Entreprises

Jumia redéploie ses business units

Par Ayoub IBNOULFASSIH | Edition N°:4804 Le 28/06/2016 | Partager
La plateforme vient de franchir la barre de 1 million de commandes
Orange, Axa, Goldman Sachs, les majors du tour de table

Bâtir tout un écosystème autour du e-commerce. C’est la nouvelle ambition affichée par la licorne –terme utilisé pour les start-ups dont la valorisation dépasse le milliard de dollars- africaine de l’e-commerce Jumia. Autrefois appelée «Africa Internet Group» (AIG), l’entité vient en effet d’opérer un passage sous l’identité Jumia. Ainsi, Kaymu, Hellofood, Lamudi ont été rebaptisés respectivement Jumia Market, Jumia Food et Jumia House. Quant à la plateforme généraliste éponyme, elle conserve son appellation initiale. «L’objectif derrière cette stratégie de One Brand est de favoriser les synergies entre les différents sites e-commerce du groupe», confie Bastien Moreau, directeur général de Jumia.ma. Ce changement intervient dans un contexte de croissance favorable du groupe au Maroc. A l’instar de sa plateforme Jumia qui génère, en termes de trafic, plus de 3 millions de visites par mois et qui vient de franchir la barre du million de commandes depuis la création du site. La forte notoriété dont jouit le groupe au Royaume est à l’image de sa croissance fulgurante en Afrique. En témoigne le dernier apport en date de l’opérateur télécom Orange qui vient d’investir 75 millions d'euros pour s’offrir une part du capital. Il rejoint Axa qui fait depuis 4 mois partie intégrante du tour de table du conglomérat de sites e-commerce. A travers cet accord, les filiales africaines du deuxième plus gros assureur mondial proposeront des produits d'assurance sur mesure pour la clientèle des différentes marketplaces Jumia. Les actionnaires historiques demeurent l'opérateur sud-africain MTN Group, Millicom, ainsi que de Rocket Internet, l’incubateur spécialisé dans le lancement de business tel que Zalando.
Les retombées de ce redéploiement promettent d’être positives pour les sites générant moins de trafic et qui profiteront de plus de visibilité sous la casquette Jumia. «Aujourd’hui, seuls 8% de nos clients utilisent la totalité de nos services. Cette décision permet de créer de fortes synergies entre nos différentes sociétés puisque les utilisateurs peuvent se connecter sur l’ensemble de nos services avec un accès unique». Toutefois, sur le plan opérationnel, chacune des plateformes demeurera indépendante. De même, la consolidation de l’image de marque n’aura pas d’impact sur le management de la supply chain. Sur le volet distribution à titre d’exemple, l’entité opérera toujours à partir de son hub logistique «Jumia Service» basé à Casablanca (sur la route El Jadida) pour drainer l’ensemble du territoire national. Pour la desserte locale, le groupe dispose en outre de plusieurs entrepôts sur différentes villes. Sur le registre de la gestion de stock, l’opérateur continuera de proposer les mêmes services logistiques auprès de ses différents fournisseurs et distributeurs. Parmi les solutions phares proposées aux fournisseurs, figure le stock en consignation. Il s’agit de marchandises stockées pour un vendeur tiers mais qui ne seront pas comptabilisées en tant que stock valorisé. Cette solution offre de nombreux avantages tels que la sécurité d'approvisionnement, ou encore un décalage des règlements.
Présent dans près de 20 pays en Afrique (Egypte, Tunisie, Cameroun…), le groupe a accueilli il y a quelque mois un investisseur d’envergure qui n’est autre que la banque américaine Goldman Sachs.

Les Marocains pas très friands au paiement en ligne

Le consommateur marocain continue d’afficher une certaine méfiance vis-à-vis du paiement en ligne. La tendance semble confirmer que le Maroc est une économie basée sur le cash. «Les premières commandes sont souvent payées cash à la livraison», fait valoir Bastien Moreau, directeur général de Jumia.ma. Même pour les coutumiers, le paiement par carte n’est pas systématique. «Généralement, plus les clients achètent, plus ils ont tendance à basculer vers le paiement par carte de crédit. Au bout de trois achats, nous constatons, en moyenne, 15% d’achat par carte crédit», précise Moreau.

 

 

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