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vendredi 31 octobre 2014,
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Casablanca: M’dina bus face à la colère de ses employés

   
. Le personnel a soumis à la direction ses revendications. Echec du premier round du dialogue
Les responsables de M’dina bus sont confrontés à un conflit de taille avec leurs employés. Ces derniers revendiquent, via des doléances remises à la direction, une amélioration de leur situation. Une réunion a eu lieu samedi 8 juillet, de 18 heures à minuit. Sans issue. Les uns et les autres campant sur leurs positions. Quelque 13 centrales syndicales défendaient les intérêts du personnel face au management de M’dina bus. Les propositions patronales n’ont pas satisfait les agents du transporteur. Et ces derniers décident de passer à la vitesse supérieure en observant une grève de 24 heures, lundi 10 juillet. Un moyen de faire pression sur le management en vue de l’amener à revoir sa position. Aujourd’hui, les 15 syndicats représentés au sein de M’dina bus, coordonnent entre eux pour décider de la suite à donner à cet impasse. Selon Cherif Mokate de la CDT (Confédération démocratique de travail), «la riposte sera à la mesure de l’injustice qui frappe le personnel». En fait, les revendications des agents sont de deux sortes. Primo, une amélioration de toutes les primes (prime de panier, sur travaux salissants, de sacoche et prime de contrôle). Secundo, une augmentation du salaire minimum pour qu’il atteigne 3.000 DH. «Nous avons des agents qui sont payés à 1.800 DH ainsi que des chauffeurs, des mécaniciens et des receveurs. Près d’un tiers de notre personnel est dans cette situation. Et les nouvelles recrues sont encore plus lésées». Les agents exigent aussi une augmentation des salaires de 300 DH, augmentation qui a été accordé par l’Etat en 2003 aux fonctionnaires, suite à l’accord qui a eu lieu entre les centrales syndicales et le gouvernement dans le cadre du dialogue social. Après avoir eu connaissance de leurs revendications, la direction s’est retirée de la table des négociations pour réfléchir sur la question. «Après s’être éclipsés pendant un moment, les membres de la direction, marocains et français, nous ont proposé une augmentation de 184 DH; augmentation assortie, en plus, de conditions». En fait, pour en bénéficier, il faut avoir passé 3 ans de service. «M’dina bus, depuis sa création jusqu’à nos jours, n’a que 20 mois d’existence. Cette condition de durée n’est rien d’autre qu’une façon de nous priver de cette augmentation», souligne Mohamed Sellam, de l’UGTM (Union générale des travailleurs du Maroc). Plus encore, les agents en congé, malades ou absents et ceux qui exercent un travail de bureau n’ont pas droit à ces 184 DH. Aussi, le personnel oppose un non catégorique à la proposition de la direction. La direction justifie sa position, selon les syndicalistes mêmes, par le fait que M’dina bus roule avec des pertes, en ce moment. «C’est une fausse excuse. M’dina bus a recruté dernièrement une dizaine de directeurs et de sous-directeurs que la société paye avec salaires consistants et pour lesquels elle loue des voitures de services», affirme un représentant de personnel. Mais, cela reste à confirmer auprès des responsables de M’dina bus. Au moment où nous mettions sous presse, le management demeurait toujours injoignable.Ali JAFRY