Culture

Cinéma: Un regard nouveau sur l’immigration

Par L'Economiste | Edition N°:2126 Le 10/10/2005 | Partager

. L’avant-première de «Il était une fois dans l’oued» . Il traite de l’immigration et raconte le retour au bledLe Franco-Algérien Djamel Bensalah a présenté devant un public venu nombreux au Megarama son troisième et dernier film, «Il était une fois dans l’oued», à l’occasion de l’avant-première jeudi dernier. Le film sortira simultanément dans les salles algériennes et marocaines dès demain; il sera diffusé en France dans une semaine. D’un genre comique, le film met en scène une série de gags amusants sur fond de tubes musicaux algériens et marocains. Ceci étant, Djamel Bensalah a voulu passer un message de tolérance. Comme il l’explique, son objectif premier était de «créer un pont entre la France et le Maghreb, pour instaurer une meilleure communication entre les peuples, et inciter les gens à aller les uns vers les autres».Le mal-être des «beurs», en perpétuelle quête d’identité, est soulevé. Pour Djamel, «on est du pays où l’on se sent le mieux», tout simplement. Le réalisateur fait souvent, tout au long du film, des petits clins d’œil sur les traditions algériennes et maghrébines. Il décrit avec une pointe d’humour les retours au pays avec leurs lots de plaisirs, mais aussi de désagréments. Les effusions chaleureuses de bienvenues de la famille du bled, les cadeaux à toute la famille, les petites disputes où l’on en vient très vite aux mains, les matchs de foot passionnés, les chaleureuses ambiances autour d’un bon repas… Tout y est…Mais ce qui est le plus original, c’est que le problème de l’immigration est abordé à contresens, avec un regard différent. Un Français, de père normand et mère alsacienne, se prend pour un Algérien et voue un amour extrêmement fort à ce pays qu’il adopte et qui ne tarde pas à l’adopter en retour. Johnny parvient à traverser la frontière algérienne clandestinement, caché dans le coffre d’une voiture, sans passeport ni visa… Quand il arrive à bon port, après moult suspenses, il s’invente des nom et prénom et un patelin algériens… Son village natal se trouve quelque part «dans l’ouest», dit-il à qui veut bien l’entendre. Le personnage, magistralement interprété par Julien Courbey, se veut attachant. Djamel Bensalah a écrit le scénario en neuf mois et tourné le film en trois mois seulement. Le tournage a été réalisé pendant un mois et demi au Maroc, dans la région de Ouarzazate et à Casablanca, et un mois et demi à Alger et Oran. Tous les figurants et seconds rôles sont Marocains et Algériens.L’aspect technique est bien maîtrisé. L’image est de qualité, de même que le son et la luminosité… Un film à voir…


Parcours du réalisateur

Djamel Bensalah, 29 ans, est né à Saint-Denis, en banlieue parisienne. Son père est d’origine algérienne et sa mère à moitié marocaine, et il est le septième d’une famille de huit enfants. «Le fait d’avoir autant de frères et sœurs a été pour moi une richesse extraordinaire parce qu’ils m’ont transmis du savoir et j’ai appris de leurs expériences». Tout en effectuant des études d’anthropologie, il a commencé par être comédien, avant de réaliser son premier long métrage dès l’âge de 21 ans, «Le ciel, les oiseaux et… ta mère»! Un des succès au box-office français, avec comme acteur un certain Debbouze!C’est une réussite commerciale. Fort de son premier succès, il réalise sa deuxième comédie, «Le raid» en 2002 et s’adjoint les services de grands acteurs français comme Gérard Jugnot, Josiane Balasko…Nadia BELKHAYAT

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