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L'économiste, le premier quotidien économique au Maroc

mardi 23 septembre 2014,
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Attentats de Casablanca
Y a-t-il encore d'autres kamikazes?

   
. C'est la première préoccupation des services chargés d'enquêter sur les attentats de Casablanca. Des enquêteurs français, espagnols et américains sont au Maroc pour apporter leur soutien
Les services de sécurité et la police judiciaire, sous la supervision du parquet de Casablanca, travaillent d'arrache-pied afin de remonter la filière terroriste, qui a perpétré et programmé les attentats meurtriers du vendredi dernier. «A présent, le seul témoin dont disposent les enquêteurs est le kamikaze blessé, actuellement sous contrôle médical intensif à l'hôpital Ibn Rochd à Casablanca», a déclaré à L'Economiste le ministre de la Justice, Mohamed Bouzoubaâ. Son état est stationnaire et dès que sa santé le permettra, il sera interrogé davantage par la police judiciaire afin de récolter un maximum d'informations sur les préparatifs des attentats et leurs commanditaires.Les deux autres suspects arrêtés près de l'hôtel Farah ont été relâchés au même titre que toutes les autres personnes appréhendées dans le quartier Sidi Moumen, d'où sont originaires les huit kamikazes identifiés jusqu'à présent. «L'identification des corps a montré que les kamikazes sont tous des jeunes avec un niveau intellectuel très moyen», explique le ministre. Il s'agit d'élèves, de lycéens, un instituteur et un gardien de voitures.«Toutefois, l'enquête avance bien», poursuit le ministre de la Justice. Les éléments dont disposent les enquêteurs laissent croire que les terroristes ont une relation avec le groupe extrémiste «Assirat Al Moustaquim», le Droit Chemin, dont 13 membres, également originaires du quartier Sidi Moumen à Casablanca, ont été arrêtés il y a plusieurs semaines et sont aujourd'hui poursuivis par le parquet pour atteinte à l'ordre public.D'un autre côté, les services secrets français, espagnols et américains sont arrivés au Maroc au lendemain des attentats sanglants de Casablanca. «Ils viennent apporter un soutien à leurs homologues marocains afin de déceler une éventuelle connexion avec Al Qaida et notamment le dernier attentat survenu à Riyad», a déclaré à L'Economiste une source diplomatique à Rabat. Plusieurs réunions entre les experts des quatre centrales de renseignements ont eu lieu à Casablanca et Rabat depuis dimanche dernier. L'échange d'informations a été fructueux, mais pour des raisons de sécurité évidentes, les résultats n'ont pas été divulgués. Toutefois, le ministre de la Justice a affirmé que les enquêteurs marocains sont en possession d'informations prouvant que deux kamikazes ont effectué un séjour dans un pays du Golfe et ont rejoint le Maroc à la fin de l'année dernière, il y a six mois environ. Les deux kamikazes étaient, selon le ministre, installés dans ce pays en tant que travailleurs. L'enquête devrait faire la lumière sur les contacts qu'ils auraient pu avoir à ce moment-là et les raisons de leur retour au Maroc.Autre question qui préoccupe les autorités marocaines: y aurait-il d'autres kamikazes potentiels cachés quelque part? «Tant que toute la filière n'aura pas été démantelée, la vigilance doit rester extrême car le danger demeure présent», a affirmé une source sécuritaire.Par ailleurs, le ministre de la Justice a assuré que «la nature des explosifs utilisés montre que les bombes sont de fabrication marocaine et que les kamikazes ne sont pas de véritables professionnels». Détail important pour les enquêteurs, car les amateurs laissent beaucoup plus de traces derrière eux que de véritables terroristes.Pour ce qui est du financement de ces groupes terroristes, aucune information n'a été divulguée jusqu'à présent.
Le projet de loi antiterroriste sur le tapis

Après les attentats meurtriers de Casablanca, le projet de loi sur le terrorisme revient au-devant de la scène.Hier, lundi 19 mai, la Commission de la justice, des législations et des droits de l'homme de la Chambre des Représentants s'est réunie afin de discuter de trois projets de loi, notamment celui concernant la lutte contre le terrorisme. Les groupes parlementaires ont déposé leurs amendements. Contactés par L'Economiste, plusieurs députés de la majorité comme de l'opposition ont affirmé que la vision qui prévalait avant les attentats demeure la même. Cette vision se résume ainsi: assurer la sécurité et la stabilité du pays contre toute attaque terroriste, sans porter atteinte aux libertés et aux droits de la défense.Le ministre de la Justice, Mohamed Bouzoubaâ, a déclaré que les discussions avec les groupes parlementaires vont permettre d'adopter certains amendements et en écarter d'autres. A noter que le vote des membres de la Commission sur les trois projets de loi est prévu le mardi 27 mai.Abdelmohsin EL HASSOUNI