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lundi 20 octobre 2014,
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Berkane abrite son premier festival de raï

   
. Les organisateurs espèrent accueillir 15.000 personnes à chacune des trois soirées programmées
Le raï sera bien au rendez-vous cet été. Le Mouvement de la Jeunesse Euro-Méditerranéenne (MJEM), en partenariat avec HB Marketing, organise le premier festival international de raï les 28, 29 et 30 juillet 2002 à Berkane. La manifestation se déroulera au Stade municipal de Berkane, d'une capacité de 15.000 places et accueillera une quinzaine de groupes et chanteurs tels que Chebba Zina ou encore Raïna Raï, groupe venu d'Algérie pour l'occasion. Le budget de la manifestation est faible: 550.000 DH qui se répartissent équitablement entre l'organisation, la communication et, bien sûr, le cachet des artistes. Les organisateurs espèrent bien faire «salle comble«. Pour cela, ils ont développé une stratégie de communication axée sur le local. Affichages, banderoles dans les villes d'Oujda, Nador, Saïdia et Taza ainsi que dans les points de repos des Marocains résidents à l'étranger (MRE). La presse, 2M et TV5 couvriront l'événement. Mais Omar Louzi, directeur du festival, compte également «sur la proximité de Saïdia«, ville qui a été retenue par le gouvernement dans le cadre de la politique stratégique pour le développement du tourisme. Saïdia reçoit jusqu'à «220.000 visiteurs par jour« en période estivale et ce festival à Berkane entre dans le développement de la région de l'Oriental. Une région qui comprend six grandes provinces et dont sont originaires près de 250.000 MRE. Berkane, qui occupe une position géographique centrale dans la région, est aussi une ville de tradition musicale «r'gada« (ancêtre du raï). Selon les organisateurs, l'Etat n'a rien versé pour ce premier festival international de raï et les sponsors en sont toujours au stade des promesses. Bref, rien n'est bouclé à l'heure actuelle. Le prix de l'entrée, 55 DH pour chacune des trois soirées, devrait permettre à la manifestation de se dérouler. Omar Louzi a connu d'autres difficultés pour monter ce projet, notamment côté «matériel«. La sono, les lumières et la scène proviennent de Casablanca et le transport n'est jamais évident. Pourtant, il tient à mettre en avant «l'aide des autorités locales, et tout particulièrement du gouverneur, en ce qui concerne la logistique et la sécurité«. La sécurité est réellement prise au sérieux car «quelques activistes islamistes pourraient perturber ce genre de manifestation«. Police, forces auxiliaires, pompiers et urgences, tous sont réquisitionnés pour l'occasion. Mis à part les trois soirées, des animations auront lieu dans la journée. Des conférences sur la musique traditionnelle, le raï et le pop raï seront présentées par des universitaires. Le groupe algérien Raïna Raï en animera une également.Omar Louzi souhaiterait que ce festival devienne annuel: «Tous les ans au même endroit et aux mêmes dates, un peu comme le festival d'Essaouira«. Il espère juste «obtenir les fonds nécessaires« pour mener à bien ce projet.
Des courants venus d'ailleurs

e raï est un genre musical récent. Il est né au cours des années 70 de la fusion des musiques populaires de l'ouest algérien et de l'est marocain et de la pop électrique occidentale. Il se révéla dans les faubourgs d'Oran et exprime l'exaspération d'une jeunesse délaissée, en quête de démocratie mais aussi d'une libéralisation des moeurs et de l'évolution des structures sociales. Aujourd'hui, le raï se modernise par de nouveaux instruments et l'apport du rock, du rap ou encore du reggae. C'est la mode du pop raï et de ses figures emblématiques: Mami, Khaled, Faudel et Taha mais aussi le défunt Hasni.Julien CARMENT