Politique

Régions: Qui seront les nouveaux présidents?

Par Mohamed CHAOUI | Edition N°:4606 Le 11/09/2015 | Partager
La bataille de Tanger n’a pas encore livré tous ses secrets
Le dépôt de candidature du RNI à Tétouan brouille les cartes
Le vote pour les présidences sera public

L’accord obtenu au forceps par la majorité mercredi matin semble remis en cause. Le dépôt de candidature de Rachid Talbi Alami mercredi soir moins d’une heure avant l’expiration du dernier délai pour la présidence du conseil municipal de Tétouan a brouillé les cartes. Le PJD voulait cette ville où le président sortant du PJD devait rempiler. Ce rebondissement risque de remettre en cause les ententes passées au sein de la majorité sur les présidences des quatre régions ou d’autres villes. En tout cas, le RNI a convoqué d’urgence une réunion de son bureau politique pour hier jeudi en fin de journée. A l’heure où nous mettions sous presse, aucune information n’a filtré. En tout cas, c’est la dernière ligne droite pour l’élection des présidences de région et de villes. En effet, le ministère de l’Intérieur a prévu un délai pour élire les bureaux et les patrons des villes et des régions. Ainsi, les élus doivent le faire entre lundi et jeudi prochain. Mais l’important dans ce processus électoral est ailleurs. Il s’agit du  vote pour les présidences qui sera public. L’achat des voix des grands électeurs, une pratique courante par le passé, devient une tâche difficile. Signalons qu’avant, le suffrage était secret et permettait à quiconque de voter même pour son adversaire sans être inquiété. Désormais, tout le monde saura qui a voté pour qui. Ceux qui ne respectent pas les consignes de leurs états-majors s’exposent à des sanctions comme la radiation.
Pour la mairie de Rabat, Mohamed Sadiki sera le candidat du PJD qui dispose de 39 voix sur 86. Celui qui remplacera donc Fathallah Oualalou, ex-ministre des Finances qui a choisi de ne pas se représenter, est un ancien cadre de Rédal. Aujourd’hui, il est chef de cabinet de Aziz Rebbah. Il est membre du Conseil national du PJD et président de l’association des ingénieurs du parti.

Le duel PJD-PAM à Tanger promet des étincelles

A Salé, c’est le PJD qui a la majorité absolue. C’est donc Jamae El Moatassime, directeur de cabinet du chef du gouvernement, qui devra faire la passation avec Noureddine Lazraq du RNI pour prendre la mairie. Il a été président de l’arrondissement de Tabriquet, avant d’avoir des démêlés avec la justice. Jamae El Moatassime est également membre du Conseil économique, social et environnemental.
Quant à la région de Rabat-Salé-Kénitra, il y a de fortes chances qu’elle soit confiée à Abdessamad Sekkal, membre du Conseil national du PJD. Contrairement à ce qui a été avancé dans la presse, Amina Benkhadra, du RNI, n’est pas concernée par cette compétition puisque sa liste n’a pas pu franchir le seuil d’éligibilité.
Mais c’est sur Tanger que les projecteurs seront braqués. Et pour cause, l’affrontement entre le PJD et le PAM promet des étincelles. Ilyas Omari, secrétaire général adjoint du PAM et originaire de la région d’Al Hoceima, croisera le fer avec Said Khayroune, député de Ksar Lekbir et président de la Commission des finances de la Chambre des représentants. Cette bataille laissera sûrement des traces d’autant que la différence numérique entre la majorité et l’opposition est faible. Du côté du PAM, on considère que la candidature d’Ilyas Omari a toutes les chances d’aboutir. Le secrétaire général du PAM a réussi à obtenir des promesses de conseillers des partis de la majorité de voter en sa faveur. En contrepartie, le PAM fera des concessions en soutenant ces partis comme le RNI et le MP dans certaines communes pour accéder à la présidence.   
L’autre duel au sommet opposera Mohand Laenser, secrétaire général du MP, à Hamid Chabat. Le patron de l’Istiqlal, qui a perdu la mairie de Fès, espère reprendre des forces par conquête de la région.
Ce n’est pas le cas de la région de Souss-Massa qui doit tomber dans l’escarcelle du RNI si l’accord de la majorité est maintenu. C’est Brahim Hafidi qui a été choisi pour la présidence de cette région. Il est d’ailleurs, le président sortant du conseil de cette région et DG de l’Agence nationale pour le développement des oasiennes et de l’arganier. On comprendra il a bénéficié du soutien de Aziz Akhanouch, originaire de cette région.
La région de Béni Mellal Khénifra reviendra à Mehdi Atmoune, du Mouvement populaire. Il est d’ailleurs, le président sortant de la région de Chaouia-Ouardigha dans l’ancien découpage régional. Son frère Abderrahim Atmoune, membre actif du PAM, est président de la Commission parlementaire mixte Maroc-Union européenne de la Chambre des conseillers. Dans cette région, le ministre Lahcen Daoudi du PJD s’était présenté et sa liste a fait moins que celle du MP. Mais là ou ailleurs, rien n’est définitivement joué tant que le vote des grands électeurs n’a pas eu lieu.

                                                           

Régionales : Le RNI récupère un siège
perdu au Nord

LE parti du Rassemblement National des Indépendants vient d’être bonifié d’un siège supplémentaire au niveau du conseil de la Région qui passe de 7 à 8 représentants. Il s’agit d’un siège qui avait été auparavant attribué à l’USFP ( qui en avait 5) mais qui, au vu des derniers recomptes est à mettre du côté du parti de la Colombe. Rien ne permet à l’heure actuelle de comprendre ce qui s’est passé, mais il semblerait que les derniers procès-verbaux de certaines communes rurales de Larache aient pris du temps avant leur traitement.  A noter que le score du reste des partis reste inchangé.
Mohamed CHAOUI

 

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