Culture

Abdu Salim, vétéran jazzman et apolitique!

Par L'Economiste | Edition N°:2983 Le 17/03/2009 | Partager

. Un saxophoniste afro-américain à Casablanca. Péripéties d’un enfant du Texas devenu musulman . Son album «Du’s Dues Blues» disponible fin mars Pour lui, l’élection d’Obama est un «non événement». Sceptique, il «connaît le système»… américain, ne lit pas les journaux et ne regarde pas la télévision. Abdu Salim -qui fêtera, fin mars, ses 60 ans et la sortie de son nouvel album- a deux religions: l’Islam et… le jazz. Le saxophoniste afro-américain a emballé le public du Jazz sous le Rocher, du 4 au 14 mars. A quelques pas du fameux phare d’El Hank, ce lieu, enfumé et aux lumières tamisées, est l’un des rares clubs casablancais où l’on y invite des instrumentistes des quatre coins de la planète. «Ce genre de spectacles révèle à quel point Casablanca a besoin de cultiver ses racines cosmopolites», commente l’initiateur du projet et membre de l’association Casa Mémoire, Aadel Essaâdani.Son dernier invité a un statut d’homme global. Abdu Salim, qui a vécu dans deux continents, est natif de Gilmer, une petite ville du Texas. Un Etat dont les cinq lettres concentrent une renommée peu louable: capitale américaine de la peine de mort et fief du clan Bush. L’ex-vétéran de la guerre du Vietnam, qui a «définitivement quitté les Etats-Unis en 1983», laisse échapper un nuage de fumée. De son passé militaire, Abdu Salim a gardé le goût… pour les costumes asiatiques. L’icône du kung-fu, Bruce Lee, le boxeur, Mohammed Ali, et le musicien, John Coltrane l’inspirent. A chaque spectacle presque, il porte des tuniques à la Bruce Lee. Du haut de ses 1,96 m et très souple, Abdu Salim donne de la magie à sa flûte ou saxophone. Deux instruments qu’il maîtrise avec art. Un art qu’il a appris tout jeune. Déjà, enfant au Texas, il joue ses premières notes au piano, chante du gospel et écoute du James Brown. Plus tard, en 1975, il vit le grand amour à Séville. De sa passion espagnole naîtront deux fils pianistes. Abdu Salim se convertit deux ans plus tard à l’Islam. Il parle de «maladie», d’un «poète afro-américain musulman» et d’«investigation religieuse» surtout. Croyant depuis toujours, mais «pas d’accord avec l’Eglise catholique». Parallèlement, Abdu Salim se produit avec plusieurs musiciens en Espagne, notamment Lou Bennet. Ce dernier lui fera par la suite «découvrir la France» et se produiront, ensemble, au club parisien le Blue Note. L’escapade se prolonge à Toulouse où Abdu Salim devient prof de musique. Mais la maladie ralentit ses ambitions. De cette épreuve physique naîtra son dernier album et dans lequel jouent deux de ses élèves. Il s’agit de Du’s Dues Blues qui sera dans les bacs fin mars. Les murs du Jazz sous le Rocher vibrent encore des mélodies composées par Abdu Salim. Et à partir du 18 mars, une autre formation, Casablanca Jazz Project, prend le relais jusqu’à la fin du mois.Faiçal FAQUIHI

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