Enquête

A Taforalt, commune pauvre et ignorée, les associations s’indignent

Par Ali KHARROUBI | Edition N°:4797 Le 17/06/2016 | Partager
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La réalisation de bassins pour la rétention d’eau facilite l’irrigation dans ces zones montagneuses. Plusieurs bassins ont été réalisés par des associations locales (Ph. AK)

Pauvre et ignorée! Bien qu’elle soit la commune la plus pauvre de la province de Berkane, Taforalt n’a pas bénéficié de tous les programmes de l’INDH: ceux destinés à la lutte contre la précarité, soutien aux actions à impact sur le développement humain, subventions aux besoins des populations en zones montagneuses et réduction des disparités en matière d’accès aux infrastructures de base. C’est ce que décrient toutes les associations locales. «Le fait d’être entouré par le domaine forestier a aussi contribué à cette situation économique critique. Pour y remédier, je pense que la gestion des espaces forestiers doit passer à la commune. Cela créera de l’emploi et générera des revenus qui peuvent être déployés dans plusieurs secteurs.
De son côté, le gouvernement doit réserver un budget spécial pour les zones montagneuses pour booster leurs économies locales», déclare Najib Bachiri, président de l’association «Hommes et environnement». Une association qui opère en harmonie avec les objectifs du Millenium pilotés par l’ONU. Et de préciser, «le découpage territorial a donné naissance à quatre communes dans un rayon très limité. C’est une politique insensée qui enfonce ces communes dans des situations économiques précaires. Or, une

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Le recours aux énergies renouvelables est un moyen pour rationaliser les dépenses et assurer une alimentation à moindre coût. Un autre apport de la société civile (Ph. AK)

seule commune a plus de chance de décoller».
L’association «Hommes et environnement» ne se limite pas à la formulation de suggestions. Elle a contribué au changement de toutes les classes en préfabriqué dans cette zone. Taforalt est maintenant considérée comme la première commune au Maroc qui n’a plus de classe en préfabriqué. Un travail réalisé en collaboration avec des bailleurs de fonds espagnols. Idem pour la construction d’un gîte pour le tourisme de montagne. Le premier gîte classé dans la région de l’Oriental.
Dans le domaine de la lutte contre les changements climatiques, l’association a réalisé des projets pour l’utilisation rationnelle et durable de l’eau. 100 petits paysans ont bénéficié de la technique du goutte-à-goutte via la construction de trois grands bassins de rétention. Et par souci d’économie, cette irrigation est connectée à un réseau de plaques photovoltaïques qui assurent le ravitaillement en eau d’irrigation et eau potable.

                                                                           

Le tourisme d’arrière-pays comme alternative

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Le tourisme d’arrière-pays représente une réelle opportunité de développement pour les zones montagneuses. La construction de gîtes, la réalisation de parcours pour randonnées et la commercialisation des produits du terroir sont des atouts valorisants pour le territoire. Toutefois, des structures d’accueil de bonne qualité sont nécessaires pour cibler des touristes et plaisanciers exigeants. Un vœu que cherchent à concrétiser les initiateurs du projet touristique Bab Jbel à la sortie de Taforalt (hôtel, villas, chalets en offre et structures sociales aux riverains) La première tranche de ce projet est en phase de construction. C’est un hôtel de 40 chambres de standing, 2 appartements-suites et 2 mini-suites ainsi que 3 courts de tennis, un restaurant, une piscine avec une salle de remise en forme et une supérette. Il intégrera pour son économie les techniques de captation et de renouvellement des énergies solaires. Bab Jbel, qui assurera soixante emplois, constitue un terroir privilégié pour l’implantation de résidences secondaires de standing. Il est propice à la détente, la quiétude et à la redécouverte de la nature. Aussi 33 chalets destinés à la location et villas en copropriété seront proposés en complément des capacités d’hébergement hôtelier. Les villas individuelles pourront être destinées à une clientèle étrangère, et pourront se transformer en seconde résidence, ou résidence principale. L’estimation globale pour la réalisation des ouvrages d’aménagement et de construction de Bab Jbel est de 83 millions de DH.

 

 

 

 

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