Régions

Meknès/Mairie
Bouanou à la recherche d’une «identité» pour sa ville

Par L'Economiste | Edition N°:4700 Le 03/02/2016 | Partager
Un plan d’actions 2016-2021 en cours d’élaboration
Partenariats, promotion, infrastructures… les grands axes

Pour fructifier les projets de Meknès, le maire «islamiste», Abdallah Bouanou, compte sur les départements ministériels, le Conseil régional de Fès-Meknès et d’autres partenaires. Selon lui, «la citoyenneté du contribuable sera également mise à l’épreuve»

Élu président du conseil municipal de Meknès, en octobre dernier, Abdallah Bouanou a pour objectif que la capitale ismaïliennes ne devienne pas une ville dortoir de la nouvelle région (Fès-Meknès) et que chaque habitant puisse s’y plaire. C’est ce qui ressort de l’intervention du maire «islamiste», vendredi dernier, lors de la cérémonie du coup d’envoi de la préparation du plan d’actions de la commune de Meknès. Une feuille de route qui engagera la ville de Meknès sur les 5 années à venir (2016-2021), avec «une démarche participative et responsable», selon les termes de Bouanou. Devant plus de 3.000 personnes, dont une majeure partie des représentants de la société civile, CGEM, CCIS, et presse nationale, ce dernier a affirmé «qu’il sera d’abord question de chercher l’identité de Meknès». «Ville patrimoniale (40 km de murailles), culturelle, agricole et touristique… Meknès qui est la 7e plus grande ville du Royaume est aujourd’hui à la croisée des chemins». «Son plan de développement communal devrait lui donner une vocation», estime le maire.   
Le dirigeant de la ville promet de tenir deux rencontres annuelles pour évaluer le plan d’actions, actualiser les besoins et résoudre les problèmes de la cité millénaire.  Pour assurer la mise en œuvre de son programme, il compte sur l’adhésion des 65 conseillers communaux, la société civile, les habitants et les différents acteurs meknassis. Il leur a annoncé d’emblée que «le plan communal de développement, qui sera finalisé dans un délai de deux mois, sera global et inclusif». Ledit plan puise ses orientations de la stratégie du «Grand Meknès», réalisée à l’initiative du wali, Mohamed Kadiri, et dont la mise en œuvre nécessite une impulsion royale. En attendant, le dernier rapport de la Banque mondiale a classé Meknès comme la 2e ville la plus attractive en termes d’investissement, au même titre que Tanger. Cette position renforcera l’ambition de la capitale ismaïlienne de devenir une véritable plateforme automobile. Car, elle a déjà accueilli des géants comme Yazaki et Delphi. «L’arrivée de ces entreprises résoudra la problématique de l’emploi, à laquelle se heurtent nos jeunes», souligne Bouanou. Mais pas seulement. «Il faut que l’infrastructure et les ressources humaines suivent», ajoute-t-il. A ce titre, le conseil communal a conclu un accord avec l’Union régionale de la CGEM Meknès-Ifrane. Son but est de rendre Meknès capable de séduire davantage d’investisseurs nationaux et internationaux. «Nous sommes prêts à prendre en charge une partie du foncier pour promouvoir et encourager l’investissement», lance Bouanou. En matière d’infrastructures, «quelque 400 millions de DH seront mobilisés grâce aux ministères de l’Equipement et de l’Intérieur, pour désenclaver la région», confie le maire. Ceci, en vertu d’un partenariat tripartite qui bénéficiera à plusieurs communes rurales.   
En outre, la «citoyenneté» est une condition sine qua non du développement, insiste le maire de Meknès. Dotée d’un budget de 430 millions de DH seulement (dont 80% destinés aux dépenses obligatoires: salaires, ramassage des ordures, éclairage public…), sa municipalité s’appuiera sur la solvabilité du contribuable. Elle devrait fructifier ses recettes grâce notamment aux taxes et impôts collectés localement (TNB). Les occupants du domaine public (terrasses de cafés, panneaux publicitaires) sont appelés à passer à la caisse. «Il n’y a pas de secret, le développement des prestations et de l’infrastructure de la ville et le bien-être des citoyens ont un prix», conclut Bouanou.

Ventilation du budget

La ventilation du budget (430 millions de DH) de la commune urbaine de Meknès montre que 35% de l’enveloppe budgétaire est consacrée au paiement des salaires des 1.475 fonctionnaires (135 millions de DH), 23% pour la décharge publique et le ramassage des ordures (100 millions de DH), 40 millions de DH pour l’éclairage public, 35 millions de DH pour le remboursement des dettes, et 15 millions de DH pour la consommation d’eau, électricité et téléphone. Ainsi, le budget de gestion de la municipalité de Meknès ne dépasse pas les 100 millions de DH. Pour booster son action, la mairie multipliera ses partenariats avec les départements ministériels, les autorités locales, le conseil régional et d’autres administrations externes. «Nous allons ficeler les projets pour que des chantiers conséquents puissent démarrer dans les plus brefs délais», affirme le maire.

De notre correspondant, Youness SAAD ALAMI

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