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Elections: Ce «4 septembre» laissera des traces

Par Mohamed Ali Mrabi | Edition N°:4602 Le 07/09/2015 | Partager
Les alliances se feront entre les partis de la coalition gouvernementale
Des personnalités ont échoué dans cette échéance électorale

■ La majorité en rangs serrés
Les résultats des scrutins du 4 septembre se soldent par une redistribution des cartes au niveau communal et régional. Globalement, le trio de tête dans les résultats au niveau national est le même

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que dans les communes et les régions, avec deux formations de l’opposition et une de la majorité. Dans les détails, le PAM est arrivé en tête des partis au niveau communal avec 21,12% soit 6.655 sièges. Il est talonné par l’Istiqlal avec 16,22% soit 5.106 sièges et le PJD avec 15,94% soit 5.021 sièges. Ils sont suivis de deux autres formations de la majorité, le RNI et le MP, avec respectivement 13,99% et 9,54%. Les performances de ces formations ont connu des variations importantes par rapport au scrutin de 2009. Ainsi, le PAM a consolidé sa position de 1re formation au niveau local en raflant 640 sièges supplémentaires. Cela, contrairement à l’Istiqlal qui en a perdu 186. Mais le parti de la balance a pu se maintenir à la 2e position. Dans ce scrutin, c’est le PJD qui a réussi le plus grand coup en quadruplant son score, pour se placer 3e dans le classement général alors qu’il avait occupé la 6e place en 2009. Il est passé de seulement 1.513 sièges en 2009 à 5.021 actuellement. Mais il faut préciser que le PJD avait présenté 7.000 candidats supplémentaires lors de ces élections, avec une plus forte présence dans les circonscriptions rurales par rapport au scrutin précédent, comme l’a précisé Mustapha El Khalfi.
Le RNI, arrivé 4e, a perdu une place par rapport à 2009 et 296 sièges. Autre parti de la majorité, le MP, a préservé sa 5e position, en faisant mieux en termes de nombre de sièges. Le parti de Mohand Laensar a glané 794 sièges supplémentaires. L’USFP peut être considéré comme l’un des plus grands perdants des partis de l’opposition lors de ce scrutin. Le parti de la rose est passé de la 4e à la 6e position entre 2009 et 2015. Le parti a enregistré une contre-performance de 570 sièges. Dès l’annonce des résultats, les patrons des quatre partis de la majorité ont tenu une réunion, samedi matin. Principale résolution: se conformer à l’accord entériné il y a quelques semaines concernant les alliances. La consigne donnée est de privilégier des coalitions locales entre les élus des 4 formations de la majorité, afin d’assurer une homogénéité des conseils, comme l’a indiqué Abdessamad Haïkar, élu PJD au niveau de la circonscription Casablanca Anfa. Les formations de la majorité s’en félicitent, car cela leur permettra, avance-t-il de «pouvoir transposer les orientations du programme gouvernemental au niveau local», comme l’a indiqué Hakima Fassli, élue PJD dans la circonscription de Aïn Sbaâ. En face, les partis de l’opposition ont décidé de ne pas s’allier au PJD pour la conduite des conseils communaux ou régionaux. Les patrons du PAM, de l’Istiqlal, de l’USFP et de l’UC ont tenu une réunion, samedi dernier, à l’issue de laquelle ils ont annoncé qu’ils écartent définitivement l’idée d’entrer dans des coalitions conduites par le PJD, à cause «des irrégularités et violations» commises lors des élections.
■ Le PJD aux commandes des grandes villes
Abdelilah Benkirane se pavanait lors de la conférence organisée au siège du PJD samedi dernier. Son parti a réussi le pari de faire tomber dans son giron certaines grandes villes, avec des enjeux économiques de taille. D’autant plus que les élus du parti de la lampe pourront gouverner ces conseils en se basant sur une majorité confortable. Ce qui permettra d’éviter les blocages récurrents dont souffraient plusieurs formations qui étaient obligées de cohabiter avec d’autres dans le cadre d’alliances fragiles. Ainsi, le PJD prendra les rênes de Tanger, ville en plein essor économique vu les grands chantiers ouverts, conduite jusque-là par le PAM à travers le maire sortant Fouad El Omari. Désormais, le PJD dispose de 49 sièges sur 85 au niveau du Conseil de la ville, contre seulement 22 en 2009. Le PAM n’a réussi à obtenir que 13 sièges. Idem pour Fès, considérée par les dirigeants du PJD comme le symbole de leur sacre dans les communales du 4 septembre. Idriss Azami, ministre du Budget, pressenti à la tête de la mairie disposera d’une majorité confortable avec 72 sièges sur 97. Casablanca fera également partie des villes pilotées par le PJD. Le parti dispose de 74 sièges sur 147 au niveau du Conseil de la ville. Une alliance avec le RNI, arrivé 2e avec 23 sièges, accordera au binôme de la coalition gouvernementale une majorité confortable pour diriger la métropole.
Le parti de la lampe a également conservé la ville de Kénitra. Aziz Rabbah a réussi à briguer un nouveau mandat en dépit des critiques qui avaient été formulées concernant sa gestion du conseil municipal. Le PJD a remporté 49 sièges sur 65 au niveau de la commune urbaine, et 281 sièges au niveau de toute la province. Ceci est d’autant plus important que cette zone est en pleine transformation avec l’installation de grands groupes industriels, notamment dans le secteur automobile. C’est le cas également à Agadir où le parti a décroché 33 sièges sur 65, suivi de la liste du maire sortant Tarik Kabbaj, avec 10 sièges, mais aussi le RNI avec 6 sièges. Dans d’autres villes, le PJD a réussi à se positionner en tête des résultats, mais devra marchander avec d’autres formations pour s’assurer une majorité confortable. C’est le cas notamment à Tétouan où le parti a réussi à décrocher 23 sièges sur 59, soit un peu moins que la majorité. Mais il peut compter sur l’appui du RNI, qui dispose de 10 sièges. Les patrons de la coalition gouvernementale ayant donné la consigne de respecter les alliances entre leurs candidats.

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Marrakech, dirigée depuis 2009 par Fatima Zahra Mansouri du PAM, devra tomber dans le giron du PJD qui dispose de 40 sièges. Mais il a besoin de 4 sièges supplémentaires pour atteindre la majorité. Il faut dire que le PAM a maintenu sa présence en tant que première force politique au niveau de la préfecture, avec 148 sièges contre 145 pour le PJD.    
■ Les gagnants et les perdants
Les résultats des scrutins du 4 septembre ont été mitigés pour les stars politiques qui sont descendues dans l’arène électorale. Le PJD a réussi l’exploit de faire élire tous les ministres qui se sont portés candidats aux élections. C’est le cas notamment d’Idriss Azami aux communales à Fès, Abdelaziz El Omari dans les régionales à Casablanca. Notons également le come-back de Habib Choubani, l’ex-ministre des Relations avec le Parlement, qui avait quitté le gouvernement lors du dernier remaniement. Il a réussi à se faire élire dans les régionales à Errachidia, où le PJD a raflé 33,59% des sièges. A Casablanca, Yasmina Baddou a pu maintenir une représentativité de l’Istiqlal au Conseil de la ville. Sa liste a remporté 5 sièges.
Le maire sortant Mohamed Sajid a pu décrocher 8 sièges et Moncef Belkhayat, candidat RNI et ex-ministre de la Jeunesse et des Sports a remporté 3 sièges. De son côté, la liste de Mustapha Bakkoury, patron du PAM, n’a obtenu que 2 sièges. Un peu mieux que l’istiqlalien Karim Ghellab, ex-président de la Chambre des représentants, qui est le seul élu sur sa liste. L’ex-ministre de l’Energie et des Mines, Fouad Douiri, n’a pas réussi à se faire élire. A Marrakech, la maire sortante Fatima Zahra Mansouri a réussi à se faire élire même si elle a été devancée par l’avocat pjdiste Youness Benslimane. A Rabat, Omar Bahraoui a assuré 8 sièges, contrairement au président sortant du conseil régional Abdelkbir Berkia (RNI) qui n’a pas pu assurer un nouveau mandat. Mais c’est l’USFP qui est considéré comme le grand perdant à Rabat. Non seulement il a perdu la mairie, dirigée jusque-là par Fathallah Oualalou, mais il n’a pas non plus réussi à assurer des sièges pour certaines têtes d’affiche comme la parlementaire Rachida Benmassaoud et Youness Moujahid. Dans la capitale, Omar Balafrej, tête de la liste de la Fédération de gauche a créé la surprise en arrivant 2e dans la circonscription Agdal Riad. Cela contrairement à Nabila Mounib, qui n’a pas pu faire autant à Casablanca, où elle a affronté des poids lourds. Rappelons aussi que Abdeslam Seddiki, ministre de l’Emploi, n’a pas réussi à décrocher un siège à Taza.      
■ Election des présidents: Comment ça marche
Après l’annonce des résultats des scrutins du 4 septembre, place aux négociations pour la formation des bureaux des conseils communaux et régionaux et l’élection des présidents. La séance d’élection des nouveaux présidents des communes et des régions devra avoir lieu dans les 15 jours qui suivent, soit au plus tard le 19 septembre. Dans les communales, deux modalités se présentent: dans les communes qui ont adopté le scrutin uninominal, tous les élus peuvent prétendre à la présidence.
Dans les autres, seules les têtes de liste peuvent se présenter candidats à la présidence. Quoi qu’il en soit, tous les prétendants à la présidence doivent déposer leur candidature auprès du gouverneur dans les 5 jours qui suivent le scrutin. Dans les régions, seules les têtes de liste peuvent se présenter aux élections de la présidence. Elles doivent déposer leur candidature dans les 5 jours suivant le scrutin auprès du wali de la région. Mais on démarre par les élections des conseils provinciaux, avant de passer les présidences des communes et des régions pour terminer le 2 octobre avec la Chambre des conseillers.
M. A. M.
 

 

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