Economie

La finance participative pour rebooster l’immobilier

Par Badra BERRISSOULE | Edition N°:4736 Le 24/03/2016 | Partager
90% des Marocains attendent ce créneau pour leur achat immobilier
Les crédits bancaires ne couvrent que 14% des sources de financement des ménages
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En réponse aux besoins en logements, trois scénarios pour la résorption des déficits

Cherté et indisponibilité du foncier, secteur informel, lenteur des procédures administratives, absence d’outils d’observation, coûts élevés des matières premières, carence d’industrialisation et d’innovation, inadéquation entre la réalité du terrain et les documents de planification et non respect des normes réglementaires ainsi qu’un déficit en profils pointus dans la construction. Autant dire que tout manque pour le secteur de l’immobilier qui a connu une année écoulée assez mouvementée.
Le constat est celui de Nabila Merini, directrice de promotion immobilière au ministère de l’Habitat et de la Politique de la Ville qui a résumé les déficits en 10 points. Merini intervenait au colloque international: Immobilier & Construction organisé le week-end dernier à Marrakech par le Groupe ESPI, (Ecole supérieure des professions immobilières) et qui a réuni les principaux acteurs de l’immobilier et de la construction. Objectif: Mener une réflexion autour des métiers, de la réglementation, de l’innovation, du respect de l’environnement, de la poursuite de projets ambitieux est utile pour tous les professionnels. Face à ces faiblesses, il y a des forces, tient à préciser la directrice de la promotion immobilière.
D’abord, l’existence de politiques publiques, la production immobilière qui est de plus en plus accrue malgré les entraves, la réadaptation des réglementations ainsi que l’amélioration des mécanismes de financements. En effet, les crédits bancaires ne couvrent que 14% des sources de financements des logements au niveau national et la finance participative est une alternative à fort potentiel. En attendant le cadre réglementaire spécifique en cours d’achèvement, elle reste encore limitée. Seule, Dar Assafaa, filiale d’Attijariwafa bank, s’est positionnée sur ce marché depuis 2010 et l’encours Mourabaha principalement immobilier est en progression de 49% par an chez ce spécialiste, indique Younes Slaoui, directeur entreprises et banque privée à Dar Assafaa.

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Les crédits bancaires ne couvrent que 14% des sources de financement des logements au niveau national

D’autres banques vont bientôt emboiter le pas à Attijariwafa bank. C’est que la demande est bien là. Selon différentes études, plus de 90% des Marocains veulent avoir accès aux produits de la finance alternative. Le Maroc prend le train en route avec beaucoup de retard. Dans le monde, plus de 40 millions de personnes sont clientes d’une banque islamique. «Ce secteur va encore doubler de volume pour atteindre 4000 milliards de dollars en 2020, selon les extrapolations», indique Nasserdine Riah, directeur général d’Arthur. Mais, le financement n’est pas l’unique défi du secteur immobilier. L’autre enjeu aujourd’hui est la production d’unités de qualité. Historiquement, la qualité n’a pas été placée au centre des préoccupations et l’on a plutôt favorisé une approche quantitative.
D’où un label, Iltizam lancé par la Fédération nationale des promoteurs immobiliers (FNPI) et qui s’insère dans une phase de structuration de l’offre au niveau du secteur. «L’objectif est d’inciter à une prise de conscience des promoteurs face aux demandes croissantes de la problématique qualitative de l’offre immobilière», insiste Rachid Khayatey Houssaini, vice président de la FNPI. Ce passeport pour la qualité serait un sérieux argument de vente et pourrait être garant aussi d’une construction durable. A la veille de la tenue au Maroc de la COP22, l’importance d’une construction durable n’est plus à argumenter observe, Said Mouline, directeur général de l’agence pour le développement des énergies renouvelables et de l’efficacité énergétique. Le Maroc a mis en place une réglementation thermique des bâtiments (RTB). Ce qui pose évidemment la question du financement et du maintien des marges. Il n’existe pour le moment aucun instrument ou mécanisme financier pour aider les constructeurs à amortir ce surcoût. Pour Mouline, il y aura des solutions s’il y a une véritable volonté des promoteurs et c’est dans leur propre intérêt et celui du client. «On ne peut plus construire dans les régions à climat chaud comme si l’on construisait au bord de la mer», dit-il. Pour l’heure, les promoteurs semblent encore peu préparés à l’application de la RTB. Ils n’auront peut-être pas le choix car les grands groupes internationaux entrant sur le marché marocain s’engagent vers des écoconstructions dans son projet au boulevard d’Anfa. De même qu’il prévoit la construction de la première tour de bureaux à énergie positive.

 

 

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