Evénement

Transport touristique
Uber, «opérateur non grata»

Par L'Economiste | Edition N°:4633 Le 23/10/2015 | Partager
L’activité en ordre de bataille
Elle chute de 75% sur les circuits touristiques

 L’arrivée d’un nouveau concurrent au business model atypique comme Uber conjuguée à la morosité du secteur poussent les opérateurs du transport à resserrer leurs rangs

La crise que connaît actuellement le secteur touristique commence à impacter fortement les différentes filières gravitant autour de l’activité. «Bien que le ministère ait annoncé une baisse des arrivées ne dépassant pas les 2%, les opérateurs du transport touristique ont constaté une baisse d’activité qui oscille entre 20 et 40%», précise Othman Cherif Alami, président de la Fédération nationale du transport touristique (FNTT). En effet, la corporation vient d’enregistrer une chute de 75% entre 2014 et 2015 dans les circuits touristiques qui sont passés de 160 à 50 voyages/semaine.
Une tendance baissière imputée à un déficit en termes de communication de crise quasi inexistante du gouvernement face aux amalgames qui prévalent actuellement sur la destination Maroc. «Il y a une baisse qui va jusqu’à -50% de mouvements enregistrés vers le Maroc dans certains aéroports. Une tendance qui devrait se poursuivre  jusqu’à mars prochain», alerte le président de la FNTT. Selon les opérateurs du secteur, la tendance actuelle est à la baisse des prix, jusqu’à -50% par rapport à l’Espagne. Une situation qui traduit une faible visibilité sur les prévisions pour 2016. «Heureusement, il y a une bonne résilience due à peu de recours au crédit bancaire par les opérateurs», nuance le management de la FNTT.
Face à ce climat morose, les professionnels du transport touristique sont aux abois face à l’arrivée de l’américain Uber. En témoigne la directive de la Fédération qui appelle les opérateurs à éviter toute collaboration avec le géant américain. L’implantation d’Uber au Maroc est qualifiée d’informel par les opérateurs et les ministères concernés. «Uber est une épée de Damoclès sur les transporteurs touristiques. C’est une menace directe sur le métier vu que l’entreprise ne se solidarise pas avec ces partenaires en cas d’accident», explique un cadre au ministère du Tourisme, avant d’ajouter: «Le fait que la Fédération se soit saisie de l’affaire Uber comme partie civile montre le degré de maturité des opérateurs. Il n’empêche que l’on ne peut pas arrêter l’installation de “l’uberisation” de l’économie, il faut évoluer!»
D’ailleurs, le président de l’Observatoire national du tourisme a expliqué cette situation difficile du secteur par la crise économique qui secoue les marchés traditionnels de la destination Maroc conjuguée au changement de modèle économique que connaît le secteur, à savoir l’essor d’internet et une baisse des achats groupés. «A ces éléments s’ajoutent l’explosion de l’économie collaborative au niveau du transport avec Uber, mais aussi l’hébergement informel via Airbnb dont l’activité au Maroc croît jusqu’à 30%/mois», signale Said Mouhid, président de l’Observatoire national du tourisme. La plateforme d’hébergement propose  actuellement 15.000 lits/semaine sur la destination Maroc.
Un chiffre qui enregistre une croissance de 5.000 lits/mois, selon la FNTT. Pour les professionnels, l’intégration de ces nouveaux acteurs ne se fera que si ces derniers se conformeront à la réglementation en vigueur, notamment le Dahir 32 portant sur la déclaration d’hébergement de touristes ou encore les dispositions fiscales régissant le secteur.

A. At.

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