Politique

Bilan du gouvernement
Les critiques d’une ONG proche du PSU

Par Mehdi LAHDIDI | Edition N°:4695 Le 27/01/2016 | Partager
L’association Mouvement Anfass démocratique dresse un quasi-réquisitoire
Des réformes aux portées très relatives

«Les promesses n’engagent que ceux qui y croient». Pour Mounir Bensalah, président de l’association Mouvement Anfass démocratique, c’est la citation qui convient le plus au mandat du gouvernement Benkirane (2012-2016). Ces propos ont été tenu, le 26 janvier à Rabat, lors de la présentation du bilan de la coalition gouvernementale réunissant 4 partis politiques. «Le Parti justice et développement (PJD) n’a pas seulement failli à ses promesses mais il a œuvré pour le démantèlement des fonctions régaliennes de l’Etat,» a indiqué Bensalah. L’association, proche du Parti socialiste unifié (PSU), compte aussi parmi ses membres d’anciennes figures du Mouvement 20 février. L’un des exemples cités par Anfass est le taux de croissance. Même si la déclaration gouvernementale avait fixé ce taux à 5,5%, «elle n’a pas pu atteindre cet objectif».
A fin 2015, la croissance n’a été que de 4,3% (selon le HCP). «Pourtant le gouvernement a bénéficié d’une conjoncture positive caractérisée par une pluviométrie au-dessus de la moyenne et surtout un prix du pétrole fortement en baisse. Ces facteurs ont eu un impact mineur sur la croissance, ce qui témoigne clairement d’un manque de vision économique cohérente,» estime le porte-parole de l’association Mouvement Anfass démocratie.  
La déclaration gouvernementale a été cohérente avec le programme électoral du PJD promettant une réduction du taux de chômage à 8%. «Sur cet objectif principal, et qui concerne une large population de jeunes, les résultats n’ont pas été à la hauteur. Le gouvernement n’est pas arrivé à endiguer le chômage en général et celui de longue durée en particulier», lit-on dans le bilan présenté. Constat «négatif» également en matière de soins médicaux.  Sur 100 DH, la valeur de la part supportée par les ménages de dépenses a été de 53,6% en 2010-2011. Deux partis de la coalition gouvernementale, le Mouvement populaire et le Rassemblement national des indépendants, avaient pourtant promis de la ramener à 25%. Finalement, elle ne bougera pas d’un cran. Ni en 2015 ni dans les projections pour 2016.
La politique de libéralisation de la santé, de l’éducation ainsi que la réforme de la Caisse de  compensation nourrit  les craintes de l’association. La réforme de la Caisse «ne répond ni aux programmes des partis politiques ni à la déclaration gouvernementale. Sa refonte suit plutôt les recommandations des institutions financières internationales. Aucun programme d’aide directe aux familles, ni même de compensation n’a vu le jour! Sans accompagnement des ménages les plus vulnérables, il s’agit plutôt d’une annulation progressive du mécanisme et non d’une réforme,» soutient l’association. 

Méthodologie

Afin  d’évaluer les réalisations du gouvernement, L’association Mouvement Anfass démocratique a choisi 15 indicateurs de différents domaines (politique, social, économie, culture et écologie) qui reflètent les enjeux et attentes des citoyens. Les programmes électoraux des partis de la coalition dans ses deux versions (avec l’Istiqlal ou bien le RNI), et la déclaration gouvernementale ont également été examinés et comparé avec les réalisations à fin 2015 et aux projections de 2016. Parmi ces indicateurs, le taux de pauvreté, le classement du Maroc dans l’indice de développement humain, le taux d’analphabétisme et le budget de la culture.

Mehdi LAHDIDI

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