Entreprises

«Avoir le n° 2 de Google, une chance»

Par Stéphanie JACOB | Edition N°:4624 Le 09/10/2015 | Partager

Chafik Sabiry, mentor Endeavor, est l’ancien président de HP CDG IT Services Maroc

Depuis janvier 2014, Chafik Sabiry est mentor pour Endeavor Morocco. Ancien intrapreneur, il a monté des sociétés pour 2 grandes entreprises, HP et CDG, créant 1.300 emplois en 6 ans. Aujourd’hui, il offre bénévolement ses atouts, son expérience et beaucoup de son temps au service des entrepreneurs.
- L’Economiste: D’où vous vient cette envie de transmettre votre savoir-faire?
- Chafik Sabiry:
Nous sommes tous passionnés parmi les mentors. D’abord parce que ce temps consacré n’est pas rémunéré. Nous le faisons dans le cadre du give back, un des principes Endeavor. Vous avez réussi quelque chose dans votre vie, vous le partagez. Soyons idéaliste “à l’américaine”, c’est aussi l’envie de rendre le monde meilleur. J’ai vu s'étoffer, en quelques années, l’environnement de l’entrepreneuriat au Maroc, avec notamment Injaz, Réseau Entreprendre, CEED, Startup Maroc ou Enactus. Je crois beaucoup en cette chaîne de valeurs, car il n’existe pas de concurrence entre ces différentes initiatives qui opèrent chacune sur un segment particulier d’entrepreneurs. Je me suis donc impliqué dans toutes ces actions pour aider des gens soit à travailler leurs idées, soit à se développer, soit, comme aujourd’hui avec Endeavor, à engager une croissance exponentielle plutôt que de rester sur des rythmes de croissance plus normaux.
- Quels sont les bénéfices pour un entrepreneur d’être labellisé Endeavor?
- Il faut déjà savoir que passer les sélections est un exercice qui demande un engagement et un travail personnel importants. L’entrepreneur doit pouvoir déléguer plus pour travailler le futur de son entreprise. Sa chance est de rencontrer ici des gens qui le poussent dans ses retranchements et le challengent. Le panel d’aujourd’hui regroupe des VP de Google et de grands patrons de sociétés. Avoir le feedback d’un Mike Cassidy par exemple est une chance extraordinaire. Une heure avec lui équivaut à plusieurs mois d’expérience. L’idée est de leur permettre de se poser des questions qu’eux-mêmes ne s’étaient jamais posées.
- Votre avis sur l’esprit d’entreprise au Maroc?
- Il y a 4 ans, l’entrepreneuriat au Maroc était quasi inexistant. Grâce au travail associatif, différents signaux nous montrent que cela commence à rentrer dans les mœurs. Même si l’enseignement n'insuffle pas chez nos jeunes l’esprit d’entreprise, nous avons tous les moyens pour nous éduquer nous-mêmes. Avec internet, l’éducation s’est démocratisée. Il s’agit juste de volonté et de motivation. Mais attention, au Maroc comme ailleurs, lorsqu’on parle d’entrepreneuriat, on pense nouvelles technologies et Silicon Valley. Une erreur. L’entrepreneuriat, c’est aussi ouvrir son épicerie et faire travailler 2 ou 3 personnes.
Propos recueillis par
Stéphanie JACOB
 

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