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L'économiste, le premier quotidien économique au Maroc

vendredi 31 octobre 2014,
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Bank Al-Maghrib:

   
«Dévaluer le Dirham? Pas question!«• La Banque centrale tient bon sur la valeur de la monnaie• «Les exportateurs n'ont pas utilisé les instruments de protection dont ils disposent• La surévaluation du Dirham: Une mise à niveau, bessif!Par définition, la Banque centrale doit s'opposer à l'idée de dévaluer la monnaie dont elle a la garde. Mais elle a aujourd'hui, en juillet 2000, un argument qu'elle n'avait pas au début de cette année: l'Euro se redresse. Or, c'est vis-à-vis des marchés de l'Euro-land, qui a eu pendant plusieurs mois une monnaie sous-évaluée face au Dollar, que les exportateurs marocains avaient le plus de difficultés.Les autorités monétaires marocaines font le pari que le redressement de l'Euro va se poursuivre et que, par conséquence mécanique, le Dirham cessera progressivement d'être surévalué devant les marchés naturels des PME marocaines.De plus, Bank Al-Maghrib ne veut pas entendre parler de dévaluation. La question est suffisamment importante à ses yeux pour que le gouverneur, M. Mohamed Seqat, y consacre près du quart de sa présentation officielle à SM le Roi.«La politique monétaire continuera, comme par le passé, à oeuvrer pour la stabilité de la valeur de la monnaie, condition nécessaire à la réalisation d'une croissance durable«. La Banque centrale explique que les difficultés de «certains exportateurs« viennent des mouvements opposés du Dollar et de l'Euro et que les pertes auraient pu être limitées «par le recours aux instruments existants de couverture de risques de changes«. La pique fera certainement bondir les exportateurs et leurs banquiers qui se plaignent précisément du manque de souplesse de ces instruments, quand ils peuvent y avoir accès.Quoi qu'il en soit, la maîtrise des équilibres fondamentaux rend injustifiable une action sur les taux de change, affirme Bank Al-Maghrib, qui rejoint ici le point de vue du Trésor et du Budget. Elle redoute aussi des effets néfastes sur l'effort d'équipement et de modernisation des entreprises, «ce qui, in fine, éroderait la compétitivité de la production nationale«. On entend d'ici les cris de protestation des exportateurs.

.Pourtant, ce qu'ils ne mesurent pas encore, c'est que la consoeur de Bank Al-Maghrib, la Banque de France, vient de donner à celle-ci un motif supplémentaire de s'opposer à une dévaluation.En effet, de 1992 à 1998, le Francs français s'est trouvé presque constamment surévalué par rapport à la référence Euro. Les observateurs de l'économie française pensent maintenant que cette période est finie, qu'elle a contribué manu militari à la mise à niveau du tissu productif (Cf. L'Economiste du mardi 4 juillet). N.S.
Les clignotants verts• Accroissement de 3% de la valeur ajouté non agricole• Augmentation des exportations de biens et services de 8%, tirée par la reprise mondiale• Déficit de la balance courante par rapport au PIB contenu à 0,8%• Neuf mois d'importations dans les réserves de changes • Taux d'inflation à 0,7%• Apurement des arriérés de paiement du Trésor.
Les gros points noirs• Recul de la production agricole et des activités annexes de 12,8%• Recul de la consommation, surtout en milieu rural• Mauvais usage de l'excédent de 7 milliards de DH obtenu sur la 2ème licence GSM• Forte hausse du chômage• Désendettement du Trésor mal maîtrisé• Lenteur dans le processus d'amélioration de la transparence des entreprises, ce qui gêne leur capacité à accéder aux crédits à bon marché.