Spécial SIAM 2016

Une stratégie offensive sur l’agroalimentaire

Par Abdelaziz GHOUIBI | Edition N°:4759 Le 26/04/2016 | Partager
Un contrat-programme global et des conventions par filières
Recentrage des incitations et subventions sur l’intégration
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Pomouvoir et renforcer l’intégration amont-aval du secteur agricole, c’est le nouveau chantier ouvert par le ministère de l’Agriculture. «Un tournant décisif qui doit s’opérer sur les quatre prochaines années», promet Aziz Akhannouch. A cet effet, son  département a lancé, en concertation avec le ministère de l’Industrie, une étude stratégique pour le développement du secteur de l’agro-industrie. L’objectif est de mettre en place des leviers pour l’investissement, l’accès au marché, la recherche et l’innovation. En phase finale, est-il précisé, cette étude devrait déboucher sur la signature d’un contrat-programme global et de conventions de performance pour des filières agroalimentaires cibles. Le tout, selon un meilleur ciblage des incitations et subventions au profit de l’aval agricole. En attendant, plusieurs chantiers ciblant le développement de l’aval sont d’ores et déjà ouverts. Ils concernent l’amélioration des circuits de distribution, l’accroissement et la diversification des marchés extérieurs. Pour le ministère, «ces chantiers constituent une priorité dans le maintien du cap stratégique du PMV à l’horizon 2020». (Voir entretien pages IV et VI). Il s’agit tout particulièrement des réformes des marchés de gros et des abattoirs. Le processus est certes enclenché par le lancement de projets pilotes mais il reste à compléter le dispositif par une réforme globale. Ce qui passe obligatoirement par la suppression du monopole des communes. Une mesure contenue dans le projet de loi relatif à la Charte communale. Le texte se trouve actuellement dans les circuits d’adoption.
Pour le moment, 180 abattoirs «tolérés» et 500 tueries coexistent avec 3 unités modernes à Meknès, Beni Mellal et à Taroudant. (Voir également entretien avec le président de la Fédération interprofessionnelle des viandes rouges).
Pour permettre à ces établissements de développer leurs activités et d’attirer d’autres investissements privés, des mesures d’accompagnement ont vu le jour comme  la fermeture des tueries tout autour, la limitation de  la certification des viandes foraines à celles préparées dans ces abattoirs et dans les unités autorisées. Quant aux marchés à bestiaux, après la prospection de plusieurs sites à aménager, une plateforme est en cours d’aménagement dans la province de Sidi Bennour.
Excepté, cette intégration somme toute embryonnaire ainsi que celle concernant des secteurs orientés marché intérieur comme le sucre, le lait, le riz et les oléagineux, certaines filières ont même été frappées d’une désintégration. Le secteur traditionnel des conserves végétales a perdu plusieurs de ses produits phares à l’export. Cornichons, haricot vert, concentré de tomates ne figurent plus à l’export. En cause, l’amont agricole est plutôt orienté marché de bouche. Ce qui ne permet pas à l’industrie d’être approvisionnée dans des conditions de compétitivité et de qualité acceptables. Même l’activité des olives de table qui doit, en principe, tirer profit de la hausse fulgurante de la production (1,4 million de tonnes en 2014-2015) peine à dépasser son volume à l’export d’il y a une décennie. Pis encore, la valorisation a reculé dans cette activité. Aujourd’hui, 90% des expéditions d’olives de table se font dans des fûts et de gros  emballages destinés aux collectivités.
La filière agrumicole, ce fleuron de l’agriculture d’exportation autrefois intégré autour de l’export et de la transformation, est aujourd’hui en déconfiture. Sa production a quasiment doublé depuis la conclusion de son contrat-programme mais l’export a plutôt reculé: 461.500 tonnes en 2014-2015 contre 583.000 en 2008-2009. De même, la composante transformation qui produisait l’équivalent de plus de 250.000 tonnes de concentré d’agrumes a tout simplement disparu. Et la fabrication des jus tourne aujourd’hui grâce à l’import des concentrés de divers fruits. Pourtant, la production ne fait pas défaut. Mais faute  d’organisation du marché intérieur, notamment à travers le développement du triage et de conditionnement, les prix s’avèrent non compétitifs pour l’industrie. Sans oublier la contrebande galopante  à destination des marchés africains. Ceci, au grand mépris de la normalisation internationale. Car l’export se fait en vrac et porte sur le tout-venant.

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