Competences & rh

Entretien d’évaluation
Les managers aux anges, les salariés déçus

Par Ahlam NAZIH | Edition N°:4658 Le 01/12/2015 | Partager
Gros décalage entre la perception des salariés et celle de leurs N+1
Savoir motiver, écouter et conseiller, le talon d’Achille des supérieurs
Les résultats de la 6e «Enkête» de Rekrute.com

Les entretiens individuels ont généralement lieu une fois par an. Cela dit, salariés et managers sont plus satisfaits quand ces face-to-face sont organisés plusieurs fois par an. Près de la moitié d’entre eux déclarent que l’échange dure entre 15 et 30 minutes. Le tiers des managers et le quart des salariés avancent qu’il prend entre 30 minutes et une heure, et c’est justement la durée plébiscitée par tous les sondés. Cependant, même quand l’entretien prend moins de 15 minutes, cela ne semble pas déranger les managers, dont 70% jugent que c’est suffisant

Autoévaluation, appréciation par les pairs ou par les clients, la méthode 360 degrés utilisant plusieurs sources d’information sur le salarié,… les techniques d’évaluation du personnel sont diverses, mais l’entretien individuel, généralement organisé entre décembre et février, demeure le plus courant.
Au Maroc, il est surtout d’usage dans les grandes structures. Néanmoins, les salariés n’en sont pas toujours satisfaits. C’est ce que révèle la 6e «Enkête» du cabinet Rekrute.com qui s’est penché sur le sujet. «En réalité, les points sensibles et délicats ne sont pas toujours abordés et ceci crée une frustration chez les personnes évaluées. L’entretien d’évaluation est un véritable outil RH, sur lequel les entreprises doivent capitaliser, car il peut engendrer un vrai regain de motivation», insiste Charlotte Lefort, directrice des Opérations.
L’enquête, qui a touché 2.031 personnes (1.513 en situation d’emploi dont 540 managers), a montré un gap entre les perceptions des employés et celle des managers. Si ces derniers sont persuadés à 74% que les salariés sortent motivés de ces rencontres, les employés, eux, ne sont que 54% à l’affirmer. Près du tiers (31%) considèrent même qu’il s’agit d’une simple formalité, tandis que 13% estiment que cela a tendance à les démotiver. 41% pensent que les échanges effectués sont sans surprise et confirment ce qui a déjà été dit. La même proportion déclare, en revanche, qu’ils apportent des éléments nouveaux. Mais 20% les jugent décevants, car loin de leurs attentes.
«L’entretien doit être préparé en amont, en y intégrant des exemples concrets. Le manager gagnerait à bien expliquer au salarié les raisons de la notation accordée, et à lui montrer qu’il est là pour l’aider à trouver des solutions pour qu’il puisse s’améliorer. S’il comprend cela, il ne partira pas déçu», précise Khalid Benghanem, DRH et membre du directoire de Taqa Morocco. «Il ne faut pas oublier qu’il s’agit aussi d’une co-analyse des résultats, permettant au manager de se remettre à son tour en question. Avant de se quitter, il est important de se mettre d’accord sur une conclusion commune», suggère-t-il.  
La capacité à motiver semble être le principal talon d’Achille des managers. C’est le premier point à améliorer de l’avis des salariés (37%), suivi de la connaissance du poste en question et des activités qui y sont liées (24%), de la qualité d’écoute (15%) et de la capacité à conseiller (14%).
En définitif, les salariés accordent la note de 5,51/10 aux entretiens qu’ils passent dans leur entreprise, contre 7,07/10 pour les managers, manifestement plus satisfaits.         
En matière d’attentes, employés et managers sont plutôt sur la même longueur d’onde, à quelques exceptions près. Les salariés ont d’abord besoin de discuter de leur évolution de carrière et de fixer de nouveaux objectifs précis pour leur poste. Leurs N+1 en ont parfaitement conscience. En troisième lieu, les salariés avancent leur souhait de faire connaître leurs attentes en formation. Tandis que les managers évoquent les gênes au quotidien dans l’exercice des fonctions comme 3e thème de discussion. La renégociation du salaire et des avantages est placée en 6e position parmi les 9 attentes relevées. Les responsables hiérarchiques y accordent moins d’importance, en la classant en dernière place.

Des échanges d’abord orientés vers les objectifs

Fixer de nouveaux objectifs précis, c’est le principal sujet de discussion durant les entretiens individuels. Viennent ensuite l’évolution de carrière, les problèmes rencontrés au quotidien, les attentes en termes de formation et les réflexions sur l’entreprise. Le bilan des forces et des faiblesses est le 6e axe évoqué. Cela dit, les salariés gardent un goût d’inachevé par rapport au traitement de ces sujets, contrairement aux managers qui semblent en être plus satisfaits. Ces derniers, à l’issue de l’entretien d’évaluation, s’attellent d’abord à la définition des objectifs futurs et d’un plan d’action. Près de la moitié d’entre eux se remet en question et tente de réviser sa manière d’agir.

Ahlam NAZIH

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