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ANRT: Nouvelle tarification pour l’interconnexion

Par | Edition N°:2752 Le 09/04/2008 | Partager

. Facturation forfaitaire au lieu d’un tarif à la minute . Une baisse des coûts entre 50 à 60%. Les abonnés devraient en principe en profiter UN épisode à retenir dans l’histoire des télécoms au Maroc. L’Agence nationale de la réglementation des télécommunications (ANRT) a franchi un nouveau pas dans sa quête de régulateur du marché. Elle a en effet approuvé le 28 janvier l’offre technique et tarifaire d’interconnexion illimitée et forfaitaire au réseau fixe de Maroc Telecom pour 2008. Bien entendu cette décision, qui a pris effet dès le 1er avril, ne concerne pas l’offre GSM. Concrètement qu’est-ce que cela implique? «Jusqu’à 2007, l’opérateur historique facturait à Wana et Méditelecom une interconnexion à la minute pour le réseau fixe. Dorénavant, cette facturation se fait de manière forfaitaire», explique Jamal Meziane, chef de la division accès et interconnexion à l’ANRT. C’est dans ce sens d’ailleurs que plusieurs réunions ont été tenues les 4 et 6 décembre dernier avec les trois opérateurs. Les négociations ont porté sur différents points dont la méthode de calcul et le tarif. Fin février 2008, «les concurrents de l’opérateur historique ont déposé des contre propositions à son offre technique et tarifaire», d’après la décision ANRT/DG/09/08. Cette nouvelle méthode de calcule, qui cible essentiellement le marché de gros du fixe, a ses enjeux.Le modèle d’interconnexion forfaitaire permet aux opérateurs alternatifs, Wana et Méditelecom, «d’acheter une capacité d’interconnexion pour un tarif fixé indépendamment de l’usage qui en est fait». Du coup, la décision du régulateur va avoir une incidence financière capitale pour les opérateurs bénéficiaires. Leurs «coûts d’exploitation vont baisser de 50 à 60%». Le but d’introduire une interconnexion forfaitaire est d’accélérer la pénétration de l’Internet via d’autres offres d’accès à l’ADSL. Il faut souligner aussi qu’une «explosion de son usage risquerait de dégrader la qualité de service pour le réseau téléphonique. La mise à jour technologique de l’infrastructure suppose donc un investissement conséquent», précise Nabil Boughabi, enseignant à la faculté de Droit de Toulon. Il travail également sur une thèse en droit de la régulation au Maroc à la faculté de Sophia Antipolis de Nice. L’intérêt concomitant de cette décision, c’est qu’elle permet la «réplicabilité» de l’offre illimitée et forfaitaire pour le fixe. Traduction. Ce principe de droit économique permet «aux opérateurs de proposer aux abonnés (marché de détails) des offres compétitives par rapport à l’opérateur historique», précise Nabil Boughabi.L’on se rappelle le litige qui a porté sur l’offre Phony de Maroc Telecom. Ses concurrents ont considéré qu’elle était déloyale et l’ANRT a fini par leur donner raison. Car ni Wana ni Méditelecom ne pouvaient s’aligner sur l’offre fixe de l’opérateur historique. Ce dernier leur facturait l’interconnexion à la minute. Un mode de calcul non avantageux et qui ne leur permettait pas d’être concurrentiels sur le marché du fixe illimité et forfaitaire. Le régulateur «a tranché en faveur d’une réduction appliquée seulement pour le fixe. Ce qui va nous permettre de proposer des offres plus concurrentielles dans ce segment», explique le chef département communication de Méditel, Hassan Bouchachia. Il faudra donc s’attendre dans un futur proche à voir surgir de nouvelles formules d’abonnement fixe. Un abonné Wana pourra par exemple appeler en illimité un abonné de Méditel ou IAM. «Globalement, la décision de l’ANRT conforte les intérêts du secteur télécom», commente le porte-parole de Méditel. «Il est fort probable que l’âpreté de la concurrence dans l’offres fixe illimité et forfaitaire entraîne une baisse des prix», pronostiquent les opérateurs. Une chose est sûre. La dernière «décision du régulateur était nécessaire pour les opérateurs alternatifs en vue de lancer une nouvelle offre fixe», souligne le directeur réglementation de Wana, Rachid Sefrioui. C’est que l’ANRT n’à finalement fait que remédier à une situation préjudiciable aux deux opérateurs. Toutefois «sa vigilance est de mise» car le véritable enjeu est de «préserver l’espace économique des opérateurs télécoms», relève le directeur réglementation de Wana. D’après l’ANRT, lorsqu’on compare 2006 à 2007, on constate que «le marché de la téléphonie fixe a atteint une forte hausse (89%)». A fin décembre de l’année dernière, l’on compte près de 2,4 millions d’abonnés. Dans le parc professionnel, Maroc Telecom se taille la part du lion avec plus de 98%. Toujours est-il que la percée du fixe s’explique par l’émergence de la téléphonie fixe avec mobilité restreinte. Il faudra donc s’attendre à une relative reconfiguration du segment du fixe. Le temps que les opérateurs alternatifs affûtent leurs armes.Faiçal FAQUIHI

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