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Culture

Faire connaissance avec L’Boulevard…

Par Aïda BOUAZZA | Edition N°:4611 Le 18/09/2015 | Partager
16 éditions depuis 1999 avec un parcours pas toujours facile
EAC L’Boulevart, c’est toute l’année avec le Boultek, le festival du documentaire musical, le festival Jidar à Rabat…
Près de 100.000 festivaliers assistent à l’évènement en 10 jours

Hicham et Momo, fondateurs du festival L’Boulevard, devant la scène: «Nous travaillons toute l’année pour L’Boulevard. Le festival n’est que le point culminant»
 

Les anciens abattoirs de Casablanca n’ont pas désempli  durant les 3 jours du Tremplin.  Les concerts, les spectacles, le souk associatif… ont encore une fois fait déplacer les foules. La compétition Tremplin, première partie du Boulevard, qui s’est tenue du 11 au 13 septembre aux abattoirs de Casablanca, s’est achevée en annonçant les lauréats de cette édition. A l’issue de cette compétition, les vainqueurs ont enregistré 2 titres. Ils ont également obtenu du 14 au 16 septembre une formation «Profession musicien» au Boultek  pour enfin donner un concert sur la scène L’Boulevard.
La 16e édition du festival de la culture urbaine L’Boulevard a repris ses quartiers au COC depuis jeudi 17 septembre, avec des concerts hip-hop, notamment le poète rappeur Youssoupha ou encore le Marocain Mobydick. Pour ne pas déroger à la règle, vendredi soir ainsi que dimanche seront dédiés à la fusion, alors que samedi sera plus metal. A noter, le groupe Skindred dont le chanteur a connu des problèmes de santé est remplacé par Klone le samedi soir.
Tout le monde en a entendu parler ou encore vu ses affiches placardées sur les murs ou en 4x3 dans Casablanca. Mais que connaît-on vraiment de ce festival mis à part son nom, ou celui de ses fondateurs, Mohamed Merhari dit Momo et Hicham Bahou?
L’évènement a été pensé au départ comme une compétition pour mettre en lumière les jeunes talents de la scène underground incluant  rap /hip-hop, metal et fusion. Momo, alors salarié de la Fédération des oeuvres laïques (FOL), commence à organiser des concerts à l’arrivée du nouveau directeur qui lui donne carte blanche. Il invite des groupes de la communauté rock mais aussi hip-hop à venir se produire. L’idée de créer une petite compétition pour motiver  les jeunes commence à germer, et le Tremplin des jeunes musiciens de Casablanca voit le jour en 1999.
En 2004, Momo et Hicham créent EAC-L’Boulvart (Education artistique et culturelle), une association culturelle à but non lucratif qui œuvre pour la promotion et le développement de la culture urbaine au Maroc. Pendant les 3 premières années, la tâche n’était pas aisée pour le duo qui, sans siège, faisait tourner la machine au système «D», en louant des appartements pour préparer le festival. «Nous avons sauvé l’essentiel pendant 3 ans», précise Momo. En 2008, le Boultek commence à prendre forme pour ouvrir enfin ses portes en 2010.
Ce festival indépendant fonctionne à travers l’association EAC-L’Boulevart, un mode de fonctionnement revendiqué par Hicham Bahou. «L’ensemble de l’équipe est constitué de membres qui ont fait des concessions, notamment sur les exigences salariales. Nous prônons d’autre part un fonctionnement à l’horizontale et non à la verticale. Nous alimentons un esprit qui fait la force du Boulevard». L’Boulevard représente beaucoup plus qu’un festival de 10 jours. Il s’agit de la synthèse d’une année de travail. Et comme le précisent les organisateurs, «il y a beaucoup d’énergies qui permettent le maintien du Boulevard, il n’y a pas que Hicham et Momo».
Cette structure qui fonctionne comme une tribu représente aussi le secret du fonctionnement. Côté budget, un festival comme L’Boulevard nécessiterait une somme minimale de 10 millions de dirhams. Or, pour réduire les coûts, l’équipe passera plutôt 10 mois à mettre en place sa programmation en allant à la chasse aux bons plans et en cherchant des facilités pour booker les artistes retenus. Des règles sont aussi établies concernant les cachets. En effet, l’organisation ne dépasse pas un cachet. «Exceptionnellement, et c’est très rare que nous soyons arrivés à 15.000 dollars par exemple. C’était notamment le cas avec De La Soul ou encore Mos Def», confie Hicham. Pour arriver à ses fins, l’organisation repose parfois sur l’insistance. Les artistes font alors des concessions pour le cachet. Pour accéder à ces artistes, plutôt que de passer par des agences, l’organisation passe par un réseau d’amis, d’artistes… Il arrive même que le bouche à oreille fasse le travail. Dans certains cas, les artistes ayant déjà joué au Boulevard en parlent à des confrères qui à leur tour veulent vivre la même expérience. Ce festival reste aujourd’hui le seul évènement qui permet à certains courants musicaux comme le metal de se produire. Ce style constitue d’ailleurs le cœur de l’âme du festival. Les artistes viennent des quatre coins du pays pour partager leur passion.  EAC-L’Boulevart est également éditrice de L’Kounache, une publication annuelle dédiée à la musique alternative au Maroc. Créé par une communauté d’artistes, de journalistes, de graphistes, illustrateurs… il comprend des dossiers, des reportages, des articles… L’association prévoit également de lancer la diffusion continue de sa webradio. Une station qui diffuse des playslists et les concerts live du festival ainsi que son émission. Aujourd’hui, le festival de la culture urbaine, c’est aussi Sbagha Bagha (cf. édition du 16 septembre), le théâtre, le cirque… L’objectif principal des organisateurs est la pérennisation de l’évènement.

Boultek

Situé au sein du Technopark de Casablanca, le Boultek est un centre de musique actuelle qui fonctionne tous les jours jusqu’à 23 h permettant aux artistes de la scène alternative de se retrouver, échanger, répéter et jouer. Ce centre met à disposition des artistes 3 studios de répétition avec des équipements et une régie. Il dispose d’autre part de deux salles de formation, un studio radio, une salle de concerts et d’un studio d’enregistrement. «Le Boultek  est le seul lieu du genre où il y a des lives régulièrement. C’est malheureux qu’une ville comme Casablanca dépende d’une petite association qui propose quatre concerts par mois de jazz, de rock, de musique traditionnelle…», déplore l’organisation. Depuis sa création en 2010, plus de 150 groupes y ont répété, il a accueilli 14 résidences de création musicale, lancé 6 albums et organisé plus de 80 concerts. Le Boultek a également animé 12 formations et ateliers, 8 rencontres et masterclass, créé 4 collectifs et organisé 18 projections.

Aïda BOUAZZA
 

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