMI, et la place de l'or dans la définition des unités monétaires nationales.Visant à rétablir un ordre monétaire international détruit depuis septembre 1931, les accords de Bretton Woods en 1944 ont également élaboré les chartes du Fonds Monétaire International (FMI) et de la Banque Internationale pour la Reconstruction et le Développement (BIRD) (devenue filiale de la Banque Mondiale), consacrant ainsi la suprématie des Etats-Unis. Le FMI a commencé ses opérations en mars 1947, alors que la BIRD est entrée en activité en juin 1946. Leur rôle évolua considérablement, et ces organismes, connus comme “institutions de Bretton Woods”, ont survécu à la faillite du système lui-même.Même si l'objectif probable des architectes de Bretton Woods était de rendre les politiques nationales autonomes, une asymétrie de fait s'est rapidement instaurée entre le dollar et les autres devises. Dans les années 60, différents facteurs sont venus progressivement ébranler le système: le déficit de la balance courante américaine, le rattrapage des pays européens remettant en cause le leadership des Etats-Unis et l'émergence des pays du tiers-monde, qui avaient été largement oubliés dans les accords initiaux. Avocats de la stabilité des changes au moment des accords de Bretton Woods, les Etats-Unis sont devenus après 1973 partisans du flottement des monnaies. La mise en flottement du dollar en 1973 s'est accompagnée d'un engagement sur un nouveau cycle de négociations du GATT, le Tokyo round, et de la création d'un comité des Vingt chargé de construire un régime de changes «stables mais ajustables«. Le choc pétrolier de 1973, par son ampleur, a rendu cette dernière tâche impossible et a contribué à la généralisation des changes flottants. L'amendement de 1976 aux statuts du FMI rend les accords de Bretton Woods très imprécis sur la question des changes en préconisant «un régime stable de changes«… et non plus un régime de changes stables. Dans les années 80, la crise de la dette des pays en voie de développement, puis la mutation économique de l'Europe de l'Est et de la Russie, ont une nouvelle fois contraint les institutions de Bretton Woods à s'adapter. Cependant, trois lacunes persistent: la coordination n'est pas encore assez développée pour se substituer au leadership d'un seul pays; elle est rendue plus difficile par les divergences entre les pays quant à leurs orientations internes; l'évolution du système de Bretton Woods n'a que partiellement comblé les lacunes initiales à l'égard des problèmes du développement.
Rôle de veille

C'est une mission de veille et de surveillance qui est dévolue au FMI. Elle consiste à évaluer les politiques de change de ses membres dans le cadre d'une analyse approfondie de la situation économique globale et des politiques menées par chaque pays membre. Pour s'acquitter de sa mission de surveillance, le FMI dispose de plusieurs instruments. Il s'agit notamment des consultations bilatérales annuelles avec les divers pays membres, des accords de précaution, de la surveillance accentuée et du suivi postérieur aux programmes, qui permettent de fournir aux pays membres des analyses détaillées et des conseils hors du contexte des programmes soutenus par le Fonds. Radia LAHLOU