Culture

Fettaka fait son cinéma à Bordeaux

Par Aïda BOUAZZA | Edition N°:4692 Le 22/01/2016 | Partager
Son premier long-métrage «Une vie mineure» présenté jeudi en avant-première
Il sera projeté en mai à Casablanca dans le cadre du festival Masnaâ

 Affiche du long-métrage «Une vie mineure» de Simohammed Fettaka, première œuvre de la commande artistique Garonne (Source: S. Fettaka)
 

L’artiste multidisciplinaire Simohammed Fettaka revient cette fois-ci avec un long-métrage intitulé «Une vie mineure», première œuvre de la commande artistique Garonne, un programme de commande artistique publique développé par Bordeaux Métropole. Le programme ayant pour but de replacer la culture au cœur des processus de fabrication de la ville. Le film a été présenté hier en avant-première au cinéma Utopia à Bordeaux. D’autres projections du long-métrage auront lieu dans la ville. En revanche, il va falloir patienter jusqu’en mai pour le visionner à Casablanca où il est programmé dans le cadre de la quatrième édition du festival Masnaâ.  
L’artiste s’est inspiré de deux découvertes pour réaliser «Une vie mineure». La première est celle de Bordeaux et de ses environs. La seconde est celle du séjour de Friedrich Hölderlin dans cette ville. «Lorsqu’on lit le travail de Simohammed Fettaka, on découvre la richesse et le raffinement de sa personnalité. L’artiste nous met face à nos prétentions et notre arrogance car après tout, le seigneur c’est lui et certainement pas nous», dit de lui Nawal Slaoui, fondatrice de CulturesInterface.
Son film est ainsi né d’une volonté d’associer deux matières. L’une concrète, immédiate et naturelle, celle des paysages et de l’atmosphère propres au bordelais. L’autre fictionnelle, celle de l’histoire du poète allemand qui, après avoir quitté Bordeaux en 1802, réapparaîtra quelques mois plus tard, «le regard vide et sauvage», «sans un sou et en haillons», dans sa patrie pour y être interné. A travers son long-métrage, Simohammed Fettaka raconte l’histoire de Farid, un jeune poète en quête de reconnaissance. Venu pour enseigner la langue arabe aux enfants d’une famille bordelaise, ses aspirations sont brouillées au moment où il fait une curieuse découverte au bord de la Garonne. Sous le regard lointain de Rachid, un homme mystérieux et reclus, le personnage s’égare alors dans une série de visions étranges et aliénantes. Les deux personnages s’engagent dans une quête poétique et existentielle qui les conduit systématiquement vers les eaux du fleuve…

Parcours

Né en 1981 à Tanger, Simohammed Fettaka partage sa vie entre Paris et sa ville natale. Il intègre en 2007 l’université d’été de la Femis (Ecole nationale supérieure des métiers de l’Image et son). En 2008, il fonde le festival Cinéma Nachia à Tanger, dédié à la jeune création marocaine et africaine et collabore également avec la cinémathèque de Tanger. Parmi ses expositions les plus récentes, l’on retrouve «Only god can play» à la galerie CulturesInterface à Casablanca. L’artiste a également participé au MuCEM à Marseille, à la 5e Biennale de Marrakech…

Aïda BOUAZZA
 

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