Régions

Casablanca/Gestion déléguée
Bientôt la révision du contrat avec Lydec

Par L'Economiste | Edition N°:4635 Le 27/10/2015 | Partager
Le comité de suivi du maire en fait une priorité
Le processus déjà lancé du temps de Sajid
Les réclamations des clients se multiplient

Les 4 délégataires du service de la distribution de l’eau, de l’électricité et de l’assainissement (Casablanca, Rabat, Tanger et Tétouan) n’ont pratiquement jamais fait l’objet d’une révision quinquennale à l’exception de l'avenant au contrat de gestion déléguée en mai 2009, conclu entre Lydec et l’autorité délégante

Quelques jours à peine après son installation, le nouveau comité du Conseil de la ville, en charge du suivi de la gestion déléguée de la distribution de l’eau, de l’électricité, de l’assainissement et de l’éclairage public, s’attaque aux dossiers prioritaires. Parmi eux, figure la révision du contrat de délégation. «Nous allons en priorité entamer la révision du contrat qui a accumulé un retard considérable», confie à L’Economiste l’un des membres de ce comité, formé de 6 élus, dont 4 issus du PJD, et présidé par le 1er adjoint du Conseil de la ville, Abdessamad El Haykar (également président de l’arrondissement de Maârif).
Comme son nom l’indique, la révision quinquennale doit intervenir tous les 5 ans. Or, il n’en est rien. La dernière en date remonte à plus d’une décennie. «L’objectif étant d’actualiser et d’adapter ses termes pour éviter tout dysfonctionnement aussi bien du côté du délégataire que du côté de l’autorité délégante», poursuit l’élu, membre du comité de suivi.
Ce processus de révision a été entamé, rappelons-le, à l’époque de l’ancienne équipe Sajid. D’ailleurs, un audit est déjà opéré, dont les résultats serviront certainement de base au travail de la nouvelle équipe en place depuis la semaine dernière (cf. édition du 22 octobre 2015).
La gestion déléguée de la distribution de l’eau et de l’électricité n’a jamais été autant critiquée. Ce n’est pas pour rien qu’une commission du ministère de l’Intérieur a décidé de se pencher sur le cas Amendis, après les vives protestations des Tangérois qui ont failli tourner à la fronde (cf. édition du 20 octobre 2015).
A Casablanca, des réclamations des consommateurs refont de temps à autre surface, notamment à l’occasion d’augmentations tarifaires ou de factures jugées «exorbitantes». Sont notamment pointées du doigt les factures de plus en plus rapprochées, qui donnent même parfois l’impression de se chevaucher. «Il me semble que je règle mes consommations toutes les 3 semaines et non sur un mois», s’insurge une cliente casablancaise. De surcroît, les factures arrivent généralement en décalage avec la fin du mois (avant les virements de salaires). Et en cas de non-paiement, la «coupure d’électricité intervient dans des délais trop courts». Tarifs exorbitants, lecture non régulière des compteurs, recours aux  simulations… sont autant de griefs que les consommateurs relèvent régulièrement chez Lydec.
Les récentes augmentations et la réforme tarifaire des tranches appliquée depuis le mois de septembre 2014 n’ont pas arrangé les choses. «Ces factures, constamment en hausse, sont devenues hors de portée des habitants, surtout les plus démunis», renchérit un autre consommateur.
En effet, avec l’application du système à 6 tranches pour l’électricité et à 5 tranches pour l’eau, les compteurs communs ou multifoyers génèrent des factures «astronomiques» destinées aux populations les plus démunies (dont beaucoup louent des chambres). Lydec avait promis de s’attaquer à ce problème épineux en raccordant individuellement le maximum de foyers ou, le cas échéant, en tenant compte du nombre de familles raccordées à chaque compteur pour établir la facture.
Outre les consommateurs, la Cour des comptes n’a pas non plus été tendre avec les délégataires de la distribution de l’eau, l’électricité et l’assainissement.
En témoigne le dernier rapport, datant de 2014, qui a fustigé le mode de gestion déléguée. Pour les magistrats de la Cour, les délégataires restent en deçà des objectifs fixés en matière d’investissement. «Des retards ont été enregistrés sur les projets structurants dans l’assainissement, tels les émissaires, les stations de prétraitement, les intercepteurs et les collecteurs», relève le rapport. De même, les délais de révision quinquennale ne sont jamais respectés.  A Casablanca, la mise en service en mai dernier du système anti-pollution du littoral Est (SAP Est) a certes permis la dépollution à 100% du littoral de la métropole (pour un investissement de 1,45 milliard de DH), mais beaucoup reste à faire, notamment en matière de raccordement des quartiers périphériques aux réseaux d’assainissement, de protection contre les eaux pluviales, éclairage public …

Dysfonctionnements à tous les étages

Outre le comité de suivi, relevant du Conseil de la ville de Casablanca, Casa-Prestation, la SDL nouvellement créée, devrait aussi assurer le contrôle de la gestion déléguée (distribution, propreté…). Cette nouvelle organisation est censée pallier les nombreux dysfonctionnements et lacunes pointés du doigt par les magistrats de la Cour des comptes. L’exécution des contrats de gestion déléguée ne permet pas aux collectivités territoriales d’exercer  leurs prérogatives en tant qu’autorité délégante. Autrement dit: les communes ne font pas le poids devant les délégataires, souvent filiales de multinationales bien rompues à la confection de contrats infaillibles, du point de vue juridique. Les fonctionnaires ne sont ni formés, ni outillés pour assurer le suivi de l’exécution des contrats de délégation.

Aziza EL AFFAS

 

  • SUIVEZ-NOUS:

  • Assabah
  • Atlantic Radio
  • Eco-Medias
  • Ecoprint
  • Esjc