Culture

Casa Negra, un film aux standards internationaux

Par L'Economiste | Edition N°:2928 Le 25/12/2008 | Partager

. Le film, dur et violent, décrit l’univers impitoyable de Casablanca la nuit. L’événement cinématographique de cette année Le film Casa Negra est déjà depuis hier mercredi dans la plupart des salles de cinéma des grandes villes. Il s’agit d’un film de bonne facture, qui s’inspire un peu du néoréalisme, ce courant cinématographique qui a fait son apparition en Italie au cours de la Seconde Guerre mondiale et qui présente le quotidien de manière crûe, en adoptant la position moyenne entre scénario, réalité et documentaire et en se servant souvent de gens de la rue à la place d’acteurs professionnels. C’est ce qu’a essayé de faire le réalisateur Noureddine Lakhmari (44 ans). Il a en effet tourné exclusivement la nuit, dans les rues du centre-ville et à Derb Omar. Le film montre une ville complexe en plein mouvement, où se côtoient la misère la plus totale et une opulence démesurée. Il dépeint une Casablanca noire (d’où le choix du titre), avec des scènes dures et violentes, que certains pourraient même trouver choquantes et trop crues. Et pourtant, le réalisateur indique que ce film montre des scènes beaucoup moins dures que ce qu’il a pu voir dans la réalité… «J’ai eu envie de faire passer des messages forts, de provoquer de vrais débats, afin de contribuer à faire bouger les choses», nous a-t-il confié. L’histoire est celle de Karim et Adil, deux amis d’enfance qui tentent de survivre dans un univers impitoyable. L’un emploie des enfants pour vendre des cigarettes au détail, l’autre ne rêve que de partir en Suède. Les deux acteurs principaux, Anas El Baz et Omar Lotfi tous les deux âgés de 26 ans, ont fait des études de cinéma et de théâtre et signent ici leur premier grand rôle. Bien accueillis par les critiques, ils ont reçu pour leur prestation dans CasaNegra le prix de la meilleure interprétation masculine lors d’un récent festival à Dubaï. Le jury du dernier festival du cinéma de Tanger a également décerné le prix de la meilleure interprétation masculine à Omar Lotfi. Les deux principaux seconds rôles sont interprétés par la jeune comédienne Ghita Tazi (qui tente aussi de faire carrière aux Etats-Unis) et le comédien Mohamed Benbrahim (qui a déjà incarné d’innombrables rôles au cinéma). Ce dernier a reçu le prix du meilleur second rôle au festival du film de Tanger. Le prix de la meilleure photographie du festival de Dubaï a été décerné à Luca Coassin et le prix du meilleur son à Emmanuel Le Gall. Le réalisateur Noureddine Lakhmari avait suffisamment de moyens financiers pour offrir au public une production de qualité. En effet, Casa Negra a coûté pas moins de 13 millions de DH. L’enveloppe a été financée par le Centre cinématographique marocain, 2M, Sigma et Aziz Nadifi, un coproducteur amateur de cinéma. Aujourd’hui, Noureddine Lakhmari, qui vit entre la Norvège et le Maroc, est en train d’écrire son troisième long-métrage. En parallèle, il prépare 3 épisodes de la série policière «Al Kadia» pour 2M. Nadia BELKHAYAT

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