Economie

Ciment: Les prix revus à la hausse

. Cette augmentation oscille entre 1,6 et 3,4% la tonne. Cause: le renchérissement des facteurs de productionLes prix du ciment ont augmenté depuis le début de cette année. Cette hausse, confirmée par les quatre cimentiers (Lafarge Maroc, Ciments du Maroc, Holcim Maroc et Asment de Témara), est généralisée à tout le pays. Cependant, elle n'est pas uniforme. Elle oscille entre 1,5 et 3,4%, selon l'opérateur et selon les régions. En valeur, le prix de la tonne a augmenté de 11 à 23 DH hors taxes (voir tableau). Il diffère selon les régions, même si le fabricant est le même. Les cimentiers contactés expliquent cette différence par le coût de la logistique et du transport. Plus concrètement, à Casablanca, le sac de ciment coûte maintenant 34,5 DH alors qu'il était à 33,5, soit une augmentation de 1 DH. A préciser que 1 tonne est l'équivalant de 20 sacs.Interrogés par L'Economiste, les professionnels sont unanimes sur “la pertinence et la nécessité” de cette augmentation qu'ils attribuent à trois causes majeures. Un: la hausse de l'inflation en 2002 (+3%). Deux: l'augmentation des prix de l'énergie à cause de la flambée des cours de pétrole (31 dollars le baril). Et trois: la hausse des charges des cimenteries (augmentation des salaires, hausse des prix des sacs d'emballage, etc.). “Nous n'avons répercuté que partiellement les charges que nous avons subies”, assure un responsable d'Holcim Maroc. “Malgré l'augmentation des facteurs de production, les cimentiers ont essayé de réaliser des gains pour ne pas répercuter les coûts directement sur le consommateur. Mais nous ne pouvons faire cela indéfiniment”, précise un autre professionnel de Ciments du Maroc. Les hausses ont été opérées progressivement. Ainsi, ce sont Asment Témara et Holcim Maroc qui ont ouvert le bal le 2 janvier. Elles ont été suivies par Lafarge Maroc le 6 janvier.Quant à Ciment du Maroc, elle n'a relevé ses prix que le 16 de ce mois.Pourquoi une hausse en janvier précisément? D'après les cimentiers, c'est une question d'organisation. Janvier annonce le démarrage de l'exercice. Une plus grande visibilité au niveau des ressources est requise.D'après la profession, les prix n'ont pas bougé depuis 2 ans et ce, malgré l'instauration de la taxe spéciale sur le ciment en janvier 2002 qui “a fait perdre aux cimentiers des millions de DH”. Mais le renchérissement des facteurs de production a porté un coup dur aux trésoreries. La répercussion sur le consommateur était donc inévitable. Toutefois, les cimentiers minimisent la hausse, estimant qu'elle ne reflète pas les handicaps réels du secteur. Ils parlent plutôt “d'un réaménagement du coût”. Dans tous les cas, “ce réaménagement” intervient en plein chantier gouvernemental de dynamisation du logement. Mais les cimentiers, rassurants, estiment qu'il ne pourra en aucun cas handicaper ce programme”. Car “le ciment ne représente que 5 à 6% du coût global de la construction d'un logement”, argumente un professionnel. Il reste que les pouvoirs publics ne peuvent rien faire face à “ce réaménagement”. Depuis la libéralisation du secteur, l'accord du ministère de tutelle n'est pas requis pour une augmentation des prix. Il est vrai que le secteur pâti actuellement de la flambée des coûts des hydrocarbures au niveau international. Mais ce n'est pas la seule cause derrière le relèvement des prix. Une autre raison peut être avancée. Les cimentiers ont en effet essuyé une série de revers de la part du gouvernement. En janvier dernier, l'Etat a instauré une taxe spéciale sur le ciment qui lui a rapporté quelque 400 millions de DH. Cette taxe, rappelons-le, alimente un fonds de lutte contre l'Habitat insalubre. La hausse intervient également après l'échec des discussions entre le gouvernement et les professionnels au niveau de la suppression de la TIC (taxe intérieure de consommation), qui grève les importations de combustibles. La loi de Finances 2003 ne mentionne ni sa suppression ni même sa révision.Au Maroc, le coût du combustible industriel est pratiquement le double de la France, l'Espagne et l'Egypte. Il est 50% plus cher en Italie. Cela est dû bien sûr à la taxation. Le coke industriel acquitte une TIC de 232,9 DH la tonne. Le fuel industriel est soumis à une TIC de 2,222 DH par litre. Dans l'industrie du ciment, la TIC sur les combustibles se traduit par des surcoûts moyens par tonne de ciment de 27 DH. La part des combustibles dans le prix de revient (66%) est des plus élevées du monde.Nadia DREF

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