Politique Internationale

Cinéma : Le Grand Pardon II : Deux pieds-noirs en Floride

Par | Edition N°:150 Le 20/10/1994 | Partager

Comme pour "Le Parrain", la saga Bettoun a une suite. Alexandre Arcady a tourné aux Etats-Unis la réussite américaine du fils prodige (Richard Berry). L'action du "Grand pardon II" (projeté dans le cadre du cycle du cinéma français) se déroule 10 ans après la fin du premier film, qui s'achevait sur l'emprisonnement de Ray Bettoun (Roger Hanin). Deux jours après sa sortie de prison, Raymond se retrouve à Miami où son fils Maurice (Richard Berry) s'est installé avec le reste de la famille. Le film commence avec la réception (bar-mitsva) d'Alexandre Bettoun. Une séquence clin d'oeil qui rappelle la circoncision qui ouvrait le premier film.

Raymond est fier de constater que son fils a aussi bien réussi en devenant un banquier riche et respecté.

Pourtant, l'atavisme des Bettoun n'a pas quitté le sang de Maurice. Il voit grand et ambitionne d'acheter une île au large de Miami afin d'y construire le plus beau casino des Caraïbes. Mais le financement est lourd et, s'il ne franchit pas lui-même la ligne qui le sépare de la malhonnêteté, ceux qui travaillent pour lui le font à sa place.

Raymond Bettoun découvre vite un dangereux réseau de blanchiment d'argent issu de la drogue. Une véritable insulte pour la famille... L'ancien "Parrain" devra sortir de sa retraite pour laver lui-même l'honneur des Bettoun.

Roger Hanin imprègne de sa présence mythique le film dans le rôle du gangster-justicier. De son côté, Maurice (Richard Berry) est un homme qui, comme beaucoup de fils d'immigrés, a gardé en lui la honte de ses racines. Il a fait des études; c'est un homme intelligent qui tient à se démarquer de l'image paternelle, à la fois dans son travail et dans son mode de vie. Mais ce qui va mener Maurice à sa perte, c'est, une fois de plus, son père. Après s'être acharné dix ans durant à prouver qu'il pouvait réussir sans son père, et à démontrer que le nom des Bettoun avait quitté la une des faits divers pour celles des pages boursières. Pour le décor, le metteur en scène a choisi Miami. C'est la violence propre aux grands thèmes policiers, l'affrontement et le choc des cultures et de races où se mêlent Cubains, Portoricains, Haïtiens, Noirs et Blancs. Le soleil et l'atmosphère tropicale de la ville la plus méditerranéenne des Etats-Unis rappellent une certaine douceur de vivre que les pieds noirs ont bien connue. Le film est toutefois l'anti-"Deux flics à Miami", célèbre feuilleton qui a immortalisé sur le petit écran les couleurs pastel de la Floride.

Meriem OUDGHIRI

  • SUIVEZ-NOUS:

  • Assabah
  • Atlantic Radio
  • Eco-Medias
  • Ecoprint
  • Esjc